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Capacités cognitives, langage et conscience

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Capacités cognitives, langage et conscience

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Presentation Transcript

  1. Christiane Bailey – Éthique Animale – Hiver 2012 Capacités cognitives, langage et conscience

  2. Les animaux ont-ils un esprit (mind) ? Les animaux sont-ils conscients ?

  3. Sensibilité (sentience) et conscience Rappel de Valéry : « On dira d’un être qu’il est sensible s’il peut faire l’expérience subjective de ses sensations, c’est-à-dire percevoir consciemment les stimuli détectés par son corps (internes ou externes) ou encore ressentir des émotions ou faire l’expérience d’autres états mentaux provoqués par des stimuli externes ou par des pensées. » « Sensibilité et conscience vont de pair : tous les êtres capables de percevoir leur environnement et subjectivement conscients sont sensibles. »

  4. La science et la négation de la conscience animale. De l'importance du problème matière-esprit pour la cause animale. Estiva Reus et David Olivier, Cahiers Antispécistes, 2006. « Les militants animalistes pensent généralement que le cartésianisme est dépassé et que de nos jours la science établit sans conteste que les animaux sont sensibles. Or, le statut scientifique de la sensibilité n'a rien d'un acquis. La subjectivité est non seulement absente mais exclue par construction de domaines fondamentaux de la connaissance. La physique — qui se trouve en position de science-mère une fois rejeté le dualisme cartésien — est incapable d'intégrer la sensibilité dans sa vision du monde. Une part non négligeable de la philosophie de l'esprit parle d'une conscience dont la conscience est absente, en ayant évacué l'expérience subjective — les sentiments, les qualia — pour ne laisser que des relations fonctionnelles. Cette situation autorise des discours où la subjectivité semble échapper au domaine de la connaissance pour être reléguée dans celui des croyances personnelles, que les individus peuvent choisir aussi librement que leur religion. Cela constitue un obstacle, dont on a sous-estimé l'importance, à la prise au sérieux de la sensibilité animale. Nous pensons qu'il est nécessaire que le mouvement pour les animaux prenne conscience qu'il ne peut pas négliger le problème « matière-esprit ». Nous ne devons pas permettre qu'au nom de la science on dénie l'existence et la signification de la sensibilité animale. »

  5. Conception classique (Aristote et la tripartition de l’âme) Végétative Nutrition Croissance Reproduction Dépérissement Perception sensible (aisthesis) Sensation agréable/désagréable Désir, appétit (orexis) Mobilité (action volontaire) Imagination/représentation (phantasia) Mémoire, apprentissage, anticipation, intelligence pratique Communication/compréhension (vie sociale/politique) Raison/langage (logos) Délibération et décision Action morale (agir en fonction de ce qui est juste et bien) Perception du temps Se sentir et se mouvoir Là où il y a perception sensible, il y a désir. Là où il y a mouvement local, il y a phantasia. Animale Parler d’un animal insensible ou inconscient n’a pas de sens dans le cadre de la pensée aristotélicienne Rationnelle

  6. La perception sensible (aisthesis) et le désir (orexis) sont des puissances cooriginaires « Car là où il y a douleur et plaisir [poinê te kai hedone], il y a nécessairement appétit [epithumia] » Aristote, De Anima, 413b 23 Là où il y a perception de quelque chose, orientation au sein d’un monde, il y a peine et plaisir, sensation de l’agréable et du désagréable. Sentir, c’est se sentir disposé de telle ou telle manière, se trouver bien ou mal disposé vis-à-vis de ce qu’on perçoit et là aussi il y a être ouvert à quelque chose de désirable ou d’indésirable.

  7. Se sentir et se mouvoirAristote et l'essence désirante de l'animal Le désirable meût : ce qui meut l'animal c'est le désirable. Afin qu'un animal ait le désir de poursuivre quelque chose, cela doit lui apparaître comme un bien, au moins comme un bien apparent (phainomenon agathon).

  8. Les animaux agissent volontairement (Aristote) Mouvements non–volontaires : Mouvements biologiques qui ne sont causés nie par le désirs, ni par la phantasia. Sommeil, respiration, digestion, croissance et dépérissement Mouvements involontaires : Mouvements qui ne sont pas des actions, mais qui peuvent être provoqué par l'imagination. Battements de cœur, sursaut, érection, etc. Mouvements volontaires : Comportements ou actions (praxis) qui sont le produit des désirs et des représentations (chasser, fuir, etc.). Agent responsable (enfant, animal). Mouvements délibérées : Actions qui sont le produit non plus seulement de la faculté désirante et cognitive, mais le fruit d’une délibération, d’une décision (actions réfléchies, action morale, le sens restreint de praxis de l’Éthique à Nicomaque). On manque certainement de mot aujourd'hui pour exprimer ce que Aristiote appelait volontaire puisqu'en son sens moderne volontaire signifie délibéré. Or, c'est précisément là le sens du célèbre « syllogisme pratique » d'Aristote : montrer que les animaux se meuvent d'eux-mêmes sans qu'il n'y ait là décision ou réflexion.

  9. Les animaux se meuvent par eux-mêmes, ils agissent même s'ils ne délibèrent pas leurs actions Le « syllogisme pratique » : 1. Disposition, impulsion ou désir (orexis) (ex : avoir soif) 2. Perception (aisthesis) / représentation (phantasia) (ex : voir qqch de buvable) ------------------------------------------ 3. Action (praxis) ou mouvement volontaire (= l'animal va boire aussitôt sans qu’il y ait là décision) Est dit volontaire un mouvement, une action ou un comportement qui est attribuable au désir et à la représentation de l’animal, mais qui n’est pas le résultat d’une délibération ou d’une décision. L'homme, parce qu'il est pourvu du logos peut se rendre compte qu'il a tendance à désirer X et peut décider de se retenir de poursuivre ce qui lui apparaît désirable et agréable pour agir en fonction de ce qui est bien ou juste.

  10. « An animal who acts from instinct is conscious of the objects of its fear or desire, and conscious of it as fearful or desirable, and so as to-be-avoided or to-be-sought. That is the ground of its action. But a rational animal is, in addition, conscious that she fears or desires the object, and that she is inclined to act in a certain way as a result. As rational beings we are conscious of the principles on which we are inclined to act. Because of this, we have the ability to ask ourselves whether we should act in the way we are instinctively inclined to. We can say to ourselves: “I am inclined to do act-A for the sake of end-E. But should I?” (Koorsgaard, 2004, 8-9)

  11. De la phronesis animale Mémoire, apprentissage et anticipation (intelligence pratique) Pour qu’un animal ait le désir de poursuivre quelque chose cela doit lui apparaître comme un bien. Tout animal se meut fonction d’une certaine représentation ou imagination. Cependant, certains animaux pourvus de mémoire sont capables de se rappeler et d’apprendre que ce qui apparaît là comme un bien n’est qu’un bien apparent (phainomenon agathon). « De là vient encore que certaines bêtes sont qualifiées de prudentes ou d’intelligentes (phronimos) ce sont celles qui, en tout ce qui touche à leur propre vie, possèdent manifestement une capacité de prévoir. » Aristote, Éthique à Nicomaque, VI, 7, 1141a 25-28 Cela explique l'énigmatique note sur laquelle se termine le De Anima selon laquelle les animaux pourvus des cinq sens ne recherchent pas seulement la conservation de soi, mais bel et bien le bonheur, la vie bonne : « Quand aux autres sens, l'animal les possède non pas en vue de l'être, mais du bien être (eu zên). » Aristote, De Anima, 436b 20

  12. Conception classiqueAristote et la tripartition de l’âme Conception moderneDescartes et le dualisme âme/corps Corps Matière (res extensa) Végétative Nutrition Croissance Reproduction Dépérissement Perception sensible (aisthesis) Sensation agréable/désagréable Désir, appétit (orexis) Mobilité (action volontaire) Imagination/représentation (phantasia) Mémoire, apprentissage, anticipation, intelligence pratique Communication/compréhension (vie sociale/politique) Raison/langage (logos) Délibération et décision Action morale Connaissance de l'universel (episteme) Perception du temps Nutrition Croissance Reproduction Dépérissement Sensation inconsciente Excitation des sens Appétits irrationnels Mouvements mécaniques Passivité Pensée Volonté Imagination Ressentir (sentiment) Activité Causalité Animale Âme Conscience (res cogitans) Rationalité Rationnelle

  13. Aristote / DescartesDe la triplicité des âmes au dualisme âme/corps • Aristote et la triplicité des âme • 1) Âme végétative: Processus biologiques, croissance, nutrition, reproduction • 2) Âme sensitive, locomotrice et désirante des animaux (percevoir/se sentir et se mouvoir) • Perception, désir/appétit (orexis), discrimination, imagination/représentation • Mémoire, expérience, anticipation, intelligence pratique, communication • 3) Âme rationnelle • Pensée rationnelle/langage (logos), délibération (proairesis), perception du temps • Descartes et la dualisme âme/corps • Corps (res extensa) : processus biologiques de nature mécanique, ‘sensation inconsciente’ • Âme (res cogitans) : La pensée inclus le vouloir et le ressentir. • Il n'y a qu'une âme qui pense, veut et ressent : « Il n'y a en nous qu'une seule âme, et cette âme n'a en soi aucune diversité de parties : la même qui est sensitive est raisonnable et tous ses appétits sont des volontés » (Descartes, Les Passions de l'Âme, art. 47).

  14. Trois conceptions des animaux A) L'approche classique (aristotélicienne) : Les animaux sont doués de perception sensible : ils ressentent du plaisir et de la peine et ces sensations sont le moteur de leurs désirs. Ils se meuvent par eux-mêmes, ont de l'imagination, de la mémoire et sont capables d'apprendre et d'anticiper. Communication et vie sociale très développée. Il y a néanmoins une distinction de nature entre la raison humaine (logos) et l'intelligence pratique dont font aussi preuve les « autres animaux » (aussi, en un sens, la position de Kant). B) L'approche moderne (cartésienne) : La conception de l'animal-machine abandonne la conception antique de l'animal comme être qui se sent et se meut en fonction de ses désirs et de ses représentations pour considérer les animaux comme des organismes simplement vivants. Ils ne sont plus seulement dépourvus de la pensée abstraite et du logos, mais de tout ce qui se rapporte à l'âme per se (puisque l'essence de l'âme est de penser, res cogitans). Ils sont vivants, mais en un sens purement biologique, un peu comme les plantes croissent vers le soleil, les animaux réagissent d'une manière mécanique à des stimuli déclencheurs. C) Différence de degrés et non pas de nature (darwinienne) : Cette conception évolutionniste n'en donne pas vraiment plus aux animaux que ne le faisait Aristote, mais en enlève surtout aux hommes. La pensée abstraite n'est elle-même que le jeu d'association de sensations complexes (Condillac, Hume). Bentham n'hésitait pas à qualifier les animaux d'êtres rationnels. Cette conception évolutionniste considère, des protozoaires à l'homme, il n'y a qu'une seule vie psychique qui varie en degrés et non pas en nature (Haeckel).

  15. L’éthique animale contemporaine : une position hybride La conception commune en éthique animale est une position hybride entre la position 2 et la position 3 puisque la plupart des auteurs adoptent l'hypothèse de la différence de degrés (conception 3), mais considèrent qu'il existe des animaux machines (comme les insectes et les araignées, parfois même les poissons) qui ne sont pas sentient/conscient (conception 2). Darwin sur la sophistication mentale et affective des fourmis Charles Darwin considérait lui-même les insectes, malgré la petite taille de leur cerveau, comme des animaux qui ont des pouvoirs affectifs et mentaux très élaborés : "It is certain that there may be extraordinary activity with an extremely small absolute mass of nervous matter; thus the wonderfully diversified instincts, mental powers, and affections of ants are notorious, yet their cerebral ganglia are not so large as the quarter of a small pin’s head. Under this point of view, the brain of an ant is one of the most marvellous atoms of matter in the world, perhaps more so than the brain of man.’’

  16. Si c'est la sensibilité (sentience) qui compte pourquoi se pencher sur la pensée (sapience) ? Dans le cadre moderne, argumenter que les animaux sont sensibles (sentient) implique qu'ils aient un esprit (mind), une conscience. Plan de la présentation : ESPRIT ANIMAL. Nos explications de certains comportements animaux en termes psychologiques (croyances, désirs et émotions) impliquent qu'ils aient un esprit (mind), une vie non seulement biologique, mais psychologique. Malgré les protestations des Davidson et cie, les explications psychologiques sont de nos jours largement acceptées (en majeure partie parce que l'esprit a été redéfini de manière strictement représentationaliste). CONSCIENCE ANIMALE. Une fois l'esprit pensé comme un centre de traitement d'informations et de représentations, il est devenu acceptable de reconnaître un esprit aux animaux non-humains, mais cela n'implique pas de penser qu'ils sont conscients. L'esprit, conçu comme centre de traitement subpersonnel d'informations n'implique pas la conscience phénoménale (Voir les théories HOT et FOR de la conscience.) ÉMOTIONS ANIMALES. Que les animaux aient des émotions est largement admis, mais, étrangement, on semble avoir trouvé le moyen de définir les émotions en termes purement corporels. Suivant la distinction entre émotions et sentiments, seuls seraient vraiment ressenties les émotions qui sont interprétées par le sujet conscient (voir les théories cognitives de Damasio et de LeDoux).

  17. L'argument cummulatif pour la conscience animale Éprouver, être sensible, c'est déjà être conscient. Attribuer une sensibilité consciente ou des états mentaux conscients (émotions, désirs et croyances) à certains animaux est : En accord avec le sens commun (1) et le langage ordinaire (2) Cohérent avec le comportement observable des animaux (3) et a un excellent pouvoir prédictif (4) Explicable par sa valeur adaptative lors de l'évolution (5) et en accord avec le principe de la continuité évolutive (6) Expliqué par les similitudes physiologiques et neurologiques (7). Le fardeau de la preuve est du côté de ceux qui nient la sensibilité consciente des animaux non-humains.

  18. L'argument cummulatif contre la conscience animale Attribuer des états mentaux (émotions, désirs et croyances) aux animaux est : Anthropomorphique. On leur attribue des pensées, des désirs et des concepts que seuls les humains ont (puisque les explications psychologiques implique l'attribution d'attitudes propositionnelles et de concepts). Naïf. Les explications psychologiques ne sont pas scientifiques (reprend naïvement le sens commun qui attribue à toutes choses qui se meut des désirs et des croyances. Exemple: BD) Pouvoir prédictif = Ok. Mais ce sont des fictions utiles qu'une conception réductionniste sera un jour capable d'éliminer (Stitch, Churchland, Dennett) La conscience n'a pas de valeur adaptative (pas de rôle causal) puisque ce qui est sélectionné, c'est le comportement et non pas l'état conscient ressenti. La continuité évolutive (6) : le saut s'explique par le langage La polyvalence humaine : Le développement des sciences et des technologies humaines, le succès phénoménal de notre espèce, est la preuve que nous sommes qualitativement différents de tous les autres animaux (2e argument de Descartes = spécialisation de l’industrie des animaux).

  19. Explications psychologiques des comportements des animaux Nous expliquons naturellement les comportements des animaux en leur reconnaissant des croyances, des désirs et des émotions. Or, l'attribution d'états psychologiques aux animaux est controversée. Certains soutiennent que l'explication du comportement d'un animal en termes psychologiques est déplacée et non scientifique. Attribuer des émotions, des désirs et des croyances à un animal non-humain serait anthropomorphique. L'anthropomorphisme est la tendance donner une forme (morphe) humaine (anthropos) à des créatures non-humaines. Cela se réflète dans notre tendance à interpréter pratiquement n'importe quoi qui se meut comme ayant des buts, des désirs, des émotions et des croyances. (BD : un grand cercle qui va vers un plus petit sera interprété comme de la chasse). L'épouvantail de l'anthropomorphisme a longtemps banni toute forme d'explication du comportement animal en terme psychologique. Même si cette exclusion n'était au départ que méthodologique (il ne s'agissait pas de nier que les animaux ont un esprit, mais simplement d'affirmer que ce n'était pas pertinent pour le sujet d'étude des behavioristes), cela a eu pour conséquence de nier simplement l'existence de la vie psychologique des animaux. Or, là est la question. Les animaux ont-ils un esprit ? Agissent-ils en fonction de désirs et de représentations ?

  20. Du behaviorisme au cognitivisme Expliquer et interpréter les comportements des animaux en leur attribuant des pensées, des désirs et des émotions est anthropomorphique seulement si les croyances, désirs et émotions sont des caractères proprement humains. Or, là est la question. Le passage du paradigme behavioriste au paradigme cognitiviste en éthologie a eu pour effet d'ouvrir « la boîte noire » et de s'intéresser à ce qui se passe « dans la tête » des animaux. Largement tributaire du développement des ordinateurs, la révolution cognitive a, dans les années 70, a développé un modèle computationaliste de l'esprit. Ainsi, on ne parlait plus seulement en termes de Stimuli – Réponse, mais en termes d'Input et d'Output. L'esprit, assimilé à un programme d'ordinateur, traite les données des sens : la pensée est associée à un traitement d'informations (information processing), à une forme de calcul (computing). Les informations traitées par le système sont considérées comme des « représentations ». Les états mentaux sont des représentations qui ont une fonction dans un système qui n'a pas à être conscient de ses processus subpersonnels (esprit modulaire). Dire que les animaux ont un esprit au sens cognitviste n'a donc absolument aucune répercussion sur les discussions éthiques (on a pas de devoirs moraux envers les ordinateurs aussi performants soient-ils). Ou alors, si cela en a, cela ne peut être que négatif, puisque la théorie computationaliste de l'esprit donne l'impression de montrer que tout ce processing se passe inconsciement (Maybe there is nobody home...).

  21. Remarque préliminaire sur la notion de « beliefs » En philosophie anglo-américaine, la question de savoir si les animaux ont un esprit revient le plus souvent à demander s'ils ont des croyances. La croyance est considérée comme l'élément de base du mental et est une condition de possibilité du désir et autres facultés psychiques. DENNETT : « "Belief" has come to have a special, non-ordinary, sense in the English of many (but not all) of these combatants: it is supposed by them to be the generic, least-marked term for a cognitive state. Thus if you look out the window and see that a cow is in the garden, you ipso facto have a belief that a cow is in the garden. […] For Anglophone philosophers of mind, whatever information guides an agent's actions is counted under the rubric of belief. This particularly causes confusion among non-native speakers of English; the French term "croyance" stands even further in the direction of "creed" or "tenet" – so my title question is an almost comical surmise about the religious and theoretical convictions of animals – not as a relatively bland question about the nature of the cognitive states that suffice to account for their perceptuo-locomotory powers. » Croyance (belief) équivaut donc à état cognitif et est considéré comme l'élément de base de l'esprit (mind). En français, on parlera plutôt de pensées et de la pensée. Do animals have minds = Les animaux pensent-ils ?

  22. Dennett, Do Animals have beliefs? « Do animals have beliefs? Yes. It suffices pointing to the undeniable fact that their behavior can often be predicted (and explained, and manipulated) using what I call the intentional stance – the strategy of treating them as "rational agents" whose actions further their "desires" given their "beliefs". One can often predict or explain what an animal will do by simply noticing what it notices and figuring out what it wants. […] Others do not approve of this way with words. Donald Davidson (1975), for instance, has claimed that only creatures with the concepts of truth and falsehood can properly be said to have beliefs, and since these are meta-linguistic concepts (I am simplifying his argument somewhat), only language-using animals such as human beings can have beliefs. And then there are those who have some other criterion for belief, according to which some animals do have beliefs and others don't. This must be an empirical question for them, presumably, but which empirical question it is--which facts would settle it one way or the other--is something about which there is little agreement. David Premack (1988) has claimed that perhaps only chimpanzees demonstrate belief, while Jerry Fodor (1990) has suggested that frogs--but not paramecia--have beliefs. […] I have defended a maximally permissive understanding of the term belief (...), having no specific implications about the format or structure of the information-structures in the animals' brains, but simply presupposing that whatever the structure is, it is sufficient to permit the sort of intelligent choice of behavior that is well-predicted from the intentional stance. So yes, animals have beliefs. Even amoebas--like thermostats--have beliefs.»

  23. Les animaux ont-ils un esprit (mind) ? Très bref aperçu des positions 1. Les animaux ont des croyances/pensées puisque leurs comportements se décrivent et s'expliquent au moyen d'une stratégie intentionelle (Dennett*). = tous les animauxont des croyances (mais aussi les thermostats). 2. Les animaux sans langage n'ont pas de croyances/pensées puisque ce sont des attitudes propositionnelles (Descartes, Frey, Davidson). = aucun animalnon-humain n'a de croyance. 3. Certains animaux, d'autres non. [Une question empirique, mais quel critère ?] 3.1 : Seuls une poignée d'élus (chimpanzés, dauphins) (Premack) 3.2 : Tous les animaux « supérieurs » (mammifères, oiseaux, reptiles, poissons*) (DeGrazia, Singer, Reagan, Wise) 3.3 : Tous les animaux (incluant les insectes et arthropodes, excluant seulement les animaux très primitifs immobiles)(Aristote, Darwin, Griffin, Fodor, Proust*) *4. Tous les animaux ont un esprit (au sens cognitiviste), mais très peu sont conscients. (Proust, Dennett, Carruthers)

  24. R. G. Frey Interests and Rights. The case against animals (1978) Frey critique la thèse (inspirée de Nelson) selon laquelle les animaux ont des droits parce qu'ils ont des intérêts : « Either animals have interests in a sense which allows objects and things to have interests […] or they do not have interest at all and are not candidates for having moral rights. » (Frey, 1978) Les animaux n'ont pas d'intérêts parce qu'ils n'ont pas de désirs. 1. Seuls les êtres qui ont des croyances ont des désirs. 2. Les animaux n'ont pas de croyances. 3. Donc, les animaux n'ont pas de désirs. Comme les tracteurs et les plantes, les animaux ont des besoins (needs), mais pas de désirs.

  25. R. G. Frey Co-éditeur du Oxford Handbook of Animal Ethics (2011) Thèse : Les animaux sont conscients, mais n'ont pas d'esprit (mind). Antispéciste & Utilitariste de l’acte : « There is no reason to deny that mice and chimps feel pain, and I can see no moral difference between burning a man and burning a mouse or a chimp. Pain is pain, and species is irrelevant. (…) If pain and suffering count morally, then so do animal lives (…) these things can impair and significantly diminish the quality of life, so they can impair all creatures who can experience them. » Il défend la légitimité de l'expérimentation sur les animaux et les enfants lourdement handicappés. Considère que c'est la « qualité de vie » qui compte.

  26. (2) Les animaux n'ont pas de croyances Frey soutient que (1) désirer implique d'avoir des croyances et (2) que croire équivaut à croire qu'une certaine phrase déclarative est vraie. « Je désire une Bible de Gutenberg. » (1) Reformulation désir en termes de croyances = Je crois qu'il manque une bible à ma collection.(2) Reformulation supposée équivalente en termes d’attitudes propositonnelles = « Je crois que la phrase "Une bible de Gutenberg manque à ma collection" est vraie. » « If what is believed is that a certain declarative sentence is true, then no creature which lacks language can have belief; and without beliefs, a creature cannot have desire. And this is the case with animals, or so I suggest, and if I am right, not even in the sense of wants as desires do animals have interests. » (R. G. Frey, « Why Animals lack Beliefs and Desire », 41)

  27. Les attitudes propositionnelles • Frey reprend ici la conception de Quine et de Davidson des états mentaux (croyances, désirs et émotions*) en termes d'états propositonnels • Avoir une croyance, c'est croire qu'une certaine phrase déclarative est vraie. • Pour avoir des croyances, un être doit avoir le concept de croyance. • Pour avoir le concept de croyance, un être doit pouvoir distinguer entre des croyances vraies et fausses. • Si je pense qu'il me manque une bible, c'est que je pense est que la phrase XYZ est vraie. Pour croire cela, je dois avoir quelque idée de la manière dont le langage se rapporte au monde (connects with, links up with the world).

  28. Exemple célèbre de Malcolm : Le chien pense-t-il que le chat est dans l’arbre ? “In real life we commonly employ the verb "think" in respect to animals. We say, "Towser thinks he is going to be fed," just as naturally as we say, "Towser wants to be fed." Suppose our dog is chasing the neighbor's cat. The latter runs full tilt toward an oak tree, but suddenly swerves at the last moment and disappears up a nearby maple. The dog doesn't see this manoeuver and on arriving at the oak tree he rears up on his hind legs, paws the trunk as if trying to scale it, and barks excitedly into the branches above. We who observe the whole episode from a window say, "He thinks that the cat went up that oak tree. We say "thinks" because he is barking up the wrong tree. If the cat had gone up the oak tree and if the dog's performance had been the same, we could have said, "He knows that the cat went up the oak." But let us stay with "thinks." A million examples could be produced in which it would be a correct way of speaking to say of an animal, something of the form, "He thinks that p." Clearly there is an error in Descartes' contention that animals do not think.” (Malcolm, Thoughtless Brutes, 1972)

  29. Des attitudes propositionnelles ? C’est la faute à Descartes… « Descartes adopted the position that there is a propositional kernel in every feeling, desire, voluntary act, emotion, and sensation. This is why he could hold that his essential nature consists solely in being a thinking thing. It was not because he employed cogitare and penser in an eccentrically broad way that he listed imagining, sensation and emotion under "thinking." It was because he believed that every "mental operation" consists in taking an attitude towards a proposition. In my opinion this is an absurdly overintellectualized view of the life of man. It helps us to understand, however, why Descartes thought that animals are automatons. They are devoid of mind, of all consciousness and awareness, of real feeling and sensation, because they do not "apprehend," "entertain," "contemplate," or, in plain language, think of, propositions. » (Malcolm, 1972) « Apparently Descartes did not catch this distinction between "to think" and "to have thoughts." » Malcolm

  30. Les 3 arguments de Davidson 1) L’argument principal : pour avoir une croyance, il est nécessaire d’avoir le concept de croyance, ce qui requiert la triangulation (le langage). First, I argue that in order to have a belief, it is necessary to have the concept of belief. Second, I argue that in order to have the concept of belief one must have language. 2) Test de l’intensionalité : on ne peut attribuer des croyances de dicto à un animal. 3) L’argument du holisme : on ne peut attribuer des croyances de re à un animal « A creature cannot have thougts unless it is an interpreter of the speech of another. » « The attribution of desires and beliefs (and other thoughts) must go hand in hand with the interpretation of speech » Davidson, « Thought and Talk » (1984), 157 et 163

  31. 1. L’argument principal de Davidson : « Pour avoir une croyance, il faut avoir le concept de croyances » « Much of the point of the concept of belief is that it is the concept of a state of an organism which can be true or false, correct or incorrect. To have the concept of belief is therefore to have the concept of objective truth. If I believe there is a coin in my pocket, I may be right or wrong; I’m right only if there is a coin in my pocket. If I am surprised find there is no coin in my pocket, I come to believe that my former belief did not correspond with the state of my finances. I have the idea of an objective reality which is independent of my belief. A creature may react with the world in complex ways without entertaining any propositions. It may discriminate among colors, tastes, sounds and shapes. It may ’learn’, that is, change its behavior in ways that preserve its life or increase its food intake. It may ’generalize’, in the sense of reacting to new stimuli as it has come to react to similar stimuli. Yet none of this, no matter how successful by my standards, shows that the creature commands the subjective-objective contrast, as required by belief. » (D. Davidson, Rational Animals) « What I think is clear is that if he is surprised, he does have reflective thoughts, and, of course, beliefs. » (Davidson, 325)

  32. Pourquoi faut-il avoir le concept de croyances ? Davidson a certainement raison de penser qu'utiliser des concepts et des croyances, c’est avoir des pensées sémantiquement évaluables, mais cela n'empêche pas que les animaux puissent avoir des représentations et des concepts. Selon la définition des représentations mentales de Dretske, un état est une représentation mentale (1) s'il existe indique ou porte une information sur une propriété externe (2) s'il a la fonction d’indiquer ou de représenter la situation et (3) si elle peut être vraie ou fausse, i.e sémantiquement évaluables. Une représentation mentale doit donc pouvoir être appliquée de manière correcte ou incorrecte. La 3ème condition est nécessaire parce que le dysfonctionnement doit être possible : « La représentation peut en principe être activée en l’absence de ce qu’elle représente. Un animal qui a un esprit doit pouvoir de temps en temps croire (à tort) que telle circonstance est présente et agir conformément à ce qu’il croit. On s’étonnera peut-être que la possibilité de se tromper constitue un pas aussi significatif dans l’évolution, mais la cette possibilité (et la capacité de modifier l’état interne une fois que l’erreur est repérée) est pourtant conceptuellement liée à la capacité de former des représentations mentales. » (Proust) Pouvoir être surpris ou pouvoir se tromper, c’est une condition suffisante pour avoir un espri

  33. Distinguer le vrai du faux ? « In some cases animals distinguish true from false beliefs, satisfied from unsatisfied desires, without having the concepts of truth, falsity, satisfaction, or even belief and desire. It is no more mysterious that an animal, at least sometimes, can tell whether its belief is true or false, than that it can tell whether its desire is satisfied or frustrated. For neither beliefs nor desires does the animal require a language: rather what it requires is some device from recognizing whether the world is the way it seemed to be (belief) and whether the world is the way the animal wants it to be (desire). Searle, Animal Minds Un animal sait très bien reconnaître si le monde satisfait ses désirs et sait corriger ses attentes. Il peut s'attendre à quelque chose est être déçu, surpris, visiblement satisfait, etc.

  34. Voir, c'est croire ? (Searle) « Why is my dog barking up that tree? Because he believes that the cat is up the tree, and he wants to catch up to the cat. Why does he believe the cat is up the tree? Because he saw the cat run up the tree. Why does he now stop barking up the tree and start running toward the neighbor’s yard? Because he no longer believes that the cat is up the tree, but in the neighbor’s yard. And why did he correct his belief? Because he just saw (and no doubt smelled) the cat run into the neighbor’s yard; and Seeing and Smelling is Believing. The general point is that animals correct their beliefs all the time on the basis of their perceptions. In order to make these corrections they have to be able to distinguish the state of affairs in which their belief is satisfied from the state of affairs in which it is not satisfied. » (Searle, Animal Minds)

  35. Le 2ème argument de Davidson : Le test de l’intensionalité (ou les attributions des croyances de dicto à un animal) Davidson considère que le langage est nécessaire dans les deux cas : pour penser et pour avoir des pensées. Dire que le chien pense que le chat est dans l’arbre est une attribution de dicto. Selon Davidson, les clauses en « que » sont intensionnelles ou sémantiquement opaques. Elles visent à décrirent la manière dont le sujet se rapporte à une proposition. Attribuer des croyances de dicto aux animaux n’est pas justifié selon Davidson puisqu’il est impossible de décider quelle phrase est la bonne pour décrire ce que l’animal pense. « Le chien pense que le chat est dans l’arbre. » On aurait pu aussi bien dire que Fido pense qu’une boule de poil a couru dans l’arbre (ou qu’elle a grimpé en haut de la chose sur laquelle il fait bon d’uriner…)

  36. Davidson: le langage est nécessaire dans les deux cas  « I have been using the word ‘thought’ to cover all the propositional attitudes. Malcolm, however, restricts the application of ‘thought’ to a higher level of thinking. In his view, the dog can believe the cat went up that oak tree, but it cannot have the thought that the cat has gone up that oak tree. The latter, but not the former, Malcolm holds, requires language. Malcolm makes the distinction by saying one merely thinks (believes) that p if one is aware that p, but one has the thought that p if one is aware that one is aware that p.(...) I hold that in order to think one must have the concept of a thought, and so language is required in both cases.» (D. Davidson, Rational Animals, 324) Davidson se défend d’affirmer que toute pensée est consciente ou que lorsqu’on pense que p on est conscient qu’on pense que p, il affirme que « afin d’avoir une quelconque attitude propositionnelle, il est nécessaire d’avoir le concept de croyance, d’avoir une croyance à propos de la croyance » : « In order to have any propositional attitude at all, it is necessary to have the concept of a belief, to have a belief about some belief. »

  37. Critique de la conception linguistique des croyances (de Reagan) (2) S'il ne peut y avoir de croyance sans une maîtrise du langage préalable, comment apprend-t-on une langue ? Apprendre une langue implique des croyances prélinguistiques sur le monde. (3) Si je dois avoir des croyances sur la manière dont mes croyances langagières se rapportent au monde, alors un cercle infini : je dois avoir des croyances sur mes croyances. « In order 'to grasp the link between language and the world', given Frey's view, I must also have beliefs about the 'link' between the two. And there is no stopping here. » (Regan, The Case for Animal Rights, 47) « Je dois avoir des croyances sur mes croyances-touchant-au-lien-entre-le-langage-et-le-monde et des croyances sur ces croyances, ad infinitum. » (Estivas Reus)

  38. La conscience est-elle faite de propositions ? “Isn't there a great deal of human consciousness that doesn't involve thoughts or propositional content? I stop my car at an intersection because the light is red. I was aware of the red light and was also aware that the light was red. Did I think to myself, "That light is red"? Probably not. […] There are many forms of human response that manifest consciousness of objects, situations and events; and animals share in some of these forms of consciousness. Descartes says that this belief is due to a pervasive prejudice. I think the shoe is on the other foot. It is the prejudice of philosophers that only propositional thoughts belong to consciousness, that stands in the way of our perceiving the continuity of consciousness between human and animal life.” Norman Malcom, “Thoughtless Brutes”Presidential Adress to the American Philosophical Association, 1972

  39. Réponse au 2ème argument de Davidson : Armstrong et les attributions de croyances de re aux animaux Armstrong suggère d’interpréter nos attributions de croyances comme étant référentiellement transparentes : « In saying that the dog believes that his master is at the door we are, or should be, attributing to the dog a belief whose exact content we do not know but which can be obtained by substituting salva veritate in the proposition 'that his master is at the door.' » D. M. Armstrong, Belief, Truth and Knowledge (Cambridge, 1973), p. 26. Armstrong soutient que sa position a l'avantage de montrer que « we need not give up our natural inclination to attribute beliefs to animals just because the descriptions we give of the beliefs almost certainly do not fit the beliefs' actual content. » Selon Armstrong : « Our intention is only to pick out the state of affair that Fido’s belief is about while remaining neutral to how Fido thinks about it. » Vraiment ? Regardez simplement cette photo…

  40. Mais finalement, il pense quoi le chien ? Critique de FREY (et de Dennett ?) : «  Our attributing this belief to the dog is not the same thing as showing that it actually has this belief. » Même s’il argumente que nos attributions ne sont qu’une approximation qui vise à identifier ce sur quoi portent les états mentaux des animaux et non pas ce que pense le chien, Armstrong considère néanmoins (contrairement à Dennett) que les attributions d’attitudes propositionnelles (opaques ou de dicto) sont correctes (ce ne sont pas simplement des fictions utiles). Il affirme simplement que nous ne savons pas vraiment ce qu’elles sont exactement: « Generations of work by animal psychologists may be necessary before the exact content of the dog's belief is known ». La question, pour Armstrong, est donc empirique. Une question de recherches empiriques ? Plusieurs philosophes considèrent qu’il est possible d’attribuer des croyances aux animaux et de spécifier quelle attribution de dicto est la bonne en étudiant scientifiquement les comportements de discrimination des animaux et en stipulant le sens des concepts utilisés. (Armstrong 1973; Allen & Bekoff 1997; Bermúdez 2003).

  41. L’indétermination des pensées (Stitch) « Armstrong's proposal presupposes that there are de dicto (or opaque) belief sentences which correctly and accurately attribute beliefs to animals, although, of course, Armstrong suggests that we do not now know what they are. As Armstrong sees it, the difficulty we find in saying just exactly what it is an animal believes is rooted in our own empirical ignorance. […] On my view, Armstrong's resolution of the dilemma is fundamentally mistaken. Our difficulty in specifying the contents of animals' beliefs derives not from an ignorance of animal psychology but rather from a basic feature of the way we go about assigning content to a subject's beliefs: We are comfortable in attributing to a subject a belief with a specific content only if we can assume the subject to have a broad network of related beliefs that is largely isomorphic with our own. When a subject does not share a very substantial part of our own network of beliefs in a given area we are no longer capable of attributing content to his beliefs in this area. The greater the disparity between a subject's beliefs and our own, the clearer it becomes that, as Armstrong puts it, 'he lacks our concepts'. » Stitch, Do Animal have Beliefs ? « How can you say that he believes it is a squirrel if he doesn't know that squirrels are animals ? »

  42. Le 3ème argument de Davidson.Le holisme des croyances (ou les attributions de re) Le 3ème argument de Davidson vise précisément à soutenir que ce type d’attributions (de re)aux animaux sont également impossible puisque pour attribuer un concept aux animaux, il faut leur attribuer un réseaux (network) complexe de concepts et de croyances et que cela n’est possible que si on observe « a very complex pattern of behavior […] and Ithink there is such a pattern only if the agent has language. » (Davidson). “Before some object in, or aspect of, the world can become part of the subject matter of a belief (true or false) there must be endless true beliefs about the subject matter.” (Davidson, 168)

  43. Résumé de l’argument sur l’indétermination du contenu des croyances 1. Si qqun ne partage pas une part substantielle de notre réseau de croyances, nous ne sommes pas capables d'attribuer un contenu à ses croyances. 2. Les animaux non humains ne partagent pas une part substantielle de notre réseau de croyances. 3. Nous ne pouvons donc pas attribuer un contenu aux croyances des animaux non humains. 4. Le contenu est un élément essentiel de la croyance : nous ne pouvons attribuer des croyances à un sujet seulement dans la mesure où nous pourvons attribuer un contenu à ces croyances. 5. Donc, nous ne pouvons pas attribuer de croyances aux animaux * Le même raisonnement, souligne Rowlands, s'applique pour tous les états mentaux qui ont un contenu (content-based mental states) comme les désirs, mais il ne mentionne pas les émotions. Résumé par Rowlands

  44. Résumé de l’argument sur l’indétermination du contenu des croyances Résumé par DeGrazia 1. Les états mentaux des animaux n’ont pas de contenu précis 2. Les états mentaux des animaux n’ont pas de contenu3. Les états mentaux (désirer, penser) ont un contenu4. Donc, les animaux n’ont pas d’états mentaux 

  45. Le problème est que la forme de holisme de Davidson est trop radicale : implique de nier que deux humains aient la même croyance sans partager exactement le même arrière plan de croyance. Selon Davidson, il n’est pas possible d’attribuer le concept « terre » aux anciens Grecspuisque leur concept diffère trop du nôtre. Mais les pensées et les désirs des autres hommes sont aussi souvent très indéterminées. Un holisme trop radical «It seems to be Stich's view that every description which a normal person of our society associates with the term 'bone' enters into the determination of the concept of a bone. But this cannot be right. It would render communication impossible. For it seems overwhelmingly likely that each distinct person will associate a slightly different set of information with the term. (…) Then each distinct person will have a distinct concept of a bone.» (Mark Rowlands)

  46. Pour un holisme modéré : question d'intersubjectivité « Davidson’s and Stitch’s arguments remind us that what the cat distinguishes is certainly not precisely the same content as what we (sic) distinguisguish in using the terms ‘mouse’ or ‘shrew’. A first approximation might be for us to say of the cat that something such as that living-object-of-the-kind-we-treat-as-shrews are not-to-be-eaten or to-be-avoided. » McIntyre, Dependant Rational Animals, 38 Nous sommes capables d’identifier et de comprendre d’une manière grossière et approximative les choses ce que les aniamux aiment, désirent et ce dont ils ont peur (Dawkins 1993). Nous sommes capables d’identifier ce qui existe pour eux et la manière dont cela existe (ex: une souris, mais pas une brosse à dent). Nous avons une certaine idée des choses-de-chats et de ce que ces choses signifient pour eux. Desesperately context-relative ? (Stitch) Si on s’appuie sur une version modérée du holisme, la question de la détermination des contenus mentaux devient non seulement relative au contexte, mais relative à l'individu. C'est une question de connaissance intersubjective, de familiarité. Si les animaux sont bien des personnes, les connaître implique de devoir faire connaissance : pour connaître quelqu'un, il faut d'abord faire connaissance.

  47. Conclusion : un défi plus qu'une impossibilité Attribuer des états mentaux animaux et leur attribuer un contenu est non seulement (1) possible(contra Davidson et Stitch), mais c’est aussi (2) tout à fait naturel (les attributions sont spontanées) et (3) c’est la meilleure option disponible. 1) Il est raisonnable de penser que les croyances doivent être révisables en fonction de ce qui survient dans le monde, mais rien ne montre que ce processus de révision de croyances exige d’avoir le concept de croyances. 2) Afin de pouvoir être surpris ou se tromper, il suffit de s'attendre à (to expect) quelque chose. 3) Le comportement des animaux (du moins, de certains) peut être décrit d’une manière intelligible et expliqué de manière parcimonieuse en faisant référence à ce qu’ils pensent, ce à quoi ils s’attendent et ce qu’ils désirent (Reagan, 75). Nos attributions de croyances et de désirs aux animaux se vérifient par l’expérience : en spécifiant à quoi ils s’attendent et ce qu’ils désirent, nous pouvons parfois vérifier expérimentalement nos attributions de croyances (Dawkins 1993). Si nous avons raison de penser que le chien qui creuse dans le jardin s’attend à trouver un os, il manifestera une déception, un désarroi ou peut être simplement une indifférence en découvrant la canette de coke que nous avons subsitué à l’os. L’inférence à la meilleure explication devrait donc nous mener à admettre que les animaux agissent non pas mécaniquement selon la disposition de leurs organes (Descartes), mais qu’ils agissent d’après des représentations (comme l’affirmaient Aristote et Kant).

  48. Le développement de l’éthologie cognitive Davidson et Stitch semblent avoir perdu la bataille puisqu’il est désormais acceptable d’attribuer des états mentaux aux animaux. Mais est-ce vraiment le cas ? L’esprit a été redéfini de telle sorte qu’il n’est plus qu’une faculté de traitement d’informations subpersonnelles. Cette conception cognitiviste de l’esprit ne nous aide pas toujours en éthique animale…

  49. La révolution cognitive ou l’étude objective de l’esprit Depuis les dernières décennies, l’étude scientifique de l’esprit des animaux non-humain à l’aide d’attributions psychologiques a été rendue possible par une redéfinition de l’esprit en termes cognitivistes-fonctionnalistes : l’esprit est la capacité à former des représentations. La statégie intentionnelle (Dennett): Attribuer des états intentionels à un système est une manière naturelle et efficace de décrire et de comprendre ce qu’ils font. Mais cela ne nous dit rien sur ce qui se passe dans la tête des animaux, les états mentaux sont des fictions utiles. Cela a pour effet d’admettre les thermostats dans la classe des êtres qui ont un esprit : « The intentional stance is the strategy of prediction and explanation that attributes beliefs, desires, and other 'intentional' states to systems – living and non-living. » (Dennett 1988, 495) L’esprit représentationnel (Proust, Fodor):Le fonctionnalisme réaliste (common-sense fonctionalism) considère également qu’il est justifié d’expliquer les comportement des animaux en termes psychologiques, mais, contrairement à Dennett, il considère que les états mentaux sont réels et jouent un rôle causal dans le système. La penseé que le chat est dans l’arbre cause le comportement du chien. L’état mental « le chat est dans l’arbre » est un un langage de la pensée (language of tought, mentalese).