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Du Diagnostic Différentiel à la Détection Précoce des Schizophrénies. . Prof. A. Malchair U.Lg . Avec l’aimable complicité du Dr. H. Mourad Liège, le 2 mai 2013. Les psychoses. Echec des ego-fonctions Réalité subjective = Réalité objective Altération du fonctionnement normal

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du diagnostic diff rentiel la d tection pr coce des schizophr nies

Du Diagnostic Différentiel à la Détection Précoce des Schizophrénies.

Prof. A. Malchair U.Lg.

Avec l’aimable complicité

du Dr. H. Mourad

Liège, le 2 mai 2013

les psychoses
Les psychoses
  • Echec des ego-fonctions
  • Réalité subjective = Réalité objective
  • Altération du fonctionnement normal
  • Anosognosie
les psychoses1
Les psychoses
  • Schizophrénies
    • Catatonique
    • Désorganisée
    • Paranoïde
    • Résiduelle
    • Indifférenciée
  • Trouble schizophréniforme
  • Trouble psychotique bref
  • Trouble délirant
  • Trouble psychotique du à une affection médicale générale avec délires/hallucinations
  • Psychose induite par les substances
  • Trouble psychotique NS.
les schizophr nies
Les schizophrénies
  • Psychose chronique
  • Présentation polysymptomatique
  • Difficultés à retrouver un fonctionnement adéquat
sympt mes positifs et n gatifs
Symptômespositifs et négatifs
  • symptômespositifs: délires, hallucinations, agressivité...
  • symptômesnégatifs: appauvrissement (du discours, de la pensée, moteur : apragmatisme, aboulie, manqued’énergie physique, troubles de l’attention, retrait social, isolement, perte des initiatives, anhédonie, froideur affective, pauvreté des affects et de l’expressiongestuelle, aspect figé).
  • des symptômes des 2 lignées coexistent chez un même patient.
  • une3e dimension clinique: ladésorganisation.
les sympt mes cognitifs
Les symptômes cognitifs

Touchent:

  • la pensée
  • la motivation
  • l’attention
  • la mémoire
  • les fonctions exécutives
  • la coordination
etiologie
Etiologie
  • Facteursgénétiques. Risquemorbide de l’ordre de 10 à 12% chez les frères et sœurs et enfants de schizophrènes. Concordance de 30 à 50% chez les jumeauxhomozygotes (mêmeélevésséparément).
  • Facteursenvironnementauxprécoces. Complications obsétricalesanté et péri-natales. Carencenutritionnelleou infection virale pendant la gestation.
  • Facteursenvironnementauxtardifs. Rôle du contextefamilliale (“double lien” : communication faited’injonctionsparadoxales) et des émotionsexprimées, stress chroniqueouaigue.
vuln rabilit au stress
Vulnérabilité au stress

Elevé

MALADIE

SEUIL

STRESSEURS

SANTE

Bas

Basse

Elevée

VULNERABILITE

epid miologie
Epidémiologie
  • Une des affections mentales les plus fréquentes
  • Prévalence de l’ordre de 0,5% à 1,5 %
  • Taux d’incidence compris entre 2 et 4 pour 10 000
  • Sex-ratio proche de 1
apparition de la maladie
Apparition de la maladie
  • Age de début 5 % avant 15 ans 4 % après 45 ans 91 % entre 15 et 45 ans
  • Plus tard chez les femmes
  • Personnalité prémorbide
  • Brutale ou progressive
  • 70 % négatifs, 20 % positifs
d but aigu
Début aigu
  • Boufféedéliranteaiguëpolymorphe. Eclosionbrutale d’un délirepolymorphedanssesthèmes et mécanismes. Fluctuations thymiques. Angoisse. Entrée dansuneschizophrénie qui évoluera par pousséesentrecoupéesd’intervalleslibresoualorsévolutiondès la fin de l’accèsaiguvers la chronicité. Facteurs de mauvaispronosticd’une BDA : atypicité, absence d’angoisse, évolutionsubaiguë, pauvreté du délire, absence ourareté des signesthymiques, bizarerrie.
  • Manieoudépressionatypique. Asyntonie, froideur affective, réticence, incohérence, bizarrerie, agressivité
  • Fugue, actemédico-légal, automutilation, suicide.
d but progressif
Début progressif
  • Fléchissementscolaire. Baisse du rendementintellectuel. Pas de contexte familial explicatif.
  • Modifications des croyances. Engouement pour des activitésésotériques (magie, activitésoccultes…) pouvants’accompagner de l’adhésionàunesecte. Croyanceà des phénomènessurnaturels.
  • Modifications de l’affectivité et de la pensée. Isolement, opposition. Pensée allusive. Discoursdigressif..
  • Trouble des conduiteset du comportementAddiction, anorexie, errancepathologique. Présentation bizarre. . Hermétisme. Agressivité
d but progressif1
Début progressif
  • Apparition progressive d’idéesdélirantes, d’hallucinationsou de symptômesdépressifsatypiques.
  • Hypochondrie et dysmorphophobie. Plainteschangeantes, désorganisées, peuprécises. Impressions de modifications corporelles (signe du miroir). Sentiment d’étrangeté de dépersonnalisation.
  • Pseudo-obsessionnel. Pas de lutte. Bizarrerie.
  • Pseudo-phobique. Pas d’évitementniréassurance.
  • Pseudo-psychopathique. comportement inexplicable
diagnostic diff rentiel
Diagnostic différentiel
  • Trouble schizophréniforme
  • Trouble schizoaffectif
  • Trouble psychotique bref
  • Trouble délirant
  • Trouble psychotique dû à une affection médicale générale avec délires/hallucinations
  • Psychose induite par les substances
  • Trouble psychotique NS
diagnostic diff rentiel1
Diagnostic différentiel
  • Troubles de la personnalité
  • Trouble de l’humeur avec caractéristiquespsychotiques
  • Trouble envahissant du développement: Autisme, Asperger…
  • TOCs
  • HP?
caract ristiques associ es
Caractéristiquesassociées
  • Altération du fonctionnementoccupationnel,contactssociauxlimités, difficultés de prendresoin de soi et augmentation du risquesuicidaire
  • Altération du jugement
  • Risqueélevé de développer un trouble de l’humeur
  • Abus de substances
slide19

Les médecinstraitantsrencontrent les premiers épisodespsychotiques

quandd’autres troubles mentaux se développent

Victoria (Aus) Burden of Disease Study: Incident Years Lived with

Disability rates per 1000 population by mental disorder

les sympt mes rencontr s par les m decins traitants
Les symptômes rencontrés par les médecins traitants :
  • 7%: Psychose clairement identifiée
  • 37%: Symptômes physiques/somatiques
  • 50%: Des changements émotionnels et psychologiques
  • 23%: Changements au niveau du fonctionnement social ou scolaire
les signes d appel
Les signes d’appel :
  • J’essaie de lui parler mais:

- Il semble ne pas comprendre

- Il m’apparaît ailleurs, peu intéressé

- Il a le regard figé, distant

- Il dit parfois des choses bizarres et étranges

  • Il a changé, il s’isole
  • Je n’arrive pas à suivre sa conversation
  • Il me parle peu, a peu d’expression sur son visage
  • Il ne voit plus ses amis
les signes d appel suite
Les signes d’appel (suite) :
  • Il échoue à l’école
  • Il est inquiet, méfiant, anxieux
  • Il est irritable, impulsif
  • Il se néglige
  • Il boit de l’alcool, il prend peut être quelque chose
  • Il vit la nuit, dort le jour
  • Il a des drôles de comportements
  • Il n’en a que pour ce nouvel intérêt
  • Je ne le reconnais plus
slide23

Les symptômes d ’appel :

  • Retrait social
  • Difficultés relationnelles avec l’entourage
  • Croyances et pensées magiques
  • Suspicions, pensées de persécutions
  • Distorsion dans la perception des cinq sens
  • Sentiments de concernement (se sentir être le centre des regards ou des discussions)
  • Sentiments de dépersonnalisation ou de déréalisation
  • Affects émoussés ou inappropriés
  • Comportement antisocial
  • Diminution de la concentration et de l’attention
  • Diminution de l’énergie, de la motivation et des centres d’intérêts
slide24

Les symptômes d’appel (suite) :

  • Humeur dépressive
  • La perturbation de la parole
  • Troubles du sommeil
  • Appétit en dents de scie
  • Anxiété, tension
  • Irritabilité
  • Fureur et révolte
  • Problème d’hygiène
  • Usage intempestif de substances psychotropes
  • Impatience motrice
  • Perte de confiance en soi
  • Problèmes scolaires ou au travail
slide25

Adolescence et schizophrénie: Diagnostic différentiel

  • Anxiété
  • Troubles dépressifs
  • Abus des drogues
  • Crise d’adolescence
slide26

N=6646

Psychotic experiences?

No (84%)

Yes (16%)

Clinical interview

TP (36%)

FP (64%)

Van Nierop et al, Schizophr Bull 2011

slide27

Longitudinal trajectories of mild psychotic symptoms in adolescence

2%

7%

9%

82%

11 yrs

16 yrs

Wigman, van Winkel et al, Psychol Med 2011

slide28

Longitudinal trajectories of mild psychotic symptoms in adolescence

2%

7%

9%

82%

11 yrs

16 yrs

Wigman, van Winkel et al, Psychol Med 2011

slide29
Agir
  • Connaître les signes prodromiques des psychoses
  • Pouvoir identifier les personnes à Ultra High Risk
  • Savoir où et comment accéder aux soins
  • Restaurer l’espoir et la sensation de contrôle
  • Support de la famille
slide30

Début duDébut du premierDébut du

prodrome épisode psychotiquetraitement

15-24 ans 19-25 ans

Prodrome

(1-5 ans)

Durée de psychose

non traitée

(6-12 mois)

slide31

Phases de l’intervention précoce dans les psychoses

Prodrome

Normal development

DUP

Fonctionnement

Acute

Recovery & Relapse prevention

88% recover

Prodrome

1st

57% recover

32% recover

2nd

3rd

4th

First episode

of psychosis

82%

relapse

86%

relapse

78%

relapse

16

20

24

Age

Adapted from Robinson et al, 1999

d tection des uhr
Détection des UHR : 

Trois types de patients :

  • Ceux présentant un trouble de la personnalité schizotypique ou des antécédents familiaux psychiatriques psychotiques
  • Ceux présentant des troubles intermittents, les BLIPS (Brief Limited Intermittent PsychoticSymptoms)
  • Ceux présentant des symptômes psychotiques atténués comme des hallucinations ou des délires à minima n’ayant ni la durée ni l’intensité permettant de faire entrer le patient dans une pathologie avérée

Le risque de transition sur un an chez les UHR vers la psychose est estimé de 10 à 15 %.

McGorry et al, psychol med 2009 :1-6

int r t de la pr vention
Intérêt de la prévention:

Réduction de la durée de psychose non traitée (Duration of UntreatedPsychosis [DUP])

DUP

=

Début de l'apparition des premiers symptômes positifs jusqu’à la mise en place d’un traitement.

dup prolong e
DUP prolongée:
  • Risque plus élevé de troubles majeurs du comportement (violence, dépression, suicide)
  • Abus de substance
  • Perturbations sociales graves: marginalisation, échec scolaire et dans la recherche d’un emploi
  • Pronostic aggravé.
  • Anosognosie
la pr vention pr coce
La prévention précoce
  • Agir en amont dans le cadre d’un dépistage massif
  • Travailler dans le cadre d’un dépistage précoce
  • Utiliser des notions comme les « Symptômes de Base »
slide36

Intervention pour réduire la Durée de la Psychose non Traitée

Normal development

Early intervention

Functioning

Prodrome

First episode

of psychosis

Early detection & Crisis Assessment Team

2nd episode

of psychosis

16

20

24

Age

slide37

L’intervention et la détection précoces

Prodrome clinic

Normal development

Early intervention

Prodrome

Functioning

First episode

of psychosis

2nd episode

of psychosis

16

20

24

Age

sympt mes de base
Symptômes de base

Présents à tous les stades de la maladie, plus prononcés

lors du prodrome et touchent:

  • le dynamisme,
  • l’affect,
  • la pensée,
  • la parole,
  • la perception corporelle,
  • les actions motrices et
  • la tolérance au stress.
la schizophrenia proneness instrument adult version spi a
La “SchizophreniaProneness Instrument, Adult Version (SPI-A)” :
  • Interférences dans la pensée, comme l’intrusion de pensées insignifiantes perturbant la concentration ou le fils des idées
  • La persévération dans la pensée, comme des répétitions obsédantes de pensées ou d’images mentales
  • Blocage dans la pensée avec une perte soudaine du fil de la pensée
  • Perturbation de la réception langagière, comme la paralysie de la compréhension immédiate des mots ou phrases simples, lus ou entendus
  • Perturbation du langage exprimé, comme la difficulté à prononcer les mots appropriés
la schizophrenia proneness instrument adult version spi a1
La “SchizophreniaProneness Instrument, Adult Version (SPI-A)” :
  • Perturbation de la pensée abstraite
  • Difficultés à différencier la perception de la pensée, des vrais souvenirs ou de l’imagination
  • La perturbation de l’attention par des détails visuels
  • Des idées de références 
  • Déréalisation
  • Perturbations dans la perception visuelle ou acoustique.
  • L’anhédonie sociale et la bizarrerie dans la pensée sont des facteurs de transition vers la psychose.
buts des services d intervention pr coce
Buts des services d’interventionprécoce
  • Prévenir la psychose chez les sujets UHR
  • Réduire la durée de la psychose non traitée ( DUP)
  • Promouvoir la détectionprécoce
  • Action au début de la phase prodromique
  • Mise en place d’échelles diagnostics et améliorer la comprhésion de la maladie
  • Optimaliser la prise en charge dans la phase aigue et dans le suivi
  • Améliorer le taux de rémission et la prévention des rechutes
slide42

Des preuves émergentes mais non concluantes sur l’aide à apporter aux personnes avec des symptômes prodromiques.

  • Les services d’intervention précoces peuvent être utiles, mais d’autres études doivent être réalisées dans le domaine. La question qui se pose c’est dans le maintien du gain. La thérapie familiale et par le travail peuvent avoir un certain succès.

Marshall et Rathbone :

Earlyintervention for psychosis. Schiz Bull, vol 37, 6, 1111-1114, 2011.

groupe de travail sur la d tection pr coce des psychoses
Groupe de travail sur la détection précoce des psychoses

L’Université de Liège:

- Service de Psychiatrie: Pr M. Ansseau

Pr W.Pitchot

- Ecole de Santé publique: Pr Ch. Gosset

Dr F. Renard

- Faculté de Psychologie: Mr F. Laroi

CSMU Liège: Pr A. Malchair

CSM St Vith: Dr A.F. Bours

Réflexions: Mr N. Dauby

Isosl: Dr M.A. Domken

Psypluriel: Dr H.Mourad

Psychologue chercheur: Mlle M.A. Maertens

evolution actuelle recherche valuation du bien tre des adolescents
Evolution actuelle:Recherche/évaluation du bien-être des adolescents

Introduction

Ce projet est né d’un double constat.

D’une part, au niveau préventif, peu de place est accordée en Belgique à la santé psychologique des adolescents qui ne manifestent pas leur souffrance.

D’autre part, au niveau de la santé mentale, beaucoup de jeunes ne demandent de l’aide que lorsque leur mal-être entrave leur fonctionnement.

Dans le cas de la dépression comme dans le cas de la psychose, beaucoup d’adolescents en souffrance et leur famille évitent activement la reconnaissance de signes précoces. Certains signes peuvent en effet se manifester par des changements au niveau relationnel, somatique, cognitif, émotionnel.

Observer ces signes, permettrait d’identifier des jeunes en souffrance silencieuse, de les accompagner afin de prévenir le développement de la pathologie et d’améliorer leur qualité de vie à long terme.

slide45

Processus

Notre projet se construit dans cet objectif dedétection prévenante par une évaluation du bien-être psychologique.

Ce processus d’évaluation se poursuit en plusieurs étapes intégrant l’entourage du jeune : famille, PMS, médecin scolaire, médecin traitant.

Nous nous occupons actuellement d’une étape préalable à cette évaluation qui consiste en la création d’un outil destiné à la population adolescente en générale. Nous détaillerons cette étape ultérieurement.

Une fois notre questionnaire créé et évalué, nous nous concentrerons sur les aspects éthiques de cette évaluation.

Nous aborderons ensuite le pré-screening. Le questionnaire sera proposé aux élèves dans le cadre des bilans de santé organisés en 2e et 4e secondaire.

En concertation avec les médecins et le PMS, une évaluation plus approfondie sera ensuite proposée aux jeunes présentant des indicateurs de risque ainsi qu’à leur famille.

A l’issue de ce bilan, un suivi par le médecin traitant, le PMS ou une prise en charge plus spécialisée pourra être proposé à la famille et au jeune.

Une réévaluation de ces jeunes deux ans plus tard permettrait d’évaluer la qualité du processus d’évaluation.

slide46

L’accord des parents sera sollicité tout au long du processus. Le cas échéant, il leur sera possible de quitter le projet à tout moment.

slide47

Outils

La première étape, qui nous occupe actuellement, consiste donc en la création et l’évaluation d’un outil qui permettra d’identifier d’éventuels signes précoces auprès d’adolescents.

Deux tests existants ont été choisis pour construire ce questionnaire :

Le VSP-A(Vécu et Santé Perçue par l’adolescent) permet d’évaluer la qualité de vie d’adolescents sains et malades afin de prévenir une altération de la santé.

Le CAPE (CommunityAssessment of PsychicExperience), utilisé en population clinique et générale, mesure les symptômes positifs et négatifs de la psychose ainsi que des signes de dépression.

slide48

Suite à l’analyse de plusieurs recherches, 12 items du VSP-A et 28 du CAPE ont été sélectionnées. Une question de santé perçue issue de l’enquête Européenne HBSC (HealthBehaviour in School-agedChildren) a été ajoutée en introduction.

C’est dans le cadre du pré-test de ce nouvel outil que nous faisons appel à vous. Cette étape ne se construit pas autour d’un objectif de détection précoce mais uniquement dans un but d’évaluation de la validité et de l’accessibilitéde notre outil.

Pour ce pré-test, nous souhaitons proposer ce questionnaire anonymement à une centaine de jeunes en population générale, par l’intermédiaire de la visite médicale, et une trentaine en santé mentale.

Des analyses statistiques ainsi que les commentaires des jeunes - quelques questions seront proposées par écrit – permettront notamment d’ajuster cet outil.

slide50

Questionnaire

Items issu de l’enquête HBSC – Santé Perçue

En général, que penses-tu de ta santé ? 

 Très bonne

 Assez bonne

 Pas très bonne

Items issus du VSP-A – Qualité de vie

Durant les 4 dernières semaines:

As-tu été angoissé(e) ?  Jamais  Rarement  Parfois  Souvent  Toujours

As-tu eu le moral ?

As-tu été content(e), satisfait(e) de ta vie ?

As-tu pu tu confier à tes copains, tes copines ?

As-tu pu t’exprimer, communiquer avec les autres ?

Tes parents ont-ils été disponibles pour t’écouter ?

As-tu eu l’impression que tes parents comprenaient tes soucis, tes problèmes ?

Es-tu allé(e) chez tes copains, tes copines ?

Es-tu sorti(e) en ville (acheter des habits, des CD, manger au fast-food, ...) ?

Es-tu allé(e) jouer dehors avec tes copains, tes copines (vélo, foot, roller...) ?

As-tu été satisfait(e) de ton travail scolaire ?

As-tu eu des difficultés à travailler au collège, à l’école ?

slide51

Items issus du CAPE – Symptômes de psychose et de dépression

T’es-tu déjà senti(e) triste ?

 Jamais

 Parfois

 Souvent

 Presque tout le temps

Cela m’angoisse

 Pas du tout

 Un peu

 Assez

  • Beaucoup

As-tu déjà eu l’impression que des gens semblaient insinuer des choses à ton sujet ou tenaient des propos avec un double sens ?

As-tu déjà eu l’impression que l’on disait à la TV ou que l’on écrivait dans les journaux des choses spécialement pour toi ?

As-tu déjà eu l’impression que certaines personnes n’étaient pas ce qu’elles semblaient être ?

As-tu déjà eu l’impression que l’on cherchait volontairement à te nuire ?

slide52

As-tu déjà eu le sentiment de ne pas ressentir d’émotion ou très peu d’émotion lors d’événements importants ?

As-tu déjà eu le sentiment d’être pessimiste à propos de tout ?

As-tu déjà eu l’impression qu’il y avait un complot dirigé contre toi ?

As-tu déjà eu l’impression que tu étais quelqu’un de très important ou que tu étais destiné(e) à devenir quelqu’un de très important ?

As-tu déjà eu l’impression qu’il n’y avait pas d’avenir pour toi ?

As-tu déjà eu l’impression que tu étais quelqu’un de spécial, hors du commun ?

As-tu déjà eu l’impression de n’avoir plus envie de vivre ?

As-tu déjà eu l’impression que des appareils électriques, comme des ordinateurs, pouvaient influencer à distance tes pensées ?

As-tu déjà eu le sentiment que tu manquais de motivation pour faire les choses ?

As-tu déjà eu le sentiment que tu manquais d’énergie ?

slide53

As-tu déjà eu l’impression que l’on cherchait volontairement à te nuire ?

As-tu déjà eu l’impression que les gens te regardaient bizarrement à cause de ton apparence ?

As-tu déjà eu l’impression que tes pensées étaient enlevées ou extraites de ta tête ?

As-tu déjà eu l’impression d’avoir dans ta tête des pensées que tu ne reconnaissais pas comme les tiennes ?

As-tu déjà eu l’impression que tes sentiments manquaient d’intensité ?

Est-ce que tes pensées ont déjà été si intenses que tu as craint que d’autres personnes puissent les entendre ?

As-tu déjà eu l’impression d’entendre tes pensées répétées comme par un écho ?

As-tu déjà eu l’impression d’être sous le contrôle d’une force ou d’un pouvoir extérieur à toi-même ?

slide54

As-tu déjà entendu une ou plusieurs voix alors que tu étais tout(e) seul(e) ?

As-tu déjà entendu les voix de personnes qui discutaient entre elles alors que tu étais tout(e) seul(e) ?

T’es tu déjà senti(e) coupable ?

As-tu déjà eu un sentiment d’échec ?

T’es-tu déjà senti(e) sous tension ?

As-tu déjà eu l’impression qu’un sosie avait pris la place d’un membre de la famille, d’un(e) ami(e) ou d’une personne de ta connaissance ?

As-tu rencontré des difficultés pour remplir ce questionnaire ?

As-tu trouvé certaines questions plus difficiles à comprendre ?

As-tu des commentaires et des suggestions concernant ce questionnaire ?

slide55

Après cette longue réflexion très spécifiquement psychiatrique, aves ses aspects sémiologiques, épidémiologiques, et les recherches qui en découlent,

changeons de point de vue, et abordons le vécu proprement dit de l’adolescent, dans sa souffrance, consciente et inconsciente, c-a-d dans une approche psychodynamique;

ces deux perspectives ne sont pas du tout incompatibles, mais complémentaires, chacune dans leur logique propre.

slide56

Nous sommes confrontés à un problème théorique et clinique crucial:

  • y a-t-il un « terrain » sous-jacent où les aléas de la vie vont agir comme « fertilisateur »?
  • la notion d’épigenèse?
  • pouvons-nous comprendre, détecter, des signes à bas bruit, des « pré »-perceptions chez certains jeunes,
  • alors que rien ne dit qu’ils décompenseraient un jour…..?
slide58

Le contexte psychologique

Il est essentiel de réaffirmer le lien de l’adolescence et du pubertaire:

« L’adolescent est un enfant dans un corps d’adulte »

L’adolescence est l’intégration d’un corps sexué, d’une histoire personnelle, de la séparation d’avec les parents et les figures d’attachement infantile, et de l’investissement du monde environnant.

modification brutale du corps un rythme plus rapide que l volution psychique
Modification brutale du corps à un rythme plus rapide que l’évolution psychique:
  • poussée hormonale intense
  • développement des caractères sexuels secondaires
  • changement brusque du schéma corporel
  • modification radicale du regard d’autrui.
cons quences sur l quilibre libidinal
Conséquences sur l’équilibre libidinal:
  • acquisition du potentiel de réalisation pulsionnelle
  • angoisses consécutives à la dangerosité d’une telle réalisation,
  • repli narcissique pour s’en protéger,
  • mais alors, développement d’une angoisse sur soi- même, sur sa personne propre.

Risque de psychose !

pourquoi
POURQUOI ?
  • La fragilité du Moi entraîne une angoisse majeure sur la cohérence de la personne propre.
  • Le pire est que le danger vient de l’intérieur, de cette poussée pulsionnelle incontrôlable.
  • Le Moi court dès lors le risque de destruction interne, c’est l’angoisse de morcellement.
slide62

Jusque là, on a affaire à ce que l’on peut considérer comme des signes de risque de décompensation, l’adolescent se battant contre la bascule interne vers une « schizophrénie simple ».

slide63

Mais ensuite?

    • On connaît bien la fragilité persécutive de tout adolescent, même le plus normal.
    • Il s’agit d’un mécanisme défensif efficace contre ce vécu de fragilité interne inacceptable.
    • « Le danger ne vient pas de moi, il vient de l’autre, du dehors, et je dois m’en protéger à tout prix. »
    • Normalement, l’adolescent garde une certaine souplesse adaptative dans ce mécanisme.
slide64

L’adolescent en risque de psychose perd cette souplesse.

  • Au sens strict, les enveloppes, psychique, mais aussi physique, sensorielle notamment, sont perméables.
  • Le « contenu », hormonal et pulsionnel, est hors contrôle, mais aussi le « contenant » : pour preuve, les caractères sexuels secondaires qui émergent, et le regard des autres qui intruse!
slide65

Les mécanismes projectifs n’ont plus qu’à se déployer: la paranoïa est sous-jacente.

  • Comme la pulsionnalité adolescente n’est pas que sexualisée, mais aussi agressive, la bascule vers la violence est toute proche.
  • Celle dirigée vers l’extérieur, mais aussi et surtout, celle, supposée, des autres sur soi.
slide66

Cependant, dans le contexte encore peu organisé, voire anarchique de ce vécu adolescentaire, il ne s’agit pas de paranoïa au sens classique, mais d’un vécu paranoïde, encore mouvant, et plus ou moins inconsistant.

  • Nous passons là aux prémisses d’une évolution « schizoparanoïde ».
slide67

Quelques citations de la littérature…

«Je est un autre» (Rimbaud).

«Je est des autres» (Lautréamont).

«Je ne suis pas seul dans ma peau» (Michaux).