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14/08/2014

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Presentation Transcript

  1. Peut-on juger qu’une culture est supérieure à une autre ? Bob Connolly, Robin Anderson, First Contact, (1983) 14/08/2014

  2. Peut-on juger qu’une culture est supérieure à une autre ? • Analyse : • • peut-on : équivoque • - on le peut : on le fait (possibilité, de fait) … • -Mais est-ce que c’est « permis » (moralement) ? • • supérieur : de quel point de vue ? • - en général ? • - sous tel ou tel aspect? • • une culture : • l’ensemble des habitudes d’une société, donc l’identité propre à cette société ? • antiracisme, anticolonialisme, éthique démocratique … • vont dans le sens d’une égalité des cultures. • Certaines habitudes : certaines pratiques culturelles ? • des pratiques culturelles qui nous semblent intolérables • = Nos opinions sont paradoxales . Problème philosophique à résoudre.

  3. Quelle attitude adopter face à la différence ? 14/08/2014

  4. I. Nier l’autre et sa différence : l’attitude ethnocentrique 1. Deux manières de juger : Jgt de fait et jgt de valeur • Les jugements de fait : • énoncent ce qui est • s’appuient sur une observation neutre et objective. • On constate des différences entre les cultures Les jugements de valeur : -énoncent ce que valent les choses - s’appuient sur l’évaluation, l’appréciation d’une réalité. Les différences sont pensées en termes d’inégalités de valeurs. 14/08/2014

  5. Test : jugement de fait ou jugement de valeur ? • « la musique indienne est de la grande musique » • « les critiques musicales considèrent que la musique indienne est du grand art » • « pas de doute, c’est un homme » • - « cette technique agricole est très efficace »

  6. Problème : y a-t-il des jugements de valeur objectif ? Ou sont-ils tous subjectifs ? On a cru pendant des siècles que nos évaluations des cultures étrangères étaient objectives : c’était largement une erreur.

  7. 2. Définition de l’ethnocentrisme [l’ethnocentrisme] est le terme technique pour cette vue des choses selon laquelle notre propre groupe est le centre de toutes choses, tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à lui […]. Chaque groupe nourrit sa propre fierté et vanité, se targue d’être supérieur, exalte ses propres divinités et considère avec mépris les étrangers. Chaque groupe pense que ses propres coutumes sont les seules bonnes et s’il observe que d’autres groupes ont d’autres coutumes, celles-ci provoquent son dédain William G. Sumner, anthropologue 14/08/2014

  8. L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles, morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions

  9. 3. Les formes historiques de l’ethnocentrisme a-« L’opposition du grec (puis romain) et du barbare » Les grecs considèrent que seuls les grecs sont la forme la plus élevée de l’humanité. En raison de leur avancée politique, intellectuelle, artistique … Prétendent incarner la civilisation (forme de vie et de pensé la plus élevée, incarnée par la vie de la Cité) L’étranger est dit non civilisés, ou Barbares (origine : qui ne parle pas ou mal grec). Forme d’Humanité inférieure. 14/08/2014

  10. Les « barbares » qui envahissent l’Europe et qui provoquent la chute de l’empire romain : des peuples nomades venant d’Europe orientale et d’Asie centrale (ex : les Huns)

  11. barbare devient un terme générique pour désigner un guerrier étranger, capable d’actes de « barbarie » : massacre, pillage, …

  12. b-« L’opposition du sauvage et du civilisé : la rencontre de l’Autre , le parfait étranger  14/08/2014

  13. Théodore De Bry, Le massacre de Cholula

  14. Théodore De Bry, Le Massacre de Mexico Théodore De Bry, Le Supplice du Roi Bogota 14/08/2014

  15. 1550, controverse de Valladolid : quelle créature a une âme (=est un homme) ? • -tous ne reconnaissent pas l’humanité (morale) dans tout homme (biologique). • Remarque : Aucun ne remet en cause la distinction sauvage / civilisé Sepulveda, Théologien catholique défendant la conception issue d’Aristote : les indiens ne sont pas des hommes véritables. Las Casas, moine dominicain qui défend une conception humaniste : les indiens sont des hommes.

  16. c-« L’opposition du civilisé et du primitif » L’opposition primitif/civilisé : développée par les premiers ethnologues au XIXème siècle, qui s’inscrivent dans une perspective dite « évolutionniste  ». Sir James Frazer L. H. Morgan Herbert Spencer Edward Burnett Tylor 14/08/2014

  17. Analogie histoire de l’humanité / histoire de l’individu SENS DE L ‘ HISTOIRE ENFANCE de l’humanité ADOLESCENCE ÂGE ADULTE MATURITÉ 14/08/2014

  18. L’évolutionnisme anthropologique a servi de fondement idéologique à la colonisation 14/08/2014

  19. Les colonisations françaises et anglaises : mission civilisatrice plus qu’exploitation économique.

  20. Les Zoos humains  14/08/2014

  21. Plusieurs critères d’évaluation • valeurs religieuses (depuis le 16ème) • modes de vie (idem) • puissance scientifique, technique et industrielle (surtout depuis le 19ème) • puissance économique (encore aujourd’hui) • Le choix de ces critères • La manière de les appliquer, mesurer … • … sont déterminés par notre culture. • Une telle hiérarchie des cultures est donc ethnocentrique : sans valeur objective.

  22. II. Reconnaître l’autre dans sa différence : le relativisme culturel 1. Il faut apprendre à décentrer son regard Or je trouve, pour en revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en ce peuple, (…) sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas conforme à ses usages; à vrai dire, il semble que nous n’ayons d’autre critère de la vérité et de la raison que l’exemple et l’idée des opinions et des usages du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, le parfait gouvernement, la façon parfaite et accomplie de se comporter en toutes choses  Michel de Montaigne 14/08/2014

  23. Texte n°2 : Montaigne,Essais, Livre I, chap. 31, « Des cannibales » Hans Staden (1557) François Dubois, Le Massacre de la Saint-Barthélemy, (1576) 14/08/2014

  24. Montaigne étudie les Tupinamba (Brésil), peuple cannibal. ces peuples ne suivent pas leurs pulsions violentes, mais -des règles précises, bien humaines. -leur actes ont un sens symbolique. cherchent par l’ingestion du corps de leur adversaire à assimiler la force de ceux-ci, tout comme nos armées s’appropriaient les biens matériels des pays conquis (loi de la guerre).

  25. Respect des règles sociales ≠ Transgression des règles Cannibalisme rituel ≠ Cannibalisme pathologique (folie) (objet d’étude de l’ethnologie) ≠ (de psychologie)

  26. Respect des règles sociales ≠ suspension des règles (ordinaires dans circonstances extraordinaires) Cannibalisme rituel ≠ Cannibalisme de subsistance

  27. Les limites de la thèse de Montaigne:  L’idéalisation du sauvage » « ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que la nature, d’elle-même et de son propre mouvement, a produits : tandis qu’à la vérité ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages. » Montaigne est victime à son tour d’ethnocentrisme : ne reconnaît pas l’Autre en tant qu’étranger, mais projette sur lui des représentations occidentales (mythe de l’innocence originelle, de l’être naturel…) 14/08/2014

  28. 2. La critique de l’évolutionnisme anthropologique Pour retrouver une position d’objectivité, nous devons nous abstenir de jugement de ce type. Il faudra admettre que, dans la gamme des possibilités ouvertes aux sociétés humaines, chacune a fait un certain choix et que ces choix sont incomparables entre eux : ils se valent  •présupposé de l’évolutionnisme anthropologique : Toutes les civilisations se situeraient à des étapes différentes d’un seul et même processus de développement, dont la civilisation occidentale serait la forme la plus accomplie. • •objection de L-S : • les diverses civilisations suivent des chemins différentes, parce qu’elles ont fait des choix différents, et ne poursuivent pas les mêmes buts. • - La hiérarchie variera suivant le critère retenu et la manière de l’appliquer. 14/08/2014

  29. Critère de la capacité d'adaptation à un milieu géographique hostile Culture eskimos et culture touareg sont supérieures. 14/08/2014

  30. Degré de complexité des structures familiales et structures sociales La culture aborigènes (Australie) est supérieure. des règles de mariage très sophistiquées assurent l'unité de tout l'édifice social.

  31. •le développement n’a pas qu'une seule figure, celle de la croissance énergétique et de la consommation. • Chaque culture invente des formes de vie particulières en fonction de - son milieu - son histoire - les échanges avec d’autres cultures •cette diversité, dans la manière de répondre aux mêmes besoins et de hiérarchiser ces besoins, fait la richesse de l’humanité 14/08/2014

  32. La disparition de certaines cultures marque aussi celle d’une partie de ce qui fait la richesse de l’humanité 14/08/2014

  33. 3. Le relativisme culturel La thèse du relativisme culturel : •Des cultures différentes ont des valeurs et des principes différents, et même incommensurables : sans une mesure (critère) commune qui permette de les hiérarchiser. •si l’on veut juger une pratique étrangère, alors on ne doit s’appuyer que sur les principes de la communauté en question (principe de décentration) 14/08/2014

  34. III. Reconnaître l’humanité en l’autre par delà les différences 1. Les dangers d’un relativisme culturel absolu La compréhension de l’Autre est essentielle … pour la connaissance … pour la tolérance Mais comprendre l’Autre, est-ce justifier ses pratiques ? Limites du relativisme culturel : -justification de toutes pratiques culturelles, aussi violentes ou immorales qu’elles puissent paraitre. -nihilisme

  35. Texte de Jacques Bouveresse Une contradiction interne au relativisme culturel : Ce principe vise au départ à promouvoir le respect de chaque culture et de ses différences mais il peut conduire paradoxalement à défendre l’absence de respect dont certaines cultures font preuve avec d’autres. Jacques Bouveresse (1940-) 14/08/2014

  36. L’excision (Afrique de l’Ouest) : une pratique culturelle ‘barbare’ ? Barbare a ici un sens surtout moral, qui peut qualifier autant un acte dans notre société qu’une pratique étrangère.

  37. La condition de la femme dans de nombreuses cultures (ex: méditerranéenne) : le cas des crimes d’honneurs

  38. 2. Y’a-t-il des valeurs universelles, des « droits naturels » ? 14/08/2014

  39. a-Au nom de quoi condamner les pratiques précédemment citées ? •toute personne humaine a droit au respect de l’intégrité de son corps •Toute personne, homme ou femme, -a droit à la vie -à des droits égaux

  40. b-La notion de droits de l’homme La personne humaine aurait des droits que ni la société ni l’Etat ne pourraient violer. Droit au respect de la dignité de la personne humaine : - Dignité : valeur absolue de la personne humaine ≠ valeur relative des choses (valeur d’usage ou valeur marchande) - Csqce : valeur absolue de sa vie, son corps, ses choix spirituels, moraux …

  41. • droits naturels / droits positifs - Un paradoxe - Solution : distinguer deux sens du mot droit Droits positifs : droits attribués à l’individu par l’Etat , notamment par les lois (‘positif’ : posé, décidé par l’Etat) Droits naturels : qui appartiendraient à l’individu du seul fait qu’il est un être humain (a une certaine ‘nature’ humaine. : une certaine essence humaine).

  42. • nature humaine -idée que tous les hommes ont une nature commune. -peut-être assimilé à une nature biologique -mais peut signifier une essence commune, pas nécessairement biologique. une nature commune : la raison.

  43. • principes ou valeurs universels : universel En quel sens les DH peuvent- Ils être universels ? Universels de fait: dans les faits, ils ne sont pas reconnus et respectés par tous les Etats Universels de droit : par ‘nature’, ils concerneraient tout le monde.

  44. c-objection : relativité culturelle des DH. •origine historique particulière : christianisme, philo stoïcienne (Cicéron) et Lumières - Saint Paul défend une conception humaniste (contre la conception grecque de l’humain) : l’humanité est une. Frères, en Jésus-Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ, il n’y a plus ni juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faîtes plus qu’un dans le Christ Jésus Lettre aux Galates, 3, 26-38

  45. -les Lumières (18ème) … contre le pouvoir tyrannique : les droits des sujets … idée que les individus sont le principe et la finalité de la société … 1789 : Ppe fdmtal de notre République : égalité juridique des citoyens. pas de différence de ‘nature’ (de sang) noble / roturier. DDH 1789 art. 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».

  46. • conséquence : les DH seraient relatifs à la culture occidentale, contenu particulier et relatif ? Exemple : la liberté individuelle de ne pas être soumis aux choix de la communauté : cela ne vaut que pour le sociétés Individualistes, pas pour les sociétés holistes ?

  47. •une idéologie défendant l’adoption d’un modèle occidental? • Critique marxiste des Déclarations des DHC. • - Critiques contemporaines plus générale