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LE SIÈGE D’ANGOULÊME EN 1346 selon les Chroniques de Froissart

LE SIÈGE D’ANGOULÊME EN 1346 selon les Chroniques de Froissart

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LE SIÈGE D’ANGOULÊME EN 1346 selon les Chroniques de Froissart

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Presentation Transcript

  1. LE SIÈGE D’ANGOULÊME EN 1346selon les Chroniques de Froissart

  2. Chapitre CCLV. Comment le capitaine d’Angoulême et tous ses compagnons s’en allèrent subtilement avec tous leurs biens a Aiguillon. 1 5 10 15 «Ainsi se tint des seigneurs de France un grand temps le siége devant Angoulême, et couroient les François tout le pays que les Anglois avoient conquis, et y faisoient maint destourbier[=ravage], et ramenoient souvent en leur ost des prisonniers, et grands proies quand ils les trouvoient à point ; et moult y acquirent les .deux frères de Bourbon grand’grâce, car ils étoient toujours des premiers chevauchants. Quand Jean de Norwich capitaine et souverain d’Angoulême vit et considéra que le duc de Normandie n’avoit talent [= volonté] de déloger, s’il n’avoit la cité à sa volonté, et sentoit que les pourvéances[=provisions] de laiens[=dedans] amenrissoient[=diminuoient], et que le comte Derby ne faisoit nul apparent de lever le siège, et aussi que ceux de la ville s’inclinoient plus aux François que autre part, et volontiers se fussent pièça tournés, s’ils eussent osé, si se douta de trahison et que mal ne l’en prit, il et ses compagnons. Si se avisa que à toutes ces choses il pourverroit de remède, et se pourpensa d’une grand’subtilité. Droitement la nuit de la purification Notre Dame, à l’entrée de février il vint aux créneaux de la cité tout seul, sans soi découvrir de chose qu’il voulut faire ni dire, à nul homme, et fit signe de son chaperon qu’il vouloit parler à qui que ce fut. Ceux qui perçurent ce signe vinrent cette part et lui demandèrent qu’il vouloit. Il répondit : « Je parlerois volontiers à monseigneur le duc de Normandie, ou à l’un de ses maréchaux. » Ceux qui là étoient répondirent : « Demeurez-là un petit, et nous irons devers lui et le vous ferons venir sans faute. » Adonc se partirent-ils de Jean de Norwich, et vinrent au logis du dit duc, et lui recordèrent [=racontèrent]que le capitaine d’Angouleimeparlerait volontiers à lui ou à l’un de ses maréchaux. — « Savez-vous de quoi, dit le duc ? » Cils répondirent : « Monseigneur, nennin. » Lors s’avisa le duc et dit

  3. 20 25 30 35 40 que lui-même iroit. Si monta à cheval, et aucuns chevaliers de son hôtel, et chevaucha jusques aux murs de la cité, et trouva Jean de Norwich qui s’appuyoit aux créneaux. Sitôt qu’il vit le duc il ôta son chaperon et salua le duc. Adonc lui demanda : « Jean comment va, vous voulez vous rendre ?» Il répondit : « Je ne suis mie de ce conseillé à faire ; mais je vous voudrois prier que pour révérence du jour Notre-Dame, qui sera demain, vous nous accordissiez un répit à durer le jour de demain tant seulement ; parquoi les nôtres ni les vôtres ne pussent grever l’un l’autre, mais demeurassent en paix. Le duc qui n’y pensoit que tout bien, lui accorda liement, et dit : « Je le vueil. ». Ainsi demeura la cité d’Angoulême en paix. Quand vint le jour de la Chandeleur au matin, Jean de Norwich s’arma, et fit armer tous ses compagnons uns et autres, et enseller leurs chevaux, et trousser tout leur harnois ; et puis fit ouvrir la porte, et se mit hors de la cité. Quand ceux de l’ost virent ces gens d’armes issir [= sortir], si furent tous émerveillés et effrayés ; et se commença l’ost à émouvoir, car ils cuidoient[=croyoient]que les Anglois leur vinssent courir sus. Adonc s’avança Jean de Norwich qui chevauchoit tout devant, et dit : « Seigneurs, seigneurs, souffrez-vous, ne faîtes nul mal aux nôtres, car nous avons trêves ce jour d’hui tout entier, ainsi que vous savez, accordées par monseigneur le duc de Normandie et de nous aussi : si vous ne le savez, si l’allez savoir ; et pouvons bien sur cette trêve aller et chevaucher quelle part que nous voulons. » Ces nouvelles vinrent au duc, pour savoir qu’il en vouloit faire. Il répondit : « Laissez les aller, de par Dieu, quel part qu’ils voudront ; nous ne les pouvons par raison contraindre à demeurer : je leur tiendrai ce que je leur ai promis. » Ainsi s’en alla Jean de Norwich et sa route ; et passèrent parmi l’ost du duc de Normandie, sans nul dommage ; et vinrent dedans Aiguillon où ils furent reçus à grand’joie. Si leur recorda Jean de Norwich comment il étoit parti de la cité d’Angoulême, et avoit sauvé tout le sien et aussi de ses compagnons. Si dirent les chevaliers qui là étoient qu’il a voit bien ouvré et qu’il s’étoit avisé d’une trop grand’subtilité.

  4. 45 50 Chapitre CCLVI. Comment ceux d’Angoulême se rendirent au duc de Normandie ; et puis conquit le chatel de Da­massan ; et comment ceux de Tonneins se rendi­rent ; et puis prit le port Sainte-Marie. Quand vint lendemain du jour de la Purification Notre Dame, les bourgeois d’Angoulême se trairent[=rendirent] ensemble en conseil, pour savoir comment ils se maintiendroient. Tout considéré, ils eurent conseil et avis qu’ils se rendroient et mettroient en l’obéissance du duc de Normandie, ainsi que devant. Si envoyèrent en l’ost devers le dit duc de Normandie certains traiteurs qui exploitèrent si bien que le duc les prit à merci et leur pardonna son mautalent, et entra dedans la cité et au châtel, et reçut la foi et hommage de ceux d’Angoulême. Si y établit le duc un chevalier des siens à capitaine, qui se nommoit Antoine de Villiers et cent soudoyers avec lui, pour mieux garder la cité et le châtel que du temps passé n’avoit été. » Dans Les chroniques de sire Jean Froissart : qui traitent des merveilleuses emprises, nobles aventures et faits d'armes advenus en son temps en France, Angleterre, Bretaigne, Bourgogne, Ecosse, Espaigne, Portingal et ès autres parties. Tome 2 / nouvellement reçues et augm. d'après les ms. avec notes, éclaircissements, tables et glossaire par J. A. C. Buchon, Paris, Desrez, 1835, p.274-278.