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Le design moderne et l’invention du postmoderne La banlieue et ses objets. Markham, Ontario. Guy Lanoue, Université de Montréal, 2010-2014.

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le design moderne et l invention du postmoderne la banlieue et ses objets

Le design moderneet l’invention du postmoderneLa banlieue et ses objets

Markham, Ontario

Guy Lanoue, Université de Montréal, 2010-2014

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Les banlieues ne sont pas une invention américaine – le mot est utilisé depuis le Moyen âge pour décrire un lieu où s’appliquait un ban, une loi, surtout s’il s’agissait d’une prohibition. Son utilisation pour indiquer la périphérie d’une ville émerge plus tard, avec l’industrialisation et donc avec l’afflux de néo-prolétaires arrivés de la campagne; ils s’installent dans les faubourgs* et dans les quartiers « populaires » près des usines. Concurremment, une nouvelle classe moyenne commence à éviter la ville en créant des banlieues plus huppées et situées en dehors de la zone des faubourgs.

* À différence des banlieues contemporaines, ces derniers ont un caractère urbain, car ils sont généralement à la périphérie de la ville; ils n’ont pas de confins précisément indiqués par des zones vertes, comme les suburbs nord-américains. Ils vont rapidement devenir une partie intégrale de la ville, comme l’est aujourd’hui Montmartre à Paris (à gauche). Originellement situés en dehors des murs de la ville, ces quartiers sont populaires auprès des migrants arrivés de la campagne, car on ne payait pas de taxes à la municipalité.

http://tomsguidetoparis.com/TGTPImages/FaubourgMontmartre.jpg

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En 1944, le Président Roosevelt approuve la loi «Servicemen's Readjustment Act of 1944», connue dans le discours populaire avec le nom de «GI Bill». Elle était en vigueur jusqu’à juillet 1956. En huit ans, 7,8 millions d’anciens combattants (dont 2,2m qui ont fréquenté des universités ou des collèges) ont bénéficié de programmes éducatifs subventionnés par le gouvernement, et 2,4 millions ont obtenu des hypothèques garanties par le Département des affaires de vétérans («VA», Veterans Administration). Cela signifie qu’au moins 16 millions hommes et femmes entre 20 et 25 ans ont directement été touchés par ce programme, qui les a permis de faire un saut de classesignificatif. En 1945, la population des

États-Unis est approximativement 145 millions. C’est une révolution sociale jamais vue dans l’histoire de l’humanité.

http://www.historycooperative.org/journals/jah/92.3/images/loss_fig06b.jpg

Timbre postal de 1994 pour commémorer le GI Bill.

http://www.tqnyc.org/2005/NYC051918//GIBillStamp.jpg

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Vers la fin des années 1940, la banlieue américaine devient une zone de révolution: tandis que les parents manifestent leur rejet du conformisme en consommant de marchandises industrielles (lançant ainsi une nouvelle esthétique), dix ans plus tard leurs enfants se préparent à quitter la banlieue pour aller « on the road », comme les protagonistes (Sal Paradise et Dean Moriarty) du roman homonyme de Jack Kerouac, 1957. En Europe, la crise post-Guerre est plus tendue. Il n’y a pas de nouvelles banlieues dans le style américain (la périphérie urbaine consiste en villages absorbés par l’expansion de la ville) pour canaliser le mépris du statuquo et d’agir de contexte du désir de nouvelles formes de socialité. Le rejet du passé et l’innovation assument de formes différentes. Une citation attribuée à Pete Townshend musicien-clé des années 1960 (The Who) parle de son collègue Roger Daltry (de son autobiographie, dont la publication est prévue pour 2012; http://www.lyricsfreak.com/r/roger+daltrey/biography.html, 25-10-2011): "Until he was expelled, Roger [Daltrey] had been a good pupil. Then he heard Elvis and transmogrified into a Teddy Boy [les adolescents anglais qui s’inspiraient de l’habilement en style édouardien; Edward = « Teddy »] with an electric guitar and a dress-sneer. Was it simply rock ‘n’ roll? It was obvious to a young man as intelligent as Roger that there was no future in conforming any more."

L’absence de banlieues en Grande-Bretagne pourrait expliquer pourquoi la scène musicale urbaine au début des années 1960 était plus mouvementée de celle des É.-U.: moins d’argent et pas de banlieue = consumérisme limité. L’énergie créative et les frustrations des Baby Boomers anglais se dirigent ailleurs. À droite, The Who, c.1967.

http://www.pastemagazine.com/blogs/lists/2011/04/29/the_who.jpg

http://assets.flavorwire.com/wp-content/uploads/2011/05/OnTheRoadSignetCover.jpg

blitzkreig banlieue
Blitzkreig banlieue!

Graffiti dans une chapelle de village en Europe de l’Est, 2007. La référence est à la chanson du même nom du group Green Day, 2004 (cliquez).

Trois phases dans le développement de la culture du suburb:

Définir la communauté de référence

  • … par la consommation des objets (1950-1965)
  • … avec l’expérimentation de nouveaux rapports sociaux (1965-1980)
  • … par la consommation des images et des représentations (1985-à présent)

http://www.cdnevangelist.com/wp-content/uploads/2009/02/blitzkrieg-wallpaper.jpg

Les banlieues deviennent saturées de marchandises; vers les années 1960, « consommer » ne se réfère plus nécessairement à des objets. À différence de la marchandise, les produits culturels permettent un recyclage quasi infini: on consomme des variations sur un thème (p.e., musique – règles expérimentées dans les années 1950-1960; l’ironie, qui s’établit comme genre dans les années 1970). En fait, dans un monde polycentrique et polysémique, le recyclage confère un grand pouvoir au consommateur, car c'est lui, en consommant, qui peut rebaptiser les produits, les individualiser, même, dans un sens, les créer, à différence du consommateur traditionnel, qui ne fait qu'acheter le produit avec la signification déjà travaillée par la logique du marché.

Le biopouvoir devient technopouvoir (où les personnes définissent leur pouvoir individuel dans la manipulation de technologies individuelles qui permettent la consommation de produits culturels – I-Pod, ordis, etc.); plus précisément, le sémiopouvoir.

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Levittown, considérée la première banlieue américaine (Nassau County, New York)Une communauté planifiée (1947-51), avec de petites maisons qui donnent l’impression de grandeur et surtout de richesse, mais qui ciblent la nouvelle classe moyenne émergente.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/67/Welcome_to_Levittown_sign.jpg/800px-Welcome_to_Levittown_sign.jpg

Ces maisons étaient partiellement préfabriquées, et utilisaient des techniques de construction perfectionnés sur les chaines de montage de l’industrie automobile. Les dimensions des unités «larges» étaient 9.8 m par 7.6 m, donc assez petites par les standards d’aujourd’hui, mais ces maisons étaient abordables: 5 à 8,000$ (45k à 70k aujourd’hui).

john updike les chroniques de la banlieue
John Updike, les chroniques de la banlieue

Aucun autre auteur n’a trouvé la clef pour comprendre le phénomène banlieue américain. L’écrivain (1932-2009) a décrit la banlieue américaine à travers les vicissitudes de son caractère Harry «Rabbit » Angstrom: Run Rabbit (Coeur de lièvre), Rabbit Redux (Rabbit rattrapé), Rabbit is Rich (Rabbit est riche) and Rabbit at Rest (Rabbit en Paix). Il est déçu par sa vie stérile dans la banlieue, mais le trait le plus saillant est que ni lui ni

les autres protagonistes semblent posséder les outils culturels ou intellectuels pour comprendre leur condition aliénée.

http://www.boston.com/ae/specials/culturedesk/2010/04/06/john-updike-rabbit-2.jpg

http://www.blackheartmagazine.com/blog/wp-content/uploads/2008/12/johnupdike.jpg

http://blogs.iwu.edu/johnupdikes

ociety/wp-content/uploads/2010/06/rabbit-run.jpg

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Les banlieues sont partout: en 2000, plus ou moins la moitié des Américains vivent ou ont grandi dans une banlieue. Connues pour leur qualité homogène sur le plan démographique, économique et racial, elles sont aujourd’hui très mouvementées: « While suburbs as a whole grew between 1990 and 2000, population growth across individual suburbs was highly uneven. The 2,586 suburbs attached to the 35 largest metropolitan areas gew on average by 14%. However, while 63% of all the suburbs grew, 37% actually lost population or stayed the same » (http://www.youtube.com/watch?v=zi4V6PsJl9I). Elles se transforment en Edge Cities, où les personnes ont davantage tendance à non seulement y habiter, mais y travailler.

http://www.pbase.com/stlouis_314/image/78616978.jpg

Un edge city (Clayton, population 16,000) en dehors de Saint Louis, Missouri, en plein milieu d’une banlieue. Ses industries attirent des travailleurs d’autres banlieues; le centre métropolitain est complètement contourné.

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Levittown, une autre perspectiveOn voit trois traits qui vont devenir définitoires pour la banlieue américaine: les rues sinueuses, la standardisation économique des espaces (chaque banlieue est plus ou moins homogène sur le plan sociodémographique), et, enfin, l’isolement du quartier résidentiel, qui oblige les personnes à faire la navette.

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Les Américains avaient perfectionné la construction de villes instantanées pendant la IIe Guerre mondiale, lors qu’ils ont lancé de projets secrets tels que le Manhattan Project (la fabrication de la première bombe atomique); ici, Happy Valley, Oak Ridge, Tennessee. Ces villes devaient héberger des ouvriers, des professionnels et leurs familles. Ces communautés

http://oakridgevisitor.com/pdf/LostCity.pdf

(incluant Los Alamos, Nouveau Mexique) devaient donc forcément tenir compte des prétentions des résidents, dont la plupart étaient instruits et émergeait de la classe moyenne. Il y avait des écoles et de centres culturels.

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Los Alamos, 1945. En dépit de l’apparence rustique, notez les quelques touches «banlieusardes», telles que la clôture à piquet, qui indiquent une tentative d’embellir cette ville instantanée.

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À Celebration, communauté planifiée par la Disney Corporation et construite dans les années 1990s, située près de centre d’amusement Disney World à Orlando à la Floride (pop. 2010: 11,000, approximativement), les réverbères de la rue principale soufflent dans l’air de feuilles artificielles de papier, pour simuler l’automne «typique» du Nord-est américain, où les arbres perdent leurs feuilles. En hiver, ils relâchent de la mousse de savon pour simuler la neige. La musique de Noël émerge de hautparleurs placés dans le trottoir. La communauté à un «Festival de la tarte», un Festival de l’automobile, de concerts, une célébration Oktoberfest, un concours de beauté pour les chiens, et, bien sûr, de feux d’artifice pour le 4 juillet.

C’est une banlieue parfaite, le simulacre de la banlieue mythifiée sujet des séries télévisées dans années 1950s, la banlieue comme lieu de révolution esthétique transformée en banlieue homogénéisée et conforme à un modèle

http://brokensidewalk.com/wp-content/uploads/2009/11/022306-CelebrationFL01_crop.jpg

académique et populaire de l’époque, qui prétend que la banlieue soit un refuge des vicissitudes de la grande ville. Typiquement, cette vision corrigée de l’histoire ne fait aucune référence à la vraie raison pour le développement de la banlieue, comme site de la plus grande expérience sociale dans l’histoire de l’humanité, qui a permis a de dizaines de millions de personnes de changer leur statut de classe sans une révolution politique.

http://www.puddleofred.com/blog/wp-content/uploads/2010/03/celebfl.jpg

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Plans urbains des banlieues et des villesNotez la tendance nord-américaine d’imposer une vision urbaine qui ignore la base topographique naturelle et même historique; les banlieues vont contre ce courant.

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Banlieue; notez les culs de sac et les rues sinueusesDes métaphores parfaites pour les Desperate Housewives de Wisteria Lane?Probablement, on veut rejeter les plans rectangulaires typiques des villes nord-américaines; c’est une forme d’exotisme et d’orientalisme topographique censée évoquer l’«ailleurs»

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http://inspirationinformation.co.uk/wp-content/uploads/2008/11/gielen_2.jpghttp://inspirationinformation.co.uk/wp-content/uploads/2008/11/gielen_2.jpg

Cette image et celles qui suivent sont de Christoph Gielen, auteur d’un projet sur l’urbanisme.

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http://www.loudreams.com/wp-content/uploads/2010/07/09_large-600x450.jpghttp://www.loudreams.com/wp-content/uploads/2010/07/09_large-600x450.jpg

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http://twistedsifter.com/wp-content/uploads/2010/07/urban-sprawl-nevada-christoph-gielen.jpghttp://twistedsifter.com/wp-content/uploads/2010/07/urban-sprawl-nevada-christoph-gielen.jpg

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http://s3files.core77.com/blog/images/2010/07/0christophgielen001.jpghttp://s3files.core77.com/blog/images/2010/07/0christophgielen001.jpg

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Une séquence de American Dad, SO1E22, With Friends Like Steve, 7-05-2006. On voit la cour arrière de la résidence Smith dans la banlieue fictive de Langley Falls, en Virginie (la référence est à la CIA, située à Langley, où travaille Stan Smith). La piscine et les chaises établissent que c’est une banlieue.

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La caméra recule (un plan « cosmique » établit par la réalisation Power of Ten, 1968). On voit le quartier de la maison Smith, avec des rues sinueuses et des culs-de-sac typiques de la nouvelle banlieue.

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Dans cette troisième image (dans l’émission, les images se fusionnent par un zoom), on voit la « vraie » organisation spatiale de la banlieue: une composition musicale . On voit que cette organisation non linéaire est tellement bien connue qu’elle est ironisée par les auteurs.

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Maison de banlieue ‘bungalow’; notez la grande fenêtre de salon, le «picture window»Le style bungalow arrive aux États-Unis des ex-colons anglais de l’Inde, car le mot dérive du Bengale, voulant dire une maison de style bengali (un étage avec une grande véranda, un autre style et mot venu de l’Inde; autrement dit, c’est un chalet construit dans les collines pour échapper aux grandes chaleurs; le mot est resté pour dénoter une maison ayant une esthétique informelle selon les canons de l’architecture classique).

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Maison de banlieue rambler («randonneur»)La maison a de grandes extensions au-delà de l’empreinte de sa fondation, donc elle «randonne»; en Californie, souvent appelée une maison «ranch style», qui évoque l’idée des grands espaces d’élevage de l’Ouest (un «ranch»), comme le rambler est aussi le nom d’une marque d’automobile de l’époque

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Maison rétro d’inspiration art décobien que le mouvement art déco avait plutôt inspiré de grandes constructions; ici, on le voit en version miniature

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Comment les constructeurs épargnent-ils de l’argent: en recyclant certains éléments ou motifs, avec des variations mineures au niveau de matériaux de construction et de finition.

meuble traditionnel notez l exploitation des qualit s naturelles du bois
Meuble traditionnel; notez l’exploitation des qualités naturelles du bois

Ce n’est pas un hasard que les détails de ces meubles traditionnels s’inspirent et imitent la nature (en bas, les pattes sculptées sous forme de patte de lion). De plus, il fait transparaitre l’idée du travail artisanal; le sous-texte est un appel à un système de classe, car seulement les élites peuvent se permettre ce genre de meuble.

Ici, c’est le beau grain du placage de bois qui est mis en évidence.

Dans les deux cas, le message est pareil: On met en évidence certains aspects de la nature (le grain, les courbes naturelles, ou des décorations de feuilles dans les poignées, etc.) pour souligner que, dans ce contexte d’un objet projeté et fabriqué par l’agir humain, c’est l’imagination humaine qui domine; l’humain est renforcé par cette « conquête » de la nature.

la structure portante de l objet mise en vidence
La structure portante de l’objet mise en évidence

“Mid-century modernism,” as it is now called, had several characteristics (Greenberg 1984). It opposed ornament, decoration and anything that consisted of post hoc beautification (Meikle 2001, 136). The aesthetic character of the object was to be integral to the object, not something added on. As Lewis Mumford said, in what became a statement of the movement, “[the modernist aesthetic] strips off from the object all the barnacles of association, all the sentimental and pecuniary values […] and focusses attention upon the object itself” (1934, p. 353). In one of the slogans of the movement, “form follows function.” In another, “less is more.”

Grant McCracken, “When Cars Could Fly”

Voir http://cultureby.com/

La structure de l’objet, jadis caché (comme les pattes de chaise ou de divan) par la façade ou par la «décoration», est désormais mise en évidence pour souligner la «nouvelle vérité» de l’époque. En exposant ce qui était caché, la modernité prétend rompre avec le passé «hypocrite», où les rituels institutionnalisés de politesse «graissaient» la machine de la hiérarchie. La «tradition» commence à acquérir une mauvaise connotation, que les mouvements de rébellion des années 1960s doivent épurer.

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Salon rétro (ou «moderne»)Notez les éléments qui vont définir le standard: divans «modernes», tables d’appoint (de «café»), cadres «exotiques»

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Divan et table basse («coffee table») en vitre et en noyerStyle moderne (en anglais, on utilisait le même mot, avec le «e» final);notez qu’on expose la structure portante du divan, les bibelots partout, le tapis «vivace», la table dont l’esthétique ne doit rien aux styles antérieurs.

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Salon typique en style moderneÀ part des éléments du design contemporain, notez également le pupitre dans le salon, qui se joigne aux meubles de rangement (une autre innovation de l’époque: exposer ces meubles): les pièces deviennent multifonctionnelles.

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Salon contemporain s’inspirant du style moderne. On voit de l’art moderne, inclus un portrait exotique d’origine japonaise (une reproduction de La Grande Vague de Kanagawa, début 19e siècle, par l’artiste Hokusai), ainsi que le miroir en style «sunburst» («éclat de soleil», un motif souvent utilisé pour les horloges et les miroirs), une autre icône du design de l’époque, et la table «scandinave».

cuisine 1950s
Cuisine, 1950s

L’espace de rangement est une nouveauté de la banlieue, puisque les personnes ne fréquentent plus les marchés chaque jour; elles vont, typiquement, une fois par semaine pour faire «la grosse commande», en contraste avec la vie urbaine ou européenne, menée dans des quartiers avec des marchés

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Cuisine, 1950sNotez aussi la tentative d’être fidèle à un style esthétique; la cuisine n’est plus un lieu utilitaire, mais ses éléments doivent s’harmoniser. Souvent, ces cuisines sont inspirées et promues par des sociétés d’électricité, qui voient dans les éléctrodoméstiques une opportunité d’augmenter la consommation.

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Cuisine, 1950sCouleurs fortes, grande fenêtre, outils et petits électroménagers semi-exposés (c’est l’équivalent d’exposer les structures portantes des meubles de salon)

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Cuisine 1950s
  • Notez le «breakfast island» ou «breakfast nook», un espace réduit pour les repas, car il est conçu que la famille n’a plus le temps de manger ensemble; ce n’est peut-être pas vrai, mais l’activité frénétique de chaque composant de la famille est un signe puissant du poids accordé à l’agir dans la construction du Moi
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Cuisine idéalisée, 1950s

Notez le «picture window», style qui n’a pas été adopté pour toutes les cuisines, mais qui est cohérent avec les nouveaux salons; cependant, la cuisine comme espace habitable pour la famille (et non-lieu caché et «secret» uniquement conçu pour la préparation du repas) est effectivement soulignée. La madame est maigre et a une coiffure «moderne»

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Cuisine, 1950s: la réalitéToujours l’espace de rangement, l’intégration esthétique, espace pour le repas familial, l’utilisation de matériaux nouveaux (plastique, mélamine, acier chromé) et les couleurs fortes de l’époque

cuisine id alis e 1950s40
Cuisine idéalisée, 1950s

Ici, on voit clairement l’utilisation de couleurs «fortes» et non naturelles, qui va devenir un style typique de l’époque; ironiquement, la révolution de mœurs représentée par la nouvelle esthétique qui transforme la cuisine en pièce habitable, mais toujours sous le contrôle des femmes (selon les canons de la culture patriarcale), finira par féminiser la culture de la banlieue (voir plus bas sur les styles masculins de l’époque). C’est une source puissante du pouvoir des femmes qui se manifestera plus explicitement quelques décennies plus tard.

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Cuisine, 1950sLa nouvelle cuisine est efficace et adaptée aux rythmes de vie moderne (on surgèle les aliments; on a beaucoup de glaçons prêts pour les cocktails, une invention américaine)

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Cuisinier et dépense, 1950sNotez les couleurs révolutionnaires, et les formes arrondies «féminines» (nous sommes toujours dans la cuisine, domaine des femmes pendant que les hommes sortent pour affronter la jungle, métaphore populaire de l’époque)

Frigo, fines années 40s et début 50sNotez les couleurs pastels, supplantées par le chrome ou le blanc neutre,et qui reviendront dans les années 1980

Armoire et penderie

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Le «jadite» et le «Fine Corinthian Leather»

Expérimentation avec de nouveaux matériaux (le plastique), mais surtout de nouveaux noms, tels que le «Fine Corinthian Leather» censé recouvrir les bancs des automobiles Chrysler (un tel cuir n’existe pas; il est entièrement le fruit des fantasmes des agents de publicité de l’époque). Ici, il s’agit de bols de «jadite», variation de la jadéite. C’est du recyclage et un exemple du nouveau sémiopouvoir de la classe moyenne.

Le porte-parole de Chrysler Ricardo Montalaban avant et après le contact avec le Fine Corinthian Leather de son Cordoba.

http://www.youtube.com/watch?v=wRnSnfiUI54

http://farm4.static.flickr.com/3442/3205192976_08a4facf6c.jpg?v=0

projeter le nouveau soi sur les objets le projet chrome
Projeter le nouveau Soi sur les objets: le projet chrome

Connu depuis des millénaires, le chrome devient plus rependu dans les années 1920, quand un nouveau processus de galvanoplaquage (chromage) est mis au point. Le grille-pain électrique, quant à lui, émerge au début du 20e siècle, mais il n’a pas les formes modernes des années 1950 (voir le site, sans blague, Musée du Grille-Pain [http://www.toaster.org/museum.html].

Grille-pain, 1909

Le chrome est utilisé ici et là depuis le début du siècle, mais, selon les publicités du Toaster Museum, le chrome commence à dominer ces appareils seulement après la guerre, l’époque de la grande ouverture de la société américaine liée à l’explosion de la banlieue. Il est intéressant que les modèles et le design des grille-pains n’évoluent pas; ce qui change est l’adoption de la finition miroir qui est possible grâce à l’utilisation du chrome.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/e/ef/D12cord.jpg/800px-D12cord.jpg

Cet exemplaire chromé a été fabriqué dans les années 1940, mais ce modèle (appelé «Flopper») existe depuis le début du siècle.

Introduit en 1947, ce modèle est resté inchangé jusqu’aux années 1960. Notez la réflexion utilisée dans la pub.

http://www.toaster.org/images/toasters/eaton_202e.jpg

http://www.toaster.org/images/vintads/tmaster_1b14ad.jpg

miroir miroir 1950s
Miroir, miroir, 1950s

Notez les formes arrondies et la finition chromée, qui vont devenir la signature des petits électroménagers de l’époque. Les formes arrondies évoquent les voitures «aérodynamiques» de l’époque, et le chrome fonctionne de miroir pour dédoubler la puissance sémiotique des objets comme marqueur de l’identité en les liant directement à l’utilisateur: ils portent son image. De plus, les formes arrondies donnent l’impression que l’objet est ontologiquement étanche, impénétrable, massif; bref, qu’il est une entité autonome, et donc l’image miroir projetée sur sa finition miroir devient doublement puissante, car elle a symboliquement pénétré le blindage symbolique de l’objet représenté par ses courbes. Une projection du Soi qui semble pénétrer ces objets étanches est une métaphore puissante pour le nouveau pouvoir du Soi banlieusard, dont l’individualité et l’indépendance se manifestent surtout par sa capacité de consommer et de maitriser des objets. Projeter son image sur un objet est dédoubler la puissance du Soi et de laisser son empreinte intime sur l’objet, une métaphore parfaite pour la dimension psychique du consumérisme de l’époque. À gauche, publicité de 1948. Notez la technique de réutiliser la publicité de base.

http://farm5.static.flickr.com/4141/4828836455_78960e49c5.jpg

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Dans les années 1980, le chrome est toujours populaire, mais n’est plus la finition dominante. Les couleurs pastels deviennent populaires (comme elles l’étaient dans les années 1950) pour les gros électroménagers (laveuses, sécheuses). Pour les grille-pains, le plastique domine.

http://www.toaster.org/images/toasters/tefal_8446.jpg

La finition en inox émerge dans les années 1980s, et, dans l’évolution du style, est intermédiaire entre le chrome et la finition écorchée ou anodisée.

Dans les années 1980, émerge la finition écorchée (essentiellement, du métal sablé ou brossé), qui retient le lustre du métal, mais sans la finition miroir.

http://www.apartmenttherapy.com/uimages/la/atla042208cleansteel_kitchen.jpg

Il est intéressant que ces nouvelles finitions plus opaques (et des formesmoins arrondies) deviennent populaires au moment où le régime postmoderne commence à émerger en pleine force, et que la révolution banlieue est épuisée, méprise, et fortement critiquée comme rétrograde et psychiquement stérile. Commence le mouvement écologiste et les tendances cosmopolites de la classe moyenne, qui émergent à la suite d’une critique soutenue du consumérisme. L’individu ne doit plus proclamer son identité par la simple consommation de marchandises (même s’il continue à consommer), et donc il favorise (inconsciemment?) des marchandises non reluisantes dont la finition symboliquement cache sa maitrise de l’univers des objets.

http://i9.photobucket.com/albums/a100/the_gnu/Dsc09885s.jpg

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Grille-pain, chrome massifNotez les commandes exagérées, qui évoquent la qualité d’avant-garde du laboratoire

Le cadeau devenu polyvalent et omniprésent,

Ensemble pour la fondueLa banlieue devient cosmopolite, car cet appareil est pour la fondue suisse; la finition de ce produit des années 1960s n’est plus en chrome. Les personnes commencent à se distancer de l’objet comme marqueur de l’identité.

http://30.media.tumblr.com/tumblr_l11dukE3QL1qzhp9so1_500.jpg

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Chaise et tabouretNotez la glorification de matériaux «modernes» non traditionnels; on ne tente aucunement de cacher l’utilisation du plastique et du métal comme substituts pour le cuir et le bois, et on met en évidence la structure portante de l’objet

Tambourin Le matériel semble traditionnel, mais c’est du bambou, très exotique pour l’époque, et le tambourin évoque la culture du bar de sous-sol

Table-tambourin: ces designs hybrides de l’époque sont à l’avant-garde, car en principe ils sont autant polyvalents que les pièces qu’ils adornent

le design scandinave
Le design «scandinave»

S’inspirant du courant fonctionnel de l’architecture moderne des années 1930, le concept-clé est que les meubles peuvent être beaux et abordables pour la classe moyenne; pour ce faire, il fallait adopter des matériaux nouveaux, tels que le plastique, la fibre de verre, l’aluminium et l’acier pressé; c’est souvent vu comme une forme de démocratisation de l’esthétique. À différence des design inspirés de l’Art déco (dont les formes ressemblent au moderne), ces exemplaires sont économiques et alimentent la révolution banlieue. Il y a aussi le cachet d’être un design «exotique», car ces meubles sont censés s’inspirer d’un sens esthétique «scandinave». À gauche, chaise « tulipe » de Eero Saarinen, 1956.

http://www.egodesign.ca/_files/articles/blocks/6421__chair_by__eero_saarinen_1956.jpg

chaise en fibre de verre
Chaise en fibre de verre

Le design scandinave devient international st symbole du nouveau cosmopolitisme de la classe moyenne, car leurs matériaux, leurs finitions synthétiques et leurs formes souvent simplifiées incarnent parfaitement le déracinement de la nature et de la société locale. Cet anonymat sémiotique en fait facilite la manipulation psychique de la dimension identitaire de l’objet. Le design scandinave est un des premiers exemples de branding, car cette simplification sémiotique transforme l’objet en tableau vierge sur lequel le consommateur peut plus facilement projeter l’identité qu’il veut. L’objet devient une forme pure, sans contenu: simultanément objet et simulacre de l’objet. Design de Herman Miller, 1957.

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Chaise, c. 1961Notez les styles et les couleurs révolutionnaires du mobilier de salon et du tapis; on cherche vraiment «d’épater le bourgeois»

l horloge
L’horloge

Au 19e siècle, l’horloge a souvent la forme d’une maison, signe de signaler que ce n’étaient pas les horaires inhumains du travail qui dominaient la vie intime de l’époque – c’est la maison symbole de l’intime qui s’approprie du temps.

Le contrôle du temps devient l’engin qui propulse la sensibilité de l’époque moderne. Si le symbole de l’époque industrielle était le rythme incontournable de la chaine de montage, le trait saillant de la banlieue est la navette entre résidence, travail, et loisir-alimentation, et donc ce sont les horaires de déplacement et de transport qui contrôlent les personnes, pas l’inverse. Imposer sur les horloges un design moderne cohérent avec les autres éléments du mobilier est l’équivalent esthétique de l’ironie postmoderne, car c’est une tentative de dompter ce symbole de l’auto-esclavage du banlieusard. Autrement dit, plus on est prisonnier de l’échéance, plus on tente de maitriser les éléments qui symbolisent le temps pour diminuer leur pouvoir symbolique. En même temps, et paradoxalement, la comptabilité est à la base du contrôle individuel de l’imaginaire (le sémiopouvoir), car elle définit les paramètres de la rationalité.

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Horloge Felix the cat, s’inspirant de bandes dessinéesFelix est une des premières icônes de la culture populaire émergée dans les années 1930s

Horloge en bakélite (matériel non traditionnel) qui évoque l’horloge de parquet traditionnel.

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http://www.youtube.com/watch?v=QmTI6aoSXdg

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Horloge moderneLe style moderne veut souvent épater et scandaliser en se heurtant contre les conventions «bourgeoises»

Horloge moderneen style «sunburst» inspiré du mouvement Art-Déco et sa fascination avec les formes géométriques (mais aussi touché par le mouvement Art Nouveau qui incorporait des éléments décoratifs de la nature; évidemment, le soleil comme élément de décoration visuelle est très ancien); incorporer un symbole du cosmos à l’intérieur de la maison communique l’idée de la maitrise symbolique de l’espace, et donc suggère que cette nouvelle culture soit dominante, puissante, indépendante et universelle. L’éclat du soleil suggère le renouvèlement et la puissance.

Les grandes fenêtres rondes des cathédrales gothiques (les rosettes) ne s’inspirent pas du soleil (ni des roses, car cette métaphore était inconnue au moment de leur construction) mais de l’oculus (oeil) romain qui était une adaptation de l’arche dont dépendait leur ingénierie. À l’époque médiévale, ceci devient l’œil de Dieu, qui voit tout. À droite, c’est plutôt l’exploration de l’espace qui rend populaire ce motif.

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Ensemble table et chaises pour cuisine et salle à mangerLe sous-texte de ce design remet en question les conventions de l’ancienne classe moyenne qui cherchaient à imiter la bourgeoisie avec l’adoption de la salle à manger; ici, le mobilier peut être disposé soit dans la cuisine, soit dans la salle à manger.

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Table en vitre et chrome et chaises en fibre de verre, c. 1960Notez que l’accent est sur l’intimité du repas (la vitre fait «disparaitre» la table comme objet), en contraste avec le formalisme bourgeois incarné par le repas du dimanche

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Tables basses («coffee tables»)C’est un exemple d’un nouveau mobilier qui émerge pour satisfaire les nouvelles exigences qui fusionnent l’informel et l’intime; souvent, les meubles modernes sont bas et ne sont pas censés dominer l’espace

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Table basse («coffee table»)La vitre est toujours signe de l’intime et de la pénétration (comme dans les fenêtres-vitrines des maisons de banlieue qui mettent en évidence les possessions), car ne signale pas sa propre présence (comme les finitions-miroir des petits électroménagers de l’époque); elle «disparait» et met l’accent sur la structure portante et non sur la façade, qui traditionnellement est le l’espace décoré; notez «l’innovation» de placer les fleurs en dessus de la table et pas sur la superficie

table de cuisine
Table de cuisine

Notez l’utilisation de matériel résineux qui permet une superficie extrêmement mince (une nouveauté à l’époque), qui souligne l’importance des supports en métal banal. Avec l’expérimentation décorative de l’époque, cette table aurait pu être destinée à la salle à manger pour les familles à taille réduite qui sont une nouveauté à l’époque; c’est seulement sa taille réduite qui suggère sa fonction. Les meubles deviennent polyvalents, comme les pièces des maisons de banlieue.

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Table basse; notez la finition plastifiée, qui élimine toute trace du matériel primaireLa table peut être faite de plastique autant que du bois ou du métal

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Table d’appoint («side table»)Comme les «coffee tables», elles sont des innovations pour l’époque, une place pour appuyer un verre ou de placer un cendrier. C’est signe que cette nouvelle classe moyenne s’intéresse à conserver et donc à s’identifier avec ses possessions (jadis, les invités dans les maisons d’élite ne se font aucun souci de jeter les mégots par terre, ou de salir; il y a des servants, après tout.

«Table de café» (table basse)Notez ici que la table s’ouvre et devient polyvalente, un peu comme les pièces, qui deviennent multifonctionnelles pour mieux répondre aux rythmes de vie mouvementés des membres de la famille.

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Lampe moderne; abat-jour en fibre de verreCe matériau est un «solide-souple», donc «transgressif» pour l’époque; notez les panneaux «exotiques» dont le lieu d’origine n’est pas précisé

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Lampes avec abat-jours insolites Pierre et bois, qui sont des éléments «du bas» (normalement, ils définissent les bases) qui sont placés «en haut», comme matériel d’abat-jour

Lampe moderne

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Abat-jours de «fantaisie»: le nouveau baroque

Celle-ci est une nouvelle catégorie dont la définition a subi une évolution et transformation radicale; originalement, la catégorie «fantaisie» est utilisée pour parler de bijoux faits de matériaux non précieux qui imitent des matériaux traditionnels. En fin de compte, ce design «vulgaire» dépasse les conventions et crée une esthétique nouvelle; c’est l’équivalent contemporain de la révolution baroque, car la «fantaisie» évoque le jeu libre de la perception qui était censée être au cœur de ce mouvement esthétique du 17e siècle, le baroque.

sous sol r tro c 1960 notez le meuble de rangement une innovation pour l poque
Sous-sol rétro, c.1960Notez le meuble de rangement, une innovation pour l’époque

Unité de rangement avec portes-tambources portes sont très populaires à l’époque, car elles «disparaissent», jouant sur l’idée courante de la transgression et de la polyvalence.

tiki bar sous sol de banlieue
Tiki-bar, sous-sol de banlieue

Un autre exemple de l’appropriation de l’exotique, car «tiki» est un mot polynésien (Maori) qui est utilisé pour décrire la matrice de l’homme, un homme primordial; il devient synonyme de l’exotique sexualisé et féminisé, car la Polynésie est surtout connue pour ses belles danseuses sinueuses et séduisantes. Le bar devient synonyme de la culture du sous-sol qui va devenir symbole de transgression; il y a-t-il une session d’échangisme dans les années 1960 qui a lieu ailleurs qu’un sous-sol de banlieue? Malheureusement, la transgression dans ce cas est totalement autoréférentielle, car les mœurs contre lesquelles on se rebelle sont celles de la culture de banlieue, et non les conventions bourgeoises.

une gamme de tiki bars et accessoires pour le sous sol
Une gamme de Tiki-bars et accessoires pour le sous-sol

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Divers tikis-bars vendus sous forme de kit prêt à assembler, avec accessoires; à gauche, un distributeur de tissus tiki

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Accessoires pour le décor tiki

mondo cane mondo tiki
Mondo cane, mondotiki,

CNN) -- The "disgusting" blob that Fred DeNegri's wife says she poured out of his Diet Pepsi can was probably a gutted frog or toad, the Food and Drug Administration said. DeNegri was grilling in his backyard tiki bar in Ormond Beach, Florida, when he popped open a can of Diet Pepsi, took a big gulp and started gagging, his wife, Amy, said.

"It was disgusting," said Amy DeNegri, 55. "And now, what started out as a normal afternoon in our tiki bar has blown up into this crazy thing."

http://edition.cnn.com/2009/US/09/02/frog.pepsi.can/index.html; 3-09-2009

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http://www.the-hotels-in-athens.com/athens-restaurants/royal_thai/pic2.gif

Ormond Beach, lieu et banlieue contaminée

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Objets tiki recyclés sous forme de bock de bièreVoir la présentation sur la nouvelle gouvernance pour mieux comprendre l’importance du concept de recyclage pour la culture populaire

Objets tiki avec poupées «polynésiennes», qui sont des matriochkas russes recyclées

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Il est fort possible que la fascination américaine avec la Polynésie à l’époque soit liée au fait que les États-Unis, dès les années 1950, conduisent ses tests de bombes atomiques dans les iles du Pacifique (l’atoll «Bikini» est l’exemple le plus connu et donne son nom au costume de bain devenu célèbre). La Polynésie (même si les tests atomiques ont lieu dans la Micronésie, à l’est) est donc un lieu exotique, mais lié au pouvoir et à la domination américaine du monde de l’époque.

Le Bikini original

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Le premier bikini, 1946; le début

Même Borat n’est pas capable d’éliminer la fascination occidentale avec les iles du Pacifique

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la f minisation de la banlieue
La féminisation de la banlieue

http://www.clipartguide.com/_named_clipart_images/0511-0809-0313-

L’image stéréotypique de la femme fâchée (armée quasi toujours avec le rouleau de pâtes, symbole de son rôle dans la cuisine) qui attend la rentrée de son mari est iconique pour les années 1960s. L’homme qui se soule avec ses copains menace son pouvoir.

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L’image est si bien établie qu’elle alimente des parodies, ici, tirée du poème renommé de William Blake, même si l’artiste ici s’est trompé (ce n’est pas «immortal symmetry», mais «fearful symmetry»).«What Immortal hand or eye could frame thy fearful symmetry?"

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les st r otypes de la f minisation de la banlieue
Les stéréotypes de la féminisation de la banlieue

Il est bien connu que l’homme de l’époque, en dépit des rhétoriques populaires qui suggèrent que les femmes sont dominées par la culture patriarcale «traditionnelle», n’est pas si libre que l’on prétend.

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Même ce parangon de la masculinité (selon la télévision des années 1960s), M Foghorn Leghorn, est dompté par un rouleau brandi par Mme Priscilla (qui, notons-le, est censée représenter la femme «vieille-fille» désespérément à la recherche d’un mari).

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le pouvoir f minin et la cuisine
Le pouvoir féminin et la cuisine

Enfin, voilà des images qui mettent le point sur le paradoxe: l’homme apparemment «libre» de se déplacer, la femme «prisonnière» de sa cuisine et de ses outils de cuisson, mais qui en réalité domine la maison.

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http://hollywoodrealitycheck.com/wp-content/uploads/mad-wife-late-husband-fc.jpg

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Déjà en 1942 l’auteur et humoriste américain James Thurber avait conçu la maison de banlieue comme féminine. À gauche, l’originale; à droite, dessin inspiré du livre servant à introduire la série télévisée du même nom à la fin des années 1960s.

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http://img76.imageshack.us/img76/1968/myworld6kr.gif

Voir Susan Saegert, « Masculine Cities and Feminine Suburbs: Polarized Ideas, Contradictory Realities », Signs 5(3):96-111, 1980 (http://www.jstor.org/stable/3173809). Telles analyses sont possiblement inspirées par un concept assez répandu à l’époque, celui de «Man de Hunter»(une icône qui s’est concrétisée avec la publication en 1968 d’un livre renommé portant ce titre, sous la direction de Richard Lee et Irwin Devore); la femme serait donc liée à la sphère domestique et l’homme à l’espace du «travail» (une définition de l’espace public qui implicitement renforce l’idée que les tâches domestiques réalisées par les femmes de l’époque ne seraient-ce pas du travail «vrai»). Les formes arrondies des électroménagers de l’époque seraient-elles liées à cette féminisation de la banlieue?

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Cuisine idéalisée, 1950sNotez qu’on évoque avec fierté l’idée d’une révolution sociale, avec le monsieur prêt à assumer un rôle féminin. Ceci rend l’image drôle pour l’époque, car la cuisine est déjà féminine, et le barbecue et les outils (sémiotiquement liés à l’espace extérieur) sont masculins. L’épouse pousse la maman en dehors de la cuisine; dorénavant, on n’aura plus besoin d’elle.

habillement f minin notez que les coupes portent attention aux courbes et aux formes f minines
Habillement fémininNotez que les coupes portent attention aux courbes et aux formes féminines

Habillement féminin, années 1950Notez les tailles minces

habillement f minin
Habillement féminin

Les femmes sont censées rester à la maison; plusieurs femmes travaillent, mais ceci est signe de « pauvreté » dans la nouvelle banlieue symbole du bien-être. Dorénavant, suggère cette image, elles peuvent se consacrer au loisir, car les électroménagers prennent leur place. L’habillement assez formel (à nos yeux) typique de l’époque est signe de la libération de la femme: elle ne porte pas de tablier (à différence de la femme dans la diapo précédente), signe de son rôle domestique traditionnel. Elle s’habille comme pour aller à un cocktail, car elle ne risque pas de se salir avec les électroménagers. Apparemment, dans ce ménage, chaque personne utilise 2 ou 3 serviettes par jour. Combien fois pensez-vous que M. le mari s’est heurté contre cette plante et sa vase délicate en sortant de la douche?

le mod le du monofesse betty grable 1942 l emphase n est pas encore sur la taille mince
Le modèle du monofesse, Betty Grable, 1942; l’emphase n’est pas encore sur la taille mince.

De la revue Time, 11 octobre 1963 : “Americans, for reasons that are obscure, have in recent years kept their eyes chiefly in front, and above the waist. The U.S. female bottom, in fact, has been treated like an embarrassment — flattened, cinched in, and obfuscated into the monobuttock, which appears in nature only in the wasp and other unpleasant creatures.”http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,873118,00.html#ixzz2KPpmwISS

Raisons? Est-ce lié à l’adoption du lait artificiel pour enfant, qui transforme le sein en partie du corps purement sexuel? En 1950, la moitié des bébés américains est nourrie de lait artificiel.

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Habillement fémininNotez la petite taille et surtout la séparation des seins en contraste avec le look «mono fesses» typique de l’époque
mode masculine 1950s d un catalogue de l poque
Mode masculine, 1950s (d’un catalogue de l’époque)

Il y a-t-il un précurseur de la mode Brokeback Mountain dans ces images?

Notez la taille étroite; est-ce que ceci est une manifestation de la féminisation de la culture de la banlieue?

Esquire (revue), 1950

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Les explications pour la taille de guêpe classique (qui est émergée sous sa forme contemporaine dans les 1890s avec la Gibson Girl, image créée par Charles Dana Gibson qui a influencé la mode féminine à la fin du siècle) tournent autour du lien femme-sexe, où la taille extrêmement réduite était censée porter attention aux seins et aux hanches arrondies des femmes afin de sexualiser leur image. Cependant, la mode masculine des années 1940 et 1950 souligne aussi une taille plus petite, ce qui suggère que ce n’est pas pour porter attention à leurs fesses arrondies et à leurs hanches.

Je crois que, dans un monde où la voiture et le voyage « On the Road » incarnent la nouvelle individualité de la banlieue, dans le contexte du discours populaire américain qui invoque l’expansion « horizontale » (p.e., la « conquête » de l’Ouest; l’importance de la « frontière » dans l’idéologie), et dans le contexte du rejet des modèles hiérarchiques rigides, le rapport entre « haut » et « bas » est repensé et réémerge sous autres formes. Peut-être la taille mince est une façon d’expérimenter symboliquement le rapport haut-bas, pour déplacer son signifié de la hiérarchie institutionnalisée.

http://nla.gov.au/nla.pic-an10714209-3-v

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Une vraie « Gibson Girl », la vedette américaine Camille Gifford, 190?.

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On dit que « Sex sells » en ce qui concerne la publicité. Mais, les femmes sont désormais des consommatrices avec un pouvoir d’achat assez impressionnant, et ceci même à l’époque qui nous intéresse. Or, les vedettes féminins de la culture pop ont souvent recours à de petites aides artificielles pour rehausser les seins, autant qu’elles montrent les jambes (une chanteuse pop qui ne danse pas « pour faire spectacle » a rarement autant de succès qu’une plus acrobatique). Serait-ce un exemple de la « courbature » (ce n’est pas exactement de la sexualisation de la femme, dans le sens proposé par les féministes des années 1970) pour met en scène la dimension haut-bas, qui, attachée au corps, devient un moyen pour penser la symbolisation spatiale du pouvoir? De symbole de la gouvernance contemporaine qui induit la complaisance avec la hiérarchisation du pouvoir (voir PPT Gouvernance), les courbes féminines deviennent une invitation métonymique à repenser le rapport « haut - bas », dont les premières traces se voyaient dans les années 1950s dans les tailles minces, dans les courbes des électroménagers et des voitures, et dans la féminisation de la banlieue?

De gauche: the Material Girl, Shy’m, Shakira; ne parlons pas de Lady Gaga, qui semble avoir transformé l’exposition du corps en science.

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http://www.latinshakira.com/wp-content/uploads/2011/04/shakira-stolen-ring.jpg

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Avant les nouilles Ramen, la cuisine était un véritable laboratoire. Les aliments à longue conservation ont été originalement conçus pour les soldats en guerre au 19e siècle, mais à la fin des années 1950s ils deviennent des symboles de la vie « aisée ». Commence l’amour des poudres. En plus du lait artificiel (déjà mentionné), il y a : Nestlé Quik (« Nesquik », poudre pour le lait au chocolat introduit aux E.-U. en 1948; plus tard, disponible avec saveur banane ou fraise), le café en poudre, la purée de patate instantanée (inventée par un Canadien en 1961), de lait instantané (Carnation, etc.), les soupes Lipton (en sachet; aujourd’hui cette marque appartient à Knorr), la crème fouettée instantanée Dream Whip (introduit en 1957 par Kraft Foods; sa compétition Cool Whip est vendue déjà mélangée et surgelée; ni l’un ni l’autre ne contient aucune trace de produit laitier; et ce dernier coute 2 fois plus cher que de la vraie crème fouettée), et trois icônes des années 1950s et 60s, Tang, Jell-0 et Betty Crocker.

http://tangtoday.com/wp-content/uploads/TangJar-Orange.jpg

Tang, un « jus de fruit » (orange) instantané, est introduit en 1959 par la même personne qui plus tard inventera les « Pop Rocks ». Ce produit devient fameux lorsque l’astronaute John Glenn l’amène en espace en 1962; c’est l’époque de la course à l’espace avec l’Union Soviétique, et tout qui est instantané est « moderne ». On est censé ajouter 2 cuillérées de thé à un verre d’eau. Évidemment. Les jeunes commencent à ingérer la poudre (95% sucre) directement, créant une génération qui devient des cobayes pour le Ritalin.

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Vingt ans de progrès

Le Jell-O (comme Tang, une marque de Kraft) est connu non seulement pour les desserts de gélatine, mais les « puddings » à la base de lait (les crèmes pâtissières). Certains exigent de vrais talents culinaires (il faut chauffer le lait), mais la majorité est instantanée. Jell-O devient renommé dès les années 1980 pour ses réclames avec le comédien Bill Cosby, qui est immédiatement le sujet de parodies. Parfois, on combine 2 produits, comme le Jell-O et le Cool Whip pour produire Pudding in a Cloud, une cuillérée de pudding Jell-O, souvent au chocolat, dans une coupe de Cool Whip (la « cloud », nuage). C’est la « nouvelle cuisine » de 1980. Ironiquement, parce que c’est introduit par le porte-parole afro-américain Bill Cosby, Pudding in Cloud est aussi un code (américain) pour un homme Noir dans une voiture blanche.

On commence avec un dessert garni (à gauche, 1960) et, mirabile dictu! on transforme la garniture en dessert et le dessert en garniture: Pudding in a Cloud (1980)!

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Betty Crocker n’est pas une vraie personne. « Betty » est un nom « rassurant », la voisine sympathique, mais pas trop belle qui ne menace pas de voler ton mari: Betty Rubble, femme de Barney et amie de la plus exotique Wilma dans « The Flintstones », les Pierreafeu (1960). « Crocker » était simplement le nom d’un directeur de l’entreprise dans les années 1920 quand elle fut créée. Donc, du simulacre alimentaire au simulacre de l’humain: le mariage parfait. Betty devient une icône culturelle, surtout après la 2e Guerre quand les nouvelles classes moyennes découvrent l’aisance (mais aussi la hâte, quand elles découvrent que la navette de la banlieue prend quelques heures par jour). Elle a sa propre émission télévisée (1949-64) où elle est l’incarnation de la femme parfaitement rangée (interprétée, ironiquement, par une actrice très féministe, Adelaide Hawley Cumming).Au début, Mme Crocker offre surtout de la farine avec la levure chimique et la graisse déjà incorporée (Bisquick), mais elle

est surtout connue pour ses gâteaux instantanés et, dans les années 1960s, pour ses brownies, où les hippies de l’époque découvre qu’ils peuvent incorporer du haschisch, dont l’effet est sans doute rehaussé par le contraste qu’il offre avec l’image « savon, cuisine et église » de Betty. À droite, Betty (Adelaide Cumming) à la télé,

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Le secret de Betty: ils obligent la femme d’ajouter des œufs frais au mélange, créant l’impression qu’elle « cuisine ». Aujourd’hui, la compagnie a de la difficulté énorme à éviter que Betty l’incarnation de la femme au foyer ne devienne pas une « Milf ».

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Le langage du haut et du bas

C’est l’époque où deux expressions rentrent dans le langage populaire: « digging it », qui émerge en 1951 avec On the Road de Jack Kerouac, se réfère à aimer quelque chose, mais surtout à la compréhension. Par contre, « getting high » devient une expression pour dire se saouler, pour fumer de la marijuana; bref, pour perdre le contrôle du soi. Il s’agit d’une inversion populaire de la géographie symbolique du pouvoir: dans la « haute » culture, la rationalité et le jugement sont considérés des processus « hauts », attachés au cerveau et aux valeurs « raffinées », tandis que les émotions primordiales, qui doivent être domptées par cette rationalité, sont métaphoriquement « basses » et attachées aux organes de la partie inférieure du corps. En revanche, la nouvelle spatialité place la raison « en bas » mais les émotions primordiales déchainées par l’intoxication sont « en haut ».

À gauche, gettinghigh in the 50s: les beats Gregory Corso, Allen Ginsberg, William S. Burroughs, qui a accidentellement tué sa femme quand il était high. À droite, Sammy Davis Jr., l’incarnation du hep cat (le hipster de l’époque):canyoudigit, baby?

https://wiki-land.wikispaces.com/file/view/690px-Corso_Ginsberg_Burroughs_inner_circle.jpg

http://cache1.asset-cache.net/xc/3133567.jpg?v=1&c=IWSAsset&k=2&d=45B0EB3381F7834D33340952B882C1D3B02DA8099CAEA7E98311D4CE3AE77CED

http://www.hakes.com/product_images/14/59395/001_big.jpg

le forward look a t d fini par chrysler mais copi par tous les manufacturiers
Le Forward Look a été défini par Chrysler mais copié par tous les manufacturiers

Le Forward Look se définit par l’angle d’attaque aigüe du haut de la partie antérieure de l’automobile. L’idée est d’évoquer l’image de la vitesse.

http://www.aasharks.com/types-of-sharks/mako-shark-picture-01.jpg

Détail

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Oldsmobile, 1951, anté-Forward LookLa voiture ressemble à un grand-père fatigué; notez l’excès de chrome et les formes arrondies qui ne communiquent aucunement l’idée d’une flèche aérodynamique

Notez l’aspect agressif du devant, qui ressemble à la prise d’air d’un avion à réacteur et ses formes moins arrondies et plus aérodynamiques; l’image est celle d’un avion à réaction ou, peut-être, d’un requin

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Lockheed P-38, l’une des inspirations pour le Forward Look inventé par Virgil Exner pour Chrysler et par Harvey Earl pour General Motors. La combinaison de deux propulseurs pour un avion de chasse a permis que le fuselage soit plus aérodynamique, mais plus dangereux, car il pouvait monter plusieurs canons et mitrailleuses

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/62/Lockheed_P-38J_Lightning_-_1.jpg/300px-Lockheed_P-38J_Lightning_-_1.jpg

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Le P-38Notez les radiateurs sous les nacelles qui ressemblent à des bouches; l’empennage vertical dédoublé est l’inspiration pour les «nageoires» du Cadillac et d’autres modèles, un trait populaire dans les années 1950. Ironiquement, le Forward Look en fait s’inspire au début de la partie arrière de l’avion, qui mène à la décision d’incorporer des «stabilisateurs» sur certains modèles de Cadillac dans les années 1950.

http://www.warbirdalley.com/images/P38-joltin.jpg

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Le Curtis P40 des Flying Tigers (Américains qui combattaient en Chine pour les Chinois); notez les tuyaux d’échappement, qui vont devenir le symbole des voitures puissantes de l’époque

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1953 Oldsmobile Starfire et le Lockheed F-94B(le premier réacteur des Forces aériennes américaines, 1950; ici, le style est mi-chemin entre le Forward Look et le style « aéronautique »)

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Le progrès, version ChryslerApparemment, posséder une voiture Chrysler permet aux mères de faire 4 enfants en seulement deux ans. Notez l’angle des phares chromés (indiqué par les lignes noires): le Forward Look

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Le Studebaker 1955 après le redesignToujours l’emphase sur la «bouche» ouverte et agressive et l’aspect aérodynamique, sauf que les stylistes de la Studebaker ont inversé l’angle d’attaque du Forward Look, avec la projection du bas plutôt du haut du bonnet. Les deux objets sur le parechoc sont des «dagmars» modifiés; s’inspirant des obus de canons, mais baptisés avec le nom d’une actrice des années 1950 renommée pour ses attributs féminins. Le «New Look» a tendance à enlever les dagmars, mais ce modèle les a conservés. Ce conservatisme esthétique est peut-être une des raisons pour laquelle la compagnie a fermé ses portes en 1966. Bizarrement, au moins un modèle de 1950 (le Starlight; ici, à droite) avait anticipé le Forward Look.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/32/1950_Studebaker_Champion_Regal_DeLuxe_Starlight_Coupe.JPG

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/c/c2/Dagmarlife071651.jpg

La vraie Dagmar

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buick lesabre voiture concept
Buick LeSabre, voiture concept

GM Firebird 2, voiture concept, 1956Plusieurs de ces traits vont être adoptés dans les années 1980

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Les noms de marques deviennent aérodynamiques

Pontiac Strato Star

Buick LeSabre (F-86 Sabre)

Oldsmobile Rocket

Hudson Jet

Buick Skyhawk

Studebaker: “flightomatic” transmission

Oldsmobile: “new Jetaway hydra-matic”

Plymouth: “Torsion-aire ride” et transmission « torqueflight »

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Cadillac avec stabilisateurs verticaux (‘tailfins’), 1960et des éléments du design inspirés d’une mitrailleuse

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la nouvelle a rodynamique taille de gu pe stabilisateur d avion de chasse mercury monterey 1957
La nouvelle aérodynamique: taille de guêpe, stabilisateur d’avion de chasseMercury Monterey 1957

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plymouth savoy 1958 m me cette voiture du peuple subit un redesign cens la transformer en fus e
Plymouth Savoy, 1958Même cette voiture du peuple subit un redesign censé la transformer en fusée

Extrait du texte à droite: « …an even greater new Plymouth … Star of the Forward Look … »

http://www.oldcaradvertising.com/Plymouth/1958%20Plymouth/1958%20Plymouth%20Ad-02.jpg

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Pontiac Bonneville, 1958Notez les faux pots d’échappement comme pour un moteur d’avion de chasse des années 1940s

http://www.kroozngold.com/News_and_Events/texaco/texaco1/Texaco%20Car%20of%20the%20Decades_files/783_Bonny58%2520fv.png

le lien entre l avenir et la mobilit g ographique et sociale
Le lien entre l’avenir et la mobilité géographique et sociale

La glorification de la science comme le nec plus ultra de la rationalité est toujours possible dans l’époque moderne: la comptabilité, de l’argent et du temps, est à la base de l’imaginaire social. Mais avant de faire le saut vers l’avenir, cette génération américaine redéfinit la sémiotique de l’univers: 1) ils établissent un nouvel univers d’objets « personnels » où ils retravaillent le Moi; 2) ils repensent le « ici » et le « loin » avec le voiture (jusqu’au point de faire la rupture complète avec l’« ici » avec les Beats); 3) à travers la mode et la corporalité, ils refaçonnent le rapport traditionnel du « haut » et du « bas »; 4) avec de nouveaux matériaux et de nouveaux styles d’ameublement, de l’architecture

de la maison et de décor, ils retracent la frontière entre la forme et la structure portant; autrement dit, entre l’ « extérieur » et l’ « intérieur »; 5) ils reforgent la définition des genres avec a féminisation de la banlieue; 6) enfin, avec les « labos-cuisines » ils brisent avec le passé, car tout est instantané, et avec la navette rapide et « rationalisée », ils utilisent les économies de temps pour se proposer comme maitres de l’espace et des rythmes de la vie.