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La méthodologie qualitative : son potentiel pour analyser l’intégration européenne

La méthodologie qualitative : son potentiel pour analyser l’intégration européenne. Virginie Van Ingelgom UCL – Sciences Po Paris (CEVIPOF) F.R.S. – FNRS EUROLARG 2009. Introduction. Méthodologie qualitative ?? Les approches sociologiques de l’intégration européenne, plus qu’une méthode ?

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La méthodologie qualitative : son potentiel pour analyser l’intégration européenne

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  1. La méthodologie qualitative : son potentiel pour analyser l’intégration européenne Virginie Van Ingelgom UCL – Sciences Po Paris (CEVIPOF) F.R.S. – FNRS EUROLARG 2009

  2. Introduction • Méthodologie qualitative ?? Les approches sociologiques de l’intégration européenne, plus qu’une méthode ? • Approches récentes, hétérogènes et implicites • Tentative de théorisation d’une « sociologie de l’intégration européenne » - cf. travaux V. Guiraudon & A. Favell ou dernier numéro de la revue Politique européenne. • Approches implicites et hétérogènes mais caractérisées par un ensemble de spécificités qui les distinguent du « mainstream » des études européennes

  3. Introduction • Quelques caractéristiques communes • Perspective bottom-up qui vient compléter les approches top-down dominantes qui se sont centrées principalement sur les institutions • Dépassement des dichotomies classiques • Donner corps à une série de problématiques abordées en termes abstraits ou normatifs • Pas uniquement des données et méthodes qualitatives ! • Porte un regard volontairement microscopique

  4. Une illustration • Article à paraître : DUCHESNE, S. & VAN INGELGOM, V. (2009), « L’indifférence des Français et des Belges (francophones) pour leurs voisins européens : une pièce de plus au dossier de l’absence de communauté politique européenne ? », Politique européenne, n°26. • Plus largement : projet CITAE « Citizens Talking About Europe » (Sciences Po Paris, Université d’Oxford et Université catholique de Louvain). http://erg.politics.ox.ac.uk/european_citizenship

  5. Une illustration • Notre questionnement part du double constat : • d’une asymétrie entre citoyenneté et nationalité au niveau européen (Deloye, 2006) • d’une relative absence d’attachement de connaissance, d’intérêt et d’attachement des Européens pour leur Union (Citrin & Sides, 2004) • Interrogation sur les mécanismes de création d’une communauté politique européenne • Est-ce qu’une « préférence pour les autres Européens » pourrait dans un moyen terme compenser ces absences ?

  6. Le projet CITAE • Présentation des données • 24 focus groups réalisés à Bruxelles, Paris et Oxford entre décembre 2005 et juin 2006 ; • Participants choisis pour leur homogénéité sociale et leur hétérogénéité politique • Un scénario de discussion et une méthode d’animation conçus pour rendre possible voire pour favoriser la conflictualisation de la discussion

  7. Premiers résultats de l’enquête • Différences nationales de framing déterminantes : les citoyens s’approprient l’UE à partir de catégories de compréhensions tirées de leur système politique national • Différences sociales fortes : portent sur la distance par rapport au système politique, vécu surtout comme un renforcement de la domination politique et économique • Place essentielle des considérations d’ordre économique (globalisation)

  8. Une hypothèse de départ … • Basée sur notre analyse interprétative de la dynamique de discussion • Les Européens de l’Ouest (EO) sont pour les Français et les Belges (francophones), entrés dans ce que nous désignerons comme un « angle mort » de leur système de représentations des autres nationalités : ils ne sont plus vraiment des « autres » et pas (encore?) des « nous ». • 3 méthodes : • analyse interprétative de la dynamique des groupes • analyse automatique de texte (ALCESTE) • et analyse par codification (Atlas.ti).

  9. Analyse ALCESTE • Présenter le corpus et le contenu des discussions • Evaluer la part relative faite aux évocations des Européens et plus largement des nationalités dans le corpus. • L’analyse Alceste produit six classes ou « univers sémantique » caractérisés par six ensemble de mots significativement surreprésentés dans ces classes.

  10. Tableau 1 : Formes très caractéristiques des six classes

  11. Tableau 2 : Ensemble des formes caractéristiques de la classe « Nations »

  12. Résultats de l’analyse Alceste • Présence non négligeable d’un univers sémantique au sein duquel les Européens de l’Ouest sont évoqués dans leurs relations avec les Américains notamment ; univers marqué par les émotions. • Importance de la catégorie « Economie » (Chine et Pologne mais pas EO => // notre interprétation de départ) • Spécificité de l’univers sémantique des EO = comparaison ou différentiation >< Communautés nationales se situent dans d’autres univers sémantiques

  13. Tableau 3 : Présence des noms de pays ou de nationaux ou d’adjectifs nationaux

  14. Les Européens de l’Ouest bien présents … • 40 % des évocations • Forte présence des EO >< avec le peu d’importance que, d’après notre interprétation de la dynamique des groupes, les participants semblent leur avoir accordée (cf. Hypothèse). Pourquoi cette « surdité » ? • Explication par les « moments sensibles » sur lesquels se basent principalement l’analyse interprétative.

  15. Tableau 4 : Emotions et indifférence

  16. Tableau 5 : Emotions positives et négatives

  17. Résultats de l’analyse Atlas.ti • Spécificité des évocations des EO dans les entretiens : proches des évocations nationales mais diffèrent des évocations du reste du monde, plus nettement chargées émotionnellement • EE plus proches du reste du monde en termes de charge affective (Rem. : distance). • EO caractérisés par une forme de neutralité (=équilibre entre les émotions positives et négatives) • >< Nations = affects négatifs • >< Reste du monde = émotions contrastées

  18. Différences relatives, différences radicales : questions de la souveraineté • Théorie de l’in- et outgroup => le groupe national est construit dans la réification des différences => qui sont les « autres ». • Regarder de plus près les évocations de ces différences : • Différence de l’ordre du relativisme emprunt d’une forme de valorisation de celle-ci dans le cas des EO • Différence de l’ordre du radical, voire de l’antinomie, dans le cas du reste du monde (EE inclus à bien des égards).

  19. Extrait 1 (Militants, Bruxelles) Maxime : Pourquoi ça poserait spécialement un problème [l’intégration de la Turquie], sur quelle base, c’est une peur ça c’est une crainte c’est mais qu’est-ce qu’elle a d’objectif enfin (remarque inaudible d’un autre participant) qu’est-ce qui nous permet de dire qu’elle va poser problème alors qu’on sait que l’Europe a (hésitant) déjà réussi à surmonter des tas de différences, en s’en sortant enfin je pense assez (hésitant) enfin pas mal quoi ne fut ce que… enfin je sais pas est-ce : est-ce qu’il y a 30 ans on nous aurait dit que dans le même, dans le même espace on aurait réussi à avoir des gens aussi différents que des Irlandais et des Grecs ?

  20. Extrait 2 (Employés, Bruxelles) David = ben déjà on a quand même des, des pays qui sont je vais pas dire en voie de développement mais on a des pays qui sont beaucoup moins, qui ont beaucoup moins accès que nous, que nos pays à, à l’information à (hésite) de bonnes écoles donc des chercheurs enfin il y a des différences quoi d’office (pause). Allez je vais pas, je vais pas commencer à dire que si tu vas, si tu vas suivre des cours en Pologne tu vas être plus abruti qu’un autre mais je suppose qu’il y a quand même plus de spécialités ben au niveau de la médecine dans nos pays que dans des pays là-bas à l’Est.

  21. Extrait 3 (Ouvriers, Paris) Albert(à l’animatrice) = ben ce que je dis c’est vrai que l’Europe a un certaine justice que d’autres pays ont pas forcément : Animatrice : d’accord : Albert : souvent la justice européenne ressemble plus : c’est-à-dire que les Allemands ressemblent plus aux Français que les : les Américains par exemple (Habiba approuve) ils ont une justice complètement différente (Habiba l’approuve, Albert poursuit, vers l’animatrice) eux ils ont la peine mort que l’Europe je crois dans toute l’Europe la peine de mort est (hésitant) abolie je crois (hésite encore) y’a pas ce genre : (Ghislaine appuie) enfin ce genre de choses je veux dire.

  22. Différences radicales • Connotées généralement négativement dans le cas des USA, de la Chine et de l’Europe de l’Est. • Question de la souveraineté face au flot de la mondialisation de l’économie • Sentiment de fatalisme, d’impuissance à l’égard d’un monde dominé économiquement par les grandes puissances (USA, Chine) • Derrière ce registre de la différence radicale, c’est celui de la souveraineté, le plus souvent en péril, qui s’exprime.

  23. Extrait 4 (Ouvriers, Paris) Albert : c'est eux les barbares de la finance Geoffroy(à part lui) : ouais ouais Yasmina (vers Albert) : exactement c'est eux qui ont tout le pouvoir on dirait Albert : c'est eux : Lionel(vers les autres) : mais les Etats-Unis sont en train de, ils ont plus tout le pouvoir  Yasmina(vers les autres) : voilà Albert(devant lui) : c'est eux qui tiennent l'économie hein Lionel : il faut pas oub (s’interrompt) ils tiennent l'économie mais pas toute l'économie parce que la Chine (Yasmina approuve) à l'heure actuelle commence à peser mais les Etats-Unis à côté ils vont (hésite) d’ici deux ou trois ans c’est fini

  24. Conclusion • « Angle mort » ??? • Certes les EO sont bien là ! • MAIS l’intensité émotionnelle des échanges qui portent sur eux est faible et les différences sont largement relativisées par rapport au reste du monde. • Les EO ont perdu le statut des « autres » (ceux qui fondent l’identité de soi par la différence) • Ce n’est donc pas le désamour qui freine la construction d’une communauté politique européenne !

  25. Conclusion • Ces discussions ne permettent donc pas de nourrir la thèse du développement d’une « préférence continentale » • Interprétation ?? • Pour les tenants du post-nationalisme : les premiers signes d’une communauté politique d’un genre nouveau, fondée sur l’acceptation de la diversité et tournant le dos à l’intégration européenne (par ex. : K. Nicolaïdis) • Pour ceux qui voient la construction européenne comme // intégration nationale : une communauté « en progrès », dans laquelle les différences subsistent mais commencent à s’estomper.

  26. Conclusion • MAIS … Ces résultats peuvent aussi nous interroger sur la pertinence de l’échelon continental dans le bouleversement des frontières nationales mis en jeu par la construction européenne mais aussi plus largement par la globalisation … L’Europe n’apparaît pas comme un échelon signifiant, comme un espace souverain ? Trop tôt ? … Ou ce n’est pas cette histoire-là qui est en train de s’écrire ???

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