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Histoire de l’Europe de l’Est et des Balkans

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Histoire de l’Europe de l’Est et des Balkans. Septième cours : Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Kosovo. 3 – La Croatie. 3.1 – Notions générales 3.1.1 – Géographie

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histoire de l europe de l est et des balkans

Histoire de l’Europe de l’Est et des Balkans

Septième cours :

Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Kosovo

3 la croatie
3 – La Croatie

3.1 – Notions générales

3.1.1 – Géographie

  • La Croatie s’étend sur 56 000 km2. Compte tenu du très grand nombre d’îles de la côte dalmate (1 200), on ajoute parfois l’espace maritime entre ces îles et la côte.
  • La Croatie se présente sous la forme d’un fer à cheval dans lequel s’encastre la Bosnie-Herzégovine. Elle partage des frontières avec celle-ci, mais aussi avec la Slovénie et la Hongrie, la Serbie, ainsi que le Monténégro. À noter que le littoral de la côte dalmate est discontinu et que Dubrovnik n’a pas un contact direct avec le reste du pays, à cause de l’incursion de 20 kilomètres du territoire bosniaque.
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Les différentes régions sont distinctes et présentent une grande variété de paysages. Relativement basse, la côte dalmate devient plus haute vers le nord, en Lika. De part et d’autre de celle-ci, l’Istrie etla Banija, sont plus basse. Depuis cette dernière, on entre en Slavonie, d’altitude moyenne Le point culminant du pays, le Dinara, s’élève 1 830 mètres.

  • Les principales étendues d’eau sont les lacs de Plivitce, situés dans la courbe du « fer à cheval » : Il s’agit d’un ensemble de 16 lacs, reliés entre eux par des cascades. À cette exception, le territoire est peu choyé d’un point de vue lacustre.
  • Les fleuves, rivières et ruisseaux sont très nombreux, surtout en Slavonie, où ils coulent de part et d’autre du massif central. La Sava et la Kupa sont les principaux cours d’eau de la région.
  • Le climat est varié, avec une zone méditerranéenne en Dalmatie et en Istrie, et un climat continental en Slavonie.
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3.1.2 – Démographie

  • La population s’élève à 4,5 millions d’habitants. Après une baisse dans les années 1990, elle s’est à peu près stabilisée, le taux de décroissance étant de 0,03 % par année.
  • Les transferts de population dans les années 1990 expliquent la diminution de la population : de nombreux Croates sont revenus sur le territoire national à cette époque, mais cette augmentation n’a pas pu compenser les pertes des non-croates, principalement les Serbes, qui ont quitté le territoire dans la foulée des guerres yougoslaves.
  • La population de la Croatie est très homogène : les Croates constituent près de 90 % de la population, les Serbes plus que 5 %, alors que le reste est partagé entre différentes ethnies.
  • Les indicateurs démographiques ne sont pas très bons : l’indice de fécondité est faible (1,4 enfant par femme) et l’âge médian est élevé, à près de 41 ans.
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Avec une espérance de vie de 75, la pyramide des âges, déjà très déséquilibrée, devrait continuer à voir sa base rétrécir.

  • La Croatie occupe le 45e rang dans l’indice IDH. Les cicatrices des guerres s’effacent et la Croatie reprend son rang parmi les plus développés des États issus de la Yougoslavie.
  • La Croatie compte une forte majorité de catholiques (88 % de la population), ce qui correspond à peu de chose près à la population croate. Le clivage religieux se manifeste aussi avec près de 5 % d’orthodoxes, alors que l’Islam est la religion de 1,5 % de la population. Seuls 5 % des habitants de la Croatie ne se reconnaissent pas d’allégeance confessionnelle.
  • La Croatie est l’un des États les plus urbanisés de l’ex-Yougoslavie, avec un taux d’urbanisation de 61 %. Outre Zagreb, la capitale, qui compte près de 800 000 habitants, les principales villes du pays sont Rijeka (144 000 habitants) et Split (122 000). Ce sont les seules villes de plus de 100 000 habitants.
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3.2 – Évolution historique

3.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Le territoire de l’actuelle Croatie est englobé il y a deux mille ans dans l’Empire romain et après le passage des Avares, les tribus croates venues d\'Ukraine s’installent sur le territoire.
  • Malgré la présence de Byzance, ce sont les Carolingiens qui christianisent les Croates.
  • En 880 est fondé un duché qui devient royaume indépendant en 925, qui durera du IXe au Xe siècle. Après avoir été allié de Byzance, le royaume se tourne vers Rome et Venise.
  • En 1076, l’anarchie s’installe et les Hongrois pénètrent sur le territoire. En 1102, le roi de Hongrie est couronné roi de Croatie, inaugurant une domination qui durera jusqu\'en 1918.
  • L\'influence orthodoxe qui reste alors est combattue, approfondissant la distance culturelle entre les populations slaves balkaniques du nord et du sud.
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En 1526, la Croatie est démembrée : le Sud devient ottoman jusqu\'en 1699, Venise conserve le Nord et la Dalmatie, Dubrovnik devient république indépendante, alors que le reste devient terre des Habsbourg.

  • Napoléon met fin provisoirement à cet équilibre : après avoir défait Venise et l\'Autriche, il crée les provinces illyriennes, lesquelles sont rattachées à l\'Empire. Grâce à l’influence française, le nationalisme croate apparaît.
  • La révolution de 1848 est le détonateur du mouvement national croate. Les Croates se rapprochent de Vienne et de 1849 à 1867, la Croatie est directement annexée à l\'Autriche. Mais en 1867, la Croatie reste aux mains des Hongrois, ce qui va pousser les nationalistes vers l\'union des Slaves du Sud.
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3.2.2 – Le XXe siècle

  • Au début du XXe siècle, les nationalistes croates veulent transformer la double monarchie austro-hongroise en un État triunitaire : Autrichiens, Hongrois et Slaves, mais ce mouvement est réprimé par les autorités hongroises.
  • C’est ainsi que le royaume des Serbes, Croates et Slovènes est créé, mais fédéralistes croates et centralistes serbes entrent en conflit. Tout au long des années 20 et 30, les tensions entre ces deux camps se développent et le coup d’État du roi Alexandre en 1929 pousse les partisans de l’autonomie et de l’indépendance croate à l’exil.
  • C\'est en exil qu\'apparaissent les Oustachis, qui multiplient les attentats et parviennent à assassiner le roi en 1934.
  • En 1939, le prince régent Paul met en place une structure autonome unissant Croatie et Dalmatie, mais l’invasion en 1941 met fin à cette tentative de sauver le royaume.
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Les Oustachis s’installent à Zagreb et les massacres contre les populations non-croates sont tellement violents que Berlin doit calmer Pavelic, car les tueries amènent de nombreux Yougoslaves à rejoindre le maréchal Tito, lequel libère la Croatie en mai 1945.

  • En 1946, la Croatie devient une des six Républiques socialistes fédératives de Yougoslavie et à partir des années 70, le nationalisme croate se réveille, lequel sera particulièrement stimulé par le réveil du nationalisme serbe en 1988.
  • Lors des premières élections libres en 1990, Tudjman devient président de la République. Ses déclarations braquent la minorité serbe, qui réclame son rattachement à Belgrade.
  • En mai, 94 % des votants se déclarent pour une indépendance de la Croatie, proclamée le 25 juin 1991; l’indépendance est reconnue internationalement à partir de 1992, provoquant l’intervention de l\'armée fédérale et des milices serbes.
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Des médiateurs du Conseil européen réunissent Serbes, Croates et Slovènes, qui décident d\'appliquer un cessez-le-feu et de suspendre les déclarations d\'indépendance. Aucune de ces deux résolutions ne sera respectée et le processus d\'éclatement de la Yougoslavie se met en marche.

  • Après une tentative de médiation, Belgrade accepte le cessez-le-feu avec la Slovénie, mais pas avec la Croatie.
  • En août 1992, Tudjman est réélu président et nomme un ultranationaliste premier ministre, alors que plus de 30 % du territoire est occupé par les irrédentistes serbes.
  • En novembre, l’armée fédérale, aidée par les milices serbes ultranationalistes, entre dans Vukovar et se livre à des massacres contre les populations civiles.
  • Début 1993, les irrédentistes serbes décident de s’unir dans l\'espoir de créer une grande Serbie, alors que la minorité croate de Bosnie-Herzégovine tente aussi de son côté de restaurer la « grande Croatie » d\'Ante Pavelic.
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Au début de 1995, l’Occident décide d’armer la Croatie et au printemps, l’armée croate est prête à la contre-offensive : elle reprend la Slavonie occidentale et se livre alors à son tour au nettoyage ethnique des populations serbes.

  • Sentant le vent tourner, Milosevic abandonne alors les Krajinas pour sauvegarder son pouvoir à Belgrade. En trois jours, les milices serbes sont défaites et le territoire est nettoyé.
  • Fort de ces succès militaires, Tudjman remporte les élections législatives d’octobre 1995 et un mois plus tard, à Dayton, un accord est signé entre Tudjman, Milosevic et Izetbégovic pour résoudre la crise yougoslave. Zagreb et Belgrade reconnaissent l\'indépendance d\'une Bosnie composée de deux régions : la fédération croato-musulmane et la République serbe de Bosnie.
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3.2.3 – Depuis l’indépendance

  • Après la guerre, le HDZ de Tudjman perd son crédit auprès de l\'opinion, qui se plaint de la corruption et de la domination du HDZ sur la vie politique.
  • Tout au long de la seconde moitié des années 1990, le HDZ décline pour laisser la place aux socio-démocrates, même si Tudjman lui-même sera réélu président de la République en 1997. Sa mort, deux ans plus tard, marque la fin d’une époque et le renouveau de la politique croate.
  • La constitution de la Croatie a été adoptée le 22 décembre 1990, mais a subi trois amendements importants depuis : en 1997, des droits supplémentaires sont accordés aux minorités nationales; en septembre 2000, le régime, de mi présidentiel, devient parlementaire et en 2001, la deuxième chambre est supprimée.
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Le président, élu pour cinq ans au suffrage universel, n’a plus aujourd’hui que quelques prérogatives, en plus d’être chef des armées et responsable de la nomination du premier ministre. Depuis 2010, Ivo Josipovic est à la tête du pays et il est le 3e homme à occuper ce poste.

  • La Croatie fut longtemps une économie agricole, mais avec la mise en place d’un système de type soviétique, l’industrie a connue un fort développement. L’économie s’est rapidement développée pour faire de la Croatie le deuxième plus prospère des territoires yougoslaves.
  • L’élan de restructuration et de libéralisation en 1990 fut arrêté par les guerres de 1992-1995, lesquels ont d’autant plus handicapé l’économie du pays que Zagreb ne fut plus en mesure de contrôler de grandes zones du territoire. À cette perte de souveraineté pendant quelques années, il faut aussi ajouter les destructions causées par les guerres.
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Sous le HDZ, le processus de privatisation fut relancé à partir de 1995, mais, très opaque, il entraîna un accroissement de la corruption, alors que nombre d’entreprises d’État étaient cédées à des intérêts proches du pouvoir.

  • La mort de Tudjman marque une rupture, alors que le centre gauche, qui remporte les élections de 2000, se lance dans un processus de modernisation.
  • Après deux années de réformes difficiles et douloureuses (le chômage atteint 22 % en 2002), les efforts commencent à payer et le taux de croissance s’améliore : il atteint alors 5 % par année et se maintiendra à ce niveau jusqu’en 2008.
  • Les partenaires économiques de la Croatie sont assez variés, même si l’Italie et l’Allemagne absorbent une part importante du commerce extérieur. Parmi les autres partenaires importants à l’extérieur de l’Union européenne, on compte la Russie (plus de 10 % des importations), de même que la Chine et la Serbie voisine (6 % des exportations).
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La situation de la Croatie au lendemain de sa déclaration d’indépendance est ambigüe. Dans un premier temps, l’Occident va entériner avec enthousiasme cette nouvelle indépendance, mais son implication dans des massacres de civils au cours des guerres yougoslaves va ternir sa réputation.

  • Le premier grand acte international auquel va prendre part Zagreb, c’est la signature des accords de Dayton, qui met fin à la guerre de Bosnie. Le manque d’enthousiasme de Zagreb dans l’application de certaines dispositions des accords sera responsable d’une plus grande froideur de l’Occident.
  • De même, les grandes hésitations du gouvernement croate à collaborer au début des années 2000 avec le TPIY, manifeste entre autres par son refus d’extrader les généraux Gotovina et Bobetko, n’ont pas aidés à rétablir la confiance entre Zagreb et le monde européen et atlantiste.
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Mais à partir de 2003, les choses vont s’arranger. Le nouveau gouvernement de Sanader s’emploie alors à collaborer avec le TPIY et Zagreb dépose sa demande d’adhésion à l’UE.

  • Le référendum de janvier 2012, ayant vu l’approbation du projet par 68 % de la population, ouvre la voie à l’intégration du pays à partir de l’été 2013, même si le taux de participation très faible de 42 % ne permet pas de dire que la population est très enthousiasmée à cette idée.
  • En ce qui concerne l’OTAN, l’adhésion a été facilitée par la position de Zagreb dans le conflit opposant l’Alliance à la Serbie et en 2009, Zagreb a intégré l’organisation.
  • Avec la Serbie et la Bosnie, des problèmes subsistent, mais le compromis obtenu par les accords de Dayton semble jusqu’à maintenant tenir. Personne n’a intérêt à remettre en question cet équilibre, la priorité étant maintenant le développement économique de leur État respectif.
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Avec la Hongrie, différents compromis au cours des années 2000 ont permis d’aplanir les difficultés. Ici encore, c’est grâce à une représentation politique de la minorité hongroise que les relations avec Budapest ont pu se détendre.

  • Ainsi, après avoir été presque mise au ban de la communauté internationale dans les années 1990, la Croatie est parvenue, depuis la mort de Tudjman, à intégrer les organisations occidentales, même si la suspicion entre Zagreb et le reste du continent européen demeure importante.
septi me cours bosnie herz govine mac doine et kosovo
Septième cours : Bosnie-Herzégovine, Macédoine et Kosovo

1 – La Bosnie-Herzégovine

2 – La Macédoine

3 – Le Kosovo

1 la bosnie herz govine
1 – La Bosnie-Herzégovine

1.1 – Notions générales

1.1.1 – Géographie

  • La Bosnie-Herzégovine est constituée de deux régions et s\'étend sur 51 129 kilomètres carrés.
  • La Bosnie, qui constitue la majeure partie du territoire (80%), se situe au nord. L’Herzégovine constitue la pointe sud.
  • La forme triangulaire du pays est un héritage de la domination ottomane sur le territoire bosniaque et de celle de l’Empire austro-hongrois (et précédemment de Venise) sur la Croatie
  • Le pays partage des frontières avec la Croatie, la Serbie et le Monténégro et dispose d’une fenêtre maritime de 20 km.
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La majorité des frontières suivent une rivière : la Save au Nord, la Drina à l\'Est et l’Una à l\'Ouest. Il s’agit des principaux cours d’eau du pays, mais de nombreuses autres rivières serpentent à travers le territoire

  • Moins de 1 % du territoire est recouvert d’eau, mais on compte certains lacs relativement importants comme celui de Bileca (33 km2) et de Busko (56 km2)
  • Généralement montagneux, le pays est constitué de trois zones géographiques distinctes : le nord est plat et bien irrigué, alors que la Bosnie centrale est une zone de hautes montagnes comprise dans les Alpes Dinariques. Puis vient l’Herzégovine, également en haute altitude. C’est dans cette zone que se trouve le mont Maglic, qui culmine à 2386m.
  • Le climat du pays varie en fonction de la zone, mais il est en général de type continental
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Administrativement, le pays est séparé en deux entités, la Fédération de Bosnie-Herzégovine, sur 51 % du territoire au sud et au centre, et la République serbe au nord et à l\'est, à quoi il faut ajouter le district de Brcko au nord-est, reconnu comme district autonome.

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1.1.2 – Démographie

  • Le dernier recensement remonte à 1991 et les données de l’époque font état d’une population de 4,3 millions d’habitants, dont 44 % de Musulmans, 31 % de Serbes, 17 % de Croates, 5,5 % de Yougoslaves et 2 % d’autres
  • Selon une évaluation datant de 2004, l’élément musulman gagne en importance, avec 54 %, alors que les deux autres ethnies sont en baisse (34 % pour les Serbes, 11 % pour les Croates). À ce rythme, on estime qu’à l’horizon 2025, les Musulmans constitueront près de 70 % de la population.
  • Il s’avère impossible d’avoir les indices ventilés en fonction de l’appartenance ethnique. C’est pourquoi tous les chiffres doivent être considérés avec précaution.
  • L’indice de fécondité sur l’ensemble du territoire est très faible, à 1,28 enfant par femme, mais cet indice est probablement plus élevé chez les Musulmans.
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L’espérance de vie est élevée à 79 ans, de même que l’âge médian, à plus de 41 ans.

  • Le critère confessionnel a pris de l’importance dans le cadre des conflits. Selon les données de 1991, le pays comptait alors 40 % de musulmans, 30 % d’orthodoxes, 15 % de catholiques et 14 % « d’autres ».
  • Dans le classement IDH, le pays se classe au 77e rang. Compte tenu de l’alphabétisation du pays (99 %) et de son espérance de vie, on doit conclure que le pouvoir d’achat de la population est particulièrement faible. Le niveau de vie est différencié en fonction des zones ethniques, les territoires musulmans étant les plus pauvres, les croates, plus riches.
  • Le pays est faiblement urbanisé, avec un taux de 49 %. Les principales villes sont Sarajevo (300 000 habitants), Banja Luka (175 000 habitants), Tuzla (89 000 habitants), Zenica (85 000 habitants) et Mostar (65 000 habitants).
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1.2 - – Évolution historique

1.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Originellement peuplé d’Illyriens, le territoire du pays fut incorporé à l’empire romain, avant que les Goths ne s’y installent. Au début du VIe siècle, ceux-ci sont chassés et le territoire bosniaque devint une partie de l\'Empire byzantin.
  • C’est à cette époque que les Slaves commencèrent à s\'y installer en deux vagues successives, au nord et à l’ouest (Croates), le reste étant occupé par les Serbes.
  • Au IXe siècle, une partie du nord-ouest fut conquise par les Francs, avant d’être incorporée par la Croatie médiévale ; le reste tomba aux mains d\'une des principautés serbes.
  • Au cours des XIe et XIIe siècles, la Bosnie fut soumise à Byzance, mais en 1180, l’emprise grecque cessa et pour la première fois, un territoire bosniaque devint une entité indépendante, qui exista de façon autonome de 1180 à 1463.
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Elle s’étendit tout au long de cette période, sans vraiment cependant constituer un État centralisé, mais plutôt un ensemble de principautés.

  • L’isolement de ces terres entraina le développement d\'une Église bosniaque. D’abord dominée par le catholicisme, la Bosnie se singularisa et peu à peu l’orthodoxie s’imposa.
  • À la fin du XIVe siècle, les incursions étrangères se multiplièrent et les Bosniaques subirent plusieurs défaites, alors que le territoire était en proie à une guerre civile, qui aboutit à la séparation de l’Herzégovine (« duché »). En 1463, les Turcs s’emparèrent de presque tout le territoire bosniaque, avant de conquérir aussi l’Herzégovine en 1482.
  • Tout le territoire fut absorbé dans l\'Empire ottoman. Le système politique et économique se distingua peu de celui en place sur les autres territoires de l’Empire, sauf sur un point : une grande partie de la population se convertit à l\'islam.
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Il fallut plus de cent ans aux musulmans pour devenir majoritaires. La raison d\'un tel développement réside dans l\'histoire religieuse du pays, alors que la Bosnie n’avait pas bénéficié d\'une Église nationale bien établie, de sorte que la chrétienté y était plus faible qu’ailleurs dans les Balkans.

  • Tout au long des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, la Bosnie, qui servait de terres de recrutement pour les Turcs, fut le théâtre des guerres que se livraient Vienne et la Sublime porte et son territoire changea de mains à de multiples reprises.
  • Ces luttes affaiblirent le pays et ralentirent le développement économique, même si certaines de ses villes, comme Sarajevo, connurent des périodes de splendeurs. Une littérature nationale s’y développa aussi.
  • Une mutation politique survint au cours de cette période, par laquelle l’eyalet de Bosnie développa un statut particulier au sein de l’empire, alors que son kapetan s’attribua avec le temps de plus en plus de pouvoir.
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Lorsque l’empire s’employa à se réformer, il rencontra une résistance farouche dans cette province et des conflits éclatèrent alors entre la Bosnie et le centre.

  • En 1876, la Serbie et le Monténégro déclarèrent la guerre à l\'Empire ottoman, appuyés par la Russie. Les États européens imposèrent alors le traité de Berlin, qui décida que la Bosnie et l\'Herzégovine, en restant virtuellement sous souveraineté turque, seraient gouvernées par l\'Autriche-Hongrie.
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1.2.2 – Le XXe siècle

  • Au cours de la période autrichienne, la Bosnie se développa économiquement et culturellement. Vienne se trouva alors confrontée au yougoslavisme, ce qui provoqua l’annexion de la Bosnie et de l’Herzégovine en 1908.
  • À la fin de la Première Guerre mondiale, des politiciens bosniaques de chacune des trois communautés suivirent les dirigeants politiques de Croatie et de Slovénie, en s\'associant à la création du royaume des Serbes, Croates et Slovènes.
  • Quand la Constitution fut établie, la Bosnie ne garda aucun statut officiel, mais son tracé fut préservé sur la carte jusqu’en 1929, alors qu’elle fut partagée en quatre districts administratifs différents et rayée de la carte.
  • En 1941, après l\'invasion de la Yougoslavie par les forces de l\'Axe, le territoire bosniaque fut absorbé dans l\'État fantoche connu sous le nom d\'« État indépendant de Croatie ».
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Les massacres perpétrés en Bosnie entre 1941 et 1945 furent effroyables. On estime le nombre total des morts en Bosnie au cours de la guerre à 164 000 Serbes, 75 000 musulmans, 64 000 Croates et 14 000 juifs.

  • Après la guerre, la Bosnie-Herzégovine devint une des républiques de Yougoslavie et fut affecté par l\'abolition de nombreuses institutions musulmanes traditionnelles.
  • Dans les années 1960, une inflexion de la politique officielle conduisit à la reconnaissance du terme « Musulman » comme désignation d\'une identité nationale.
  • Le déclin de l\'économie yougoslave conduisit à une large insatisfaction à l\'égard du système politique et des partis indépendants firent leur apparition en 1988.
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1.2.3 – Depuis l’indépendance

  • Le référendum de février 1992 ayant donné la victoire aux partisans de l’indépendance, les Serbes de Bosnie se rebellent et choisissent leur propre indépendance dans les zones où ils sont majoritaires, proclamant l\'indépendance de la République serbe de Bosnie.
  • Des milices serbes lancent alors des attaques. D\'abord alliés aux Musulmans, les Croates choisissent de prendre leur indépendance avec la région où ils sont majoritaires. Ils sont soutenus par l\'armée de Croatie et ouvrent un nouveau front, en avril 1993, contre les Musulmans.
  • À cela s\'ajoutent des conflits entre Musulmans, dans la région de Bihac, dans le nord-ouest du pays, où Fikret Abdić proclame une province autonome de Bosnie occidentale.
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Les civils ont été les cibles principales des combats, alors que les idéologies nationalistes œuvraient à séparer les trois nationalités. Au total, 2,2 millions d’habitants ont été chassés de chez eux et, parmi eux, 1,2 million de Musulmans.

  • Afin de mettre fin au bain de sang, les États occidentaux placent la Serbie-et-Monténégro sous embargo et décident l’envoi de troupes d’interposition. En 1994, dix-sept mille soldats sont déployés.
  • Le point d’orgue est atteint en juillet 1995, alors que l’enclave de Srebrenica tombe sous l’assaut des milices serbes : 8 000 Musulmans sont massacrés et les États occidentaux décident d’armer massivement les Croates et les Musulmans.
  • Lâchés par Belgrade et considérant qu’après la chute des enclaves de Srebrenica et Zepa, le territoire qu’ils contrôlent est assez continu, les Serbes de Bosnie se décident à négocier.
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Le cessez-le-feu du 10 octobre 1995 permet le début des négociations à Dayton. Elles dureront vingt jours, au terme desquels les délégations serbe, croate, et bosniaque accepteront le principe de la création d\'une entité commune pour les Croates et les Musulmans sur 51 % de territoire, ainsi que d’une entité serbe couvrant 49 % de celui-ci et se conformant à peu de chose près au sort des armes et aux opérations de nettoyages ethniques.

  • La Forpronu est alors remplacée par l’IFOR, à qui est confiée la mission de permettre la mise en œuvre des accords de paix.
  • En 1996, l’IFOR est à son tour remplacé par la SFOR jusqu’en 2004, alors que la EUFOR Althea, force européenne, prend la relève.
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Le pays est composé de deux entités, la fédération croato-bosniaque et la république serbe de Bosnie. L’élaboration des institutions s’est faite sous le signe de la collégialité, même si au lendemain des guerres, il s’agissait surtout d’un vœu pieux.

  • La constitution a été élaborée dans le cadre des accords de Dayton et est présentée à l’annexe 4 de ces accords. Elle fait du pays une république parlementaire multipartiste et met en place des institutions politiques très complexes.
  • Il y a trois présidents à la tête du pays, chacun représentant l’une des trois communautés. Chacun de ceux-ci occupe la présidence pour 8 mois. Ils sont élus au suffrage universel dans chacune de leur communauté pour quatre ans. Il s’agit aujourd’hui de Zelko Komsic (Croate), Nebojsa Radamovic (Serbe) et Bakir Izetbegovic (Musulman).
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Le président est le chef de l’État en titre et ses responsabilités sont assez importantes : il dirige la politique étrangère du pays et définit le budget de l’État, en plus de nommer les ministres du gouvernement, sous réserve d’approbation par le parlement.

  • Le parlement est bicaméral, composé d’une chambre basse (la chambre des représentants de Bosnie-Herzégovine) et haute (la Chambre des peuples de Bosnie-Herzégovine).
  • La première comprend 42 députés (28 de l’entité croato-musulmane, 14 de l’entité serbe), élus au suffrage universel pour 4 ans. Elle est responsable de l’adoption des lois, présentées par le gouvernement, dont elle doit par ailleurs approuver la nomination.
  • La chambre des peuples est composée de 15 membres, à raison de 5 représentants pour chacune des communautés. Ils sont élus au suffrage indirect par les députés de chacun des parlements régionaux des entités constitutives du pays.
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Leur responsabilité consiste à s’assurer qu’aucune loi ne puisse être adoptée sans l’appui de chacun des groupes ethniques.

  • Au dessus de ces structures se trouve le Haut représentant international, qui a pratiquement le statut d’un dictateur. Il est nommé par l’ONU et depuis 2009, c’est Valentin Inzko qui occupe ce poste que seuls des étrangers peuvent occuper.
  • En 1992, le pays n’avait eu que quelques années pour lancer le processus de réformes, lequel n’avait que peu progressé.
  • Le conflit de 1992-1995 a fait très mal à l’économie, mais aussi aux infrastructures. Ainsi, le processus de réformes doit être mené de front avec cette reconstruction. Mais les choses avancent assez bien depuis le début des années 2000.
  • La question des relations étrangères du pays est à la fois complexe et simple : les contentieux avec les voisins qui l’ont agressé demeurent nombreux, mais il est sous tutelle internationale et donc, ce n’est pas tant l’exécutif du pays qui gère les rapports internationaux que le Haut représentant.
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Avec la Serbie, les relations sont tendues. Sarajevo a poursuivi dans les années 2000 son voisin devant la Cour internationale de justice pour agression et génocide, accusations qui ont été jugées non fondées par la suite, et d’autres problèmes continuent de miner les rapports avec Belgrade, dont la question de la limitation des frontières entre les deux États.

  • Avec la Croatie, les relations sont également tendues, mais dans une moindre mesure. Depuis 1999, plusieurs traités conclus entre Sarajevo et Zagreb ont réduit le nombre d’irritants, liés surtout à la question des frontières.
  • Il va de soi que, lorsqu’il s’agit de ces deux États, les relations de Sarajevo se trouvent compliquées par la présence de minorités nationales serbes et croates, lesquelles sont parfois instrumentalisées par leur foyer national respectif pour faire pression sur Sarajevo.
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Le rôle important joué par Washington dans la conclusion des Accords de Dayton a contribué à faire des États-Unis un partenaire fondamental de la Bosnie, d’autant que Sarajevo avait tout intérêt à lier d’excellentes relations avec un partenaire puissant, afin de rééquilibrer son rapport de force. Washington demeure le principal bailleur de fonds pour la Bosnie-Herzégovine.

  • Les relations bilatérales se développent, mais la tutelle internationale empêche d’envisager que le pays puisse rejoindre à part entière les grandes institutions occidentales et atlantistes, EU et OTAN, même si cela sera assurément l’objectif des dirigeants lorsque sera levée cette tutelle.
2 la mac doine
2 – La Macédoine

2.1 - Notions générales

2.1.1 - Géographie

  • Avec 25 000 km2, la Macédoine est la 3e plus petite des républiques issues de l’éclatement de la Yougoslavie.
  • Le pays est complètement enclavé et partage des frontières avec la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et l’Albanie.
  • Le territoire est dominé par les montagnes et près de 50 % de la surface du pays se trouve à une altitude comprise entre 500 et 1000 mètres.
  • Le point culminant du pays est le Golem Korab, à 2 753 mètres, mais la plupart des hauts sommets atteignent près de 2 000 mètres.
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Le territoire est coupé en deux par le Vardar, principal cours d’eau du pays, qui court sur près de 400 km. Le Drin noir est le second cours d’eau en importance d’un pays qui compte de nombreuses rivières courtes et à faible débit.

  • Ce découpage met en évidence deux régions : l’ouest, qui concentre la majorité de la population et où l’on trouve les plus hauts sommets, et l’est, moins populeux et moins élevé.
  • Le pays compte un nombre assez important de lacs. Le plus grand de ceux-ci, le lac d’Ohrid, couvre une superficie de 350 km2 environ. Il est suivi par son voisin, le lac Prespa, qui s’étend sur 313 km2.
  • Grâce à un territoire montagneux, les masses d’air venues du sud donnent au pays un climat assez clément.
  • Le pays est situé à la rencontre des plaques eurasienne et africaine, d’où la fréquence élevée de séismes importants, comme celui de 1963, qui détruisit Skopje à 50 %, tuant de même 1 500 personnes.
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2.1.2 – Démographie

  • La république de Macédoine est un pays éclaté et disparate au plan démographique. Malgré des crises majeures au tournant des années 2000, le pays est parvenu en partie à se maintenir hors des conflits et les déplacements de population typiques de la zone et de la période ont été peu fréquents ici.
  • La population s’élève à un peu plus de 2 millions d’habitants, en très légère hausse depuis quelques années, alors que les années 1990 avaient vu une baisse de celle-ci.
  • Les Macédoniens, peuple appartenant à la branche sud des Slaves et qui parlent une langue spécifique, forment près de 65 % de la population. Les Albanais, avec un peu plus de 25 %, constituent une minorité très influente, alors que le reste est partagé entre Turcs (4 %), Roms (3 %) et Serbes (2 %).
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Les indices démographiques sont assez bons : le taux de fécondité a chuté brutalement depuis 30 ans, s’établissant aujourd’hui à 1,6 enfant par femme. L’âge médian est peu élevé, à 34 ans, et l’espérance de vie est de 74 ans.

  • Le clivage religieux recoupe celui de l’appartenance ethnique, alors que l’Église orthodoxe macédonienne regroupe 65 % de la population et l’Islam, un peu plus de 33 %.
  • Dans le classement IDH, la république de Macédoine occupait en 2009 le 72e rang, ce qui en fait l’un des États les moins développés de la zone. Sa position est d’ailleurs probablement plombée encore une fois par un pouvoir d’achat plutôt faible.
  • Le pays est assez urbanisé pour sa zone, avec un taux s’établissant à un peu plus de 60 %. La capitale, Skopje, est de loin l’agglomération la plus importante, avec 470 000 habitants, et le pays compte six autres villes de plus de 50 000 habitants, dont Kumanovo (95 000 habitants), Bitola (86 000 habitants) et Prilep (72 000 habitants).
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2.2 - Évolution historique

2.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Ce sont d’abord les Illyriens qui occupent le territoire de la Macédoine, avant que les Grecs n’absorbent ces terres au VIe siècle avant notre ère, à l’époque de Philippe II de Macédoine.
  • Envahi par les Romains au IIe siècle avant notre ère, le territoire tombe sous le contrôle de Byzance, avant que les tribus slaves ne s’y installent au tournant du VIe siècle.
  • Jusqu’à l’arrivée des Ottomans, le territoire sera partagé à plusieurs reprises entre les royaumes serbes et bulgares.
  • Intégrée à l\'Empire ottoman à la fin du XIVe siècle, le pays ne verra le développement de sa culture nationale qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle : la classe intellectuelle naissante se divise alors en deux camps, l’un défendant la spécificité des traditions du pays, l’autre militant pour l’intégration bulgare, vue comme la culture d’origine du pays.
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Après la défaite ottomane de 1878, la Russie impose la création d\'une grande Bulgarie incluant la majeure partie de la Macédoine, mais le congrès de Berlin replacera la Macédoine dans le giron ottoman.

  • Le gouvernement ottoman refusant d’appliquer des réformes visant à améliorer le statut des chrétiens, des révolutionnaires macédoniens fondent en 1893 une organisation révolutionnaire, l’ORIM, qui deviendra le fer de lance de l’opposition aux Turcs.
  • À partir de 1895, l’ORIM multiplie les insurrections locales et les attentats et en août 1903, proclame la république de Krouchevo, qui constitue le véritable acte de naissance du nationalisme macédonien indépendant.
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2.2.2 – Le XXe siècle

  • La révolution jeune-turque en 1908 marque une trêve, mais dès l’année suivante, les nouvelles autorités turques interdisent toutes les organisations macédoniennes.
  • L\'alliance antiturque va sceller le sort de la Macédoine : après les guerres balkaniques, la Macédoine est partagée au traité de Bucarest entre la Grèce, la Serbie, la Bulgarie et l\'Albanie.
  • Pendant la 1ère Guerre mondiale, les Bulgares pénètrent sur les territoires macédoniens de Serbie et de Grèce avant d’en être chassées en septembre 1918. C’est à ce moment que les frontières de la Macédoine sont dessinées, le pays étant intégré à la Yougoslavie pendant l’entre-deux-guerres, avant d’être démembré par la Bulgarie et l\'Albanie en 1941.
  • En 1943, Tito pose le principe d\'une Yougoslavie fédérale, dont les Macédoniens seraient un des peuples constitutifs et en août 1944, les partisans macédoniens réunissent la première session du Conseil antifasciste.
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Pendant la période titiste, la Macédoine se dote des attributs de sa spécificité nationale : en 1958, l\'archevêché d\'Ohrid est rétabli, et en 1967, l\'Église devient autocéphale.

  • À partir de 1989, la Macédoine fait face à la décomposition de la Yougoslavie et différents partis apparaissent, certains se fixant pour mandat la défense de la minorité albanaise. La Macédoine organise ses premières élections libres en novembre-décembre 1990 et Kiro Gligorov s’empare de la présidence de la République en janvier 1991.
  • Après le référendum du 8 septembre 1991, le Parlement adopte la nouvelle Constitution, qui proclame l\'indépendance et la souveraineté du pays, mais la pays aura du mal à obtenir sa reconnaissance internationale.
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2.2.3 – Depuis l’indépendance

  • Si la Macédoine a échappé aux guerres yougoslaves, elle a bien failli imploser sur la question albanaise, cette minorité manifestant depuis le début du XXe siècle des velléités autonomistes. En 1996, une partie des Albanais du Kosovo choisit la lutte armée contre Belgrade; l’UCK, adepte de la grande Albanie, décide de déstabiliser la Macédoine par des rébellions et des attentats.
  • La situation se détériore le 24 mars 1999, quand l\'OTAN entre en guerre contre la Serbie : près de 300 000 Albanais kosovars se réfugient chez leurs « cousins », ce qui inquiète Skopje, qui craint le développement d’un déséquilibre démographique entre les albanophones et les autres ethnies, d\'autant qu’une partie des réfugiés rejoignent alors l’UCK.
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Au plus fort des bombardements, Skopje ouvre un corridor humanitaire pour faire passer les réfugiés. Après l\'accord de paix au Kosovo, la majorité des réfugiés va rentrer, avec parmi eux des éléments de l’UCK qui, dès 1998, avait déclaré que la Macédoine était la « zone de guerre numéro deux ».

  • Avec la fin des bombardements de l\'OTAN, certains Albanais envisagent de reproduire les actions de l’UCK, pensant obtenir le soutien des Occidentaux. C’est dans ce contexte qu’apparaît l’UCKM, qui se lance dans une série d’attentats afin de favoriser un « Dayton albanais » ou la transformation du pays en une confédération albano-macédonienne.
  • Au cours de l‘hiver 2001, l’UCKM occupe certaines zones, contraignant Skopje à un cessez-le-feu avec les rebelles qui sera continuellement violé par ceux-ci.
  • La crise s\'internationalise et l’occident pousse le gouvernement à négocier, ce qu’il fait.
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Mais les rebelles, percevant dans cette volonté de négociations un aveu de faiblesse, multiplient les actions contre lui. Enfin, le 5 juillet, les Occidentaux arrachent un cessez-le-feu qui aboutira à l’accord de paix d’Ohrid le 8 août.

  • En vertu de cet accord, l\'albanais devient seconde langue officielle dans les districts où vivent au moins 20 % d\'Albanais, la Constitution est amendée afin de donner certains droits de veto aux députés albanais et la guérilla est désarmée et ses combattants amnistiés.
  • La Constitution macédonienne fait du pays une république parlementaire et reconnaît la présence sur le sol de 27 minorités ethniques, ce qui continue d’indisposer la minorité albanaise, qui aimerait être reconnue comme nationalité.
  • Le parlement de Macédoine ne comprend qu’une seule chambre, la Sobranie, composée de 120 députés élus au suffrage universel dans le cadre d’un système comprenant des éléments de proportionnalité et de représentativité.
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Depuis l’indépendance, le pays a peu gouté à l’alternance politique, la droite nationale se retrouvant généralement à la tête du pays, même si les partis défendant cette orientation politique ont changé.

  • Depuis 1998, la scène politique est dominée par le VMRO-DPMNE, l’Organisation révolutionnaire intérieure de Macédoine – Parti démocrate pour l’unité nationale macédonienne, une très large coalition qui a pris part à tous les gouvernements de macédoine depuis 1998.
  • La Macédoine était la moins développée des républiques yougoslaves, sa production ne représentant qu’environ 5 % de la production du pays avant son éclatement.
  • Ce n’est que la mise en place de la Yougoslavie titiste qui a permis le développement d’un certain secteur industriel dans certaines régions du pays, lequel bénéficiait alors des transferts fédéraux.
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L’économie a beaucoup souffert de l’effondrement de l’État central, la Macédoine perdant alors les transferts fédéraux. Après 5 années de contraction, l’économie a pu redémarrer, avant d’être à nouveau stoppée par le conflit albanais. Depuis, cependant, les choses s’améliorent peu à peu.

  • Après la fin du conflit avec sa minorité albanaise, Skopje s’est lancé dans le processus d’adhésion l’UE. Cependant, et même si le statut de candidat lui a été octroyé dès 2005, les négociations n’ont toujours pas commencé, entre autres à cause du problème du nom du pays.
  • En ce qui concerne l’OTAN, la situation est semblable : candidat depuis 1999, Skopje s’est vu refuser l’adhésion à l’OTAN par un veto grec en 2008. Ici aussi, le règlement définitif du problème entourant le nom du pays est en cause.
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Le nom de Macédoine indispose Athènes. Tant que la Macédoine n’était pas sujet de droit international, cela n’était pas important. Mais la fin de la Yougoslavie et l’arrivée de la Macédoine comme État a changé les choses, car pour Athènes, la Macédoine est une région grecque et une part importante de l’histoire du pays.

  • C’est pourquoi le pays a deux noms, concession faite à la sensibilité grecque. Le nom constitutionnel du pays de « République de Macédoine » est reconnu par 118 pays, dont plusieurs très importants (Chine, États-Unis, Russie).
  • Pour l’Union européenne, conduite sur ce terrain par la Grèce, le gouvernement de Skopje est reconnu plutôt en tant que gouvernement de « l’Ancienne République yougoslave de Macédoine », ce qui est plutôt long comme nom de pays.
  • Il y eut aussi la controverse entourant le drapeau du pays, Skopje ayant d’abord choisi de faire figurer sur celui-ci le Soleil de Vergina, symbole de Philipe II, protégé par les lois grecques en tant que symbole national.
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Plus simples, tout en étant aussi compliquées, les relations avec la Bulgarie s’améliorent.

  • Le problème de Sofia avec la Macédoine est que, tout en considérant légitime l’existence du pays voisin, elle refuse de reconnaître l’existence du peuple macédonien et de la langue macédonienne, considérant qu’en fait, les Macédoniens sont des Bulgares parlant une variante régionale du bulgare.
  • C’est donc sur la Grèce qu’achoppe le développement des relations internationales de Skopje. La chose apparait d’autant plus surprenante qu’aujourd’hui, la Grèce est devenue le plus grand investisseur du pays et un important partenaire.
  • Malgré certains contentieux avec la Serbie les relations sont bonnes en général, d’autant que malgré son rapprochement avec l’Occident, la Macédoine demeure très proche des principaux alliés de Belgrade, Moscou et Pékin.
3 le kosovo
3 – Le Kosovo

3.1 – Notions générales

3.1.1 – Géographie

  • Le Kosovo, considéré par certains comme un État souverain, et par d’autres comme un territoire serbe irrédent, s’étend sur un peu moins de 11 000 km2.
  • Le Kosovo ne dispose d’aucun accès direct à la mer et est enclavé entre la Serbie, la Macédoine, l’Albanie et la Monténégro.
  • Le caractère topographique dominant du territoire, ce sont les montagnes, comme d’ailleurs chez un grand nombre de ses voisins.
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Avec une majeure partie de son territoire située à près de 1000 mètres d’altitude, le Kosovo compte néanmoins une zone de plaine située à l’ouest, près de la frontière avec l’Albanie, coincée entrer deux massifs rocheux. Le point culminant du pays s’élève pour sa part à 2 656 mètres d’altitude, le long de la frontière albanaise.

  • Le territoire du Kosovo n’est guère choyé d’un point de vue hydrographique. Les principaux cours d’eau sont le Drin blanc, l’Erinik, la Sitnica et l’Ibar. Tous ces fleuves et rivières ont une longueur inférieure à 100km sur le territoire kosovar.
  • Quant aux lacs, ils sont peu nombreux et dans l’ensemble, assez petit. Le plus important, le Gazivoda, un lac artificiel qui s’étend sur à peine 12 km2, se situe près de la frontière avec la Serbie.
  • Le climat du Kosovo est de type continental et montagneux, avec des étés chauds et des hivers relativement froids.
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3.1.2 – Démographie

  • Pour un territoire aussi petit, la population est très importante, soit un peu moins de deux millions d’habitants.
  • En ce qui concerne la composition ethnique, les données sont peu fiables et reposent sur des évaluations, le dernier recensement remontant à 1991. Selon ces estimations, les Albanais constituent aujourd’hui 92 % de la population, le reste étant partagé entre Serbes, Bosniaques, Roms et Goranis (Macédoniens islamisés), principalement.
  • Si ces chiffres sont exacts, on constate un accroissement du pourcentage d’Albanais par rapport à 1991, alors qu’ils formaient 80 % de la population.
  • La population du Kosovo est la plus jeune d’Europe : près de 30 % de sa population à moins de 14 ans et l’âge médian est de 26 ans à peine.
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Deux statistiques expliquent cette caractéristique, soit un indice de fécondité très élevé, à 2,4 enfants par femme et une espérance de vie faible, s’établissant à 70 ans environ.

  • Il est difficile d’avoir une idée exacte de la situation, car le statut international du territoire fait en sorte qu’on ne le retrouve pas dans beaucoup de statistiques mondiales. Certains chercheurs ont néanmoins calculé la position potentielle du pays dans l’indice IDH (autour de la 100e position) en se basant sur les statistiques disponibles.
  • La religion est un marqueur d’appartenance fort et il n’est guère étonnant de constater une forte majorité de musulmans (90 %).
  • Le taux d’urbanisation n’est pas connu, mais, il doit être assez élevé. Pristina compte 200 000 habitants, mais plusieurs autres villes ont une population comprise entre 50 000 et 100 000 habitants, comme Pec, Mitrovica, Ferizaj et Kamenice.
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3.2 – Évolution historique

  • Pour l’essentiel, l’histoire du Kosovo jusqu’en 2008 se confond avec celle de la Serbie, même si son rattachement au territoire de contemporaine la Serbie ne date que de 1913.
  • Le territoire fut colonisé par les Illyriens, puis par les Serbes à partir du VIe siècle. L’événement le plus important de l\'histoire serbe se déroule d’ailleurs sur ce territoire, alors qu’ils sont défaits par les Turcs en 1389.
  • Après avoir passé la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale sous contrôle albanais, le Kosovo obtient au sein de la Yougoslavie le statut de région autonome, puis de province autonome à partir de 1974. Tout au long de cette période, le pourcentage de Serbes décroit au profit de la population albanaise, celle-ci passant de 60 % de la population en 1948 à 80 % en 1991.
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À partir de 1989, le Kosovo perd les prérogatives que lui avait accordées la Constitution de 1974.

  • Dès lors, la situation des Albanais du Kosovo devient très mauvaise : ils se retrouvent exclus du pouvoir et de la vie sociale normale, l’enseignement de la langue albanaise est restreint et le gouvernement exerce une forte répression à l\'encontre de la communauté albanaise, provoquant un mouvement de plus en plus fort en faveur de l’indépendance.
  • En septembre 1990, un parlement clandestin proclame la république du Kosovo, et des élections pluripartites législatives et présidentielles ont lieu en mai 1992.
  • Discrète au début, l\'UCK multiplie les attentats à partir de 1996 et passe à l\'offensive en 1998. Les affrontements conduisent les Occidentaux à proposer une solution négociée et en octobre, un accord entérine la mise en place d\'un dispositif de surveillance du retrait des forces serbes sous le contrôle de l’OSCE.
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Malgré l’accord de Belgrade, les hostilités continuent et le Groupe de contact sur l\'ex-Yougoslavie convoque Serbes et Kosovars à des négociations avec obligation d\'aboutir.

  • Les négociations échouent, les Serbes refusant l’octroi d’une large autonomie au Kosovo et le déploiement d\'une force multinationale. Ainsi, le 24 mars 1999, l\'OTAN attaque la Serbie, qui lance alors des opérations de nettoyage ethnique.
  • Battu, Belgrade accepte de faire quitter le territoire kosovar par les forces serbes, alors qu’appuyé par l’OTAN, l’UCK établit sa loi au Kosovo et procède à son tour à un nettoyage.
  • Au terme des accords de paix de 1999, le Kosovo est placé sous administration de l’ONU et les forces de l’OTAN sont chargées de se déployer. Relancées en 2005-2007, les négociations sur le statut du Kosovo entre Belgrade et Pristina resteront dans l’impasse, aboutissant le 17 février 2008 à la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo.
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  • Le Kosovo a adopté sa constitution en juin 2008, laquelle fait du pays une république parlementaire pluripartiste.
  • L’assemblée détient la majorité des pouvoirs, dont celui de confirmer le premier ministre. Depuis 2008, c’est Hasim Thaci, ancien chef de l’UCK au passé trouble, qui dirige le gouvernement.
  • Le pays étant très jeune, il n’a guère pour le moment d’histoire politique et n’a connu qu’une élection législative depuis l’indépendance, en 2008, laquelle s’est tenue en 2010.
  • Le Kosovo est aux prises avec de nombreuses difficultés économiques, alors qu’il n’a pas pu disposer de souveraineté économique dans les années 1990 et que le système Milosevic a perduré jusqu’au lendemain de la guerre de 1999. Mais par la suite, des réformes structurelles ont pu être lancées, même s’il faut attendre 2008 pour que le gouvernement s’attèle plus sérieusement aux réformes.
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En outre, la corruption est endémique (une part substantielle du budget du pays provient des organisations internationales), ce qui fait dire à certains spécialistes qu’il s’agit pour l’essentiel d’une économie mafieuse.

  • L’économie kosovare est une économie de transition, lourdement dépendante de l’étranger : les subsides internationaux représentent près de 12 % du PIB, alors que les transferts de la diaspora kosovare en représentent autant.
  • Puisque la moitié des États du monde refusent de reconnaître son indépendance, la priorité du gouvernement de Pristina est de tout tenter pour accroître le nombre des pays qui le reconnaissent. Au sein de l’Union européenne même, cinq États refusent de reconnaître cette indépendance : Chypre, Espagne, Grèce, Roumanie et Slovaquie.
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Mais même si le nombre de pays reconnaissant la république du Kosovo est en hausse, peu de nouveaux venus se sont ajoutés depuis 2009 à ceux qui l’ont reconnu d’emblée.

  • En outre, le Kosovo ne deviendra finalement un pays que lorsque le Conseil de Sécurité de l’ONU acceptera cet état de fait. Or, deux poids lourds du Conseil, la Russie et la Chine, refusent pour le moment de l’envisager, autant pour des raisons intérieures qu’extérieures.
  • Depuis 2009, le Kosovo a pu conclure différentes ententes avec des voisins ou d’autre pays européens, dans un cadre bilatéral ou multilatéral. De même, en juin 2009, Pristina a été admis à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international en tant qu’État indépendant.
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Il n’en demeure pas moins que, dans l’état actuel des choses, le Kosovo n’est pas (encore) vraiment un pays : il dépend de l’aide internationale, une partie non négligeable de sa population refuse de reconnaître la légitimité du gouvernement et la présence de l’immense base américaine témoigne assez du peu d’indépendance réelle de ce pays, par ailleurs grandement dépourvu de potentiel économique.

  • Tant que Belgrade se refusera à accepter le fait accompli de l’indépendance de sa province irrédente, Moscou suivra son allié et conséquemment, les portes des institutions internationales demeureront fermées pour Pristina.
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