Etty Hillesum à l’occasion de sa naissance il y a cent ans - PowerPoint PPT Presentation

kerry-johnson
etty hillesum l occasion de sa naissance il y a cent ans n.
Skip this Video
Loading SlideShow in 5 Seconds..
Etty Hillesum à l’occasion de sa naissance il y a cent ans PowerPoint Presentation
Download Presentation
Etty Hillesum à l’occasion de sa naissance il y a cent ans

play fullscreen
1 / 15
Download Presentation
Etty Hillesum à l’occasion de sa naissance il y a cent ans
82 Views
Download Presentation

Etty Hillesum à l’occasion de sa naissance il y a cent ans

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - E N D - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Presentation Transcript

  1. Etty Hillesumà l’occasion de sa naissance il y a cent ans Temple du Bas, Neuchâtel, le 1er septembre 2014, Pierre Bühler

  2. Plan de l’exposé • Qui est Etty Hillesum? Sa vie, sa famille, ses connaissances, son évolution • Ses écrits, et comment les aborder – plusieurs perspectives possibles • Enjeux théologiques, spirituels et existentiels de sa démarche

  3. 1) Quelques dates importantes • née le 15 janvier 1914 à Middelburg, Pays-Bas, dansunefamillejuive • lycée à Deventer • 1932: Amsterdam: études de droit, puisétudes des languesslaves (lecture de Dostoïevski; leçonsprivées de russe) • mars 1937: emménagechez Han Wegerif • mai 1940: occupation all. des Pays-Bas; mesures anti-juives (début des «tempsd’effroi»)

  4. 3 févr. 1941: première rencontre avec Julius Spier (1887-1942) («nouvelle naissance») • 8 mars 1941: début du journal • thérapie, puis collaborations en «chiropsychologie» • lectures: Rilke; Dostoïevski; Jung; Bible (Ancien et Nouveau Testament); Maître Eckart; Augustin

  5. juin1942: premièresdéportations massives de Juifs des Pay-Bas; installation des camps de transit • 15 juill. 1942: EttyHillesumcommenceuntravailadministratifau Conseil juif à Amsterdam • 30 juill. 1942: début du travaild’assistancesociale au camp de transit de Westerbork • août 1942-sept. 1943: travail à Westerbork, interrompu par des séjours à Amsterdam (pourraisons de santé) – lettres • 15 sept. 1942: mort de Julius Spier • 12 oct. 1942: dernièrenote du journalconservé («On voudraitêtreun baume surtant de plaies») • 6 juin 1943: départdéfinitifpourWesterbork • 7 sept. 1943: déportationà Auschwitz, avecsesparents et sonfrère Mischa • 30 nov. 1943: date de décèsselon la Croix-Rouge

  6. Son dernier témoignage Christine, j’ouvre la Bible au hasard et trouvececi: «Le Seigneur estmachambre haute.» Je suisassisesurmonsac à dos, au milieud’unwagon de marchandisesbondé. Papa, maman et Mischa sontquelqueswagons plus loin. Cedépartesttout de mêmevenu à l’improviste. Ordre subit de La Haye, spécialementpournous. Nous avonsquittéce camp en chantant, père et mèretrèscalmes et courageux, Mischa également. […] Un au revoir de nousquatre, Etty

  7. 2) Ses écrits, et comment les aborder • dix cahiers de journal (env. 730 p.) – 71 lettres (env. 160 p.) / éditions partielles – éditions complètes • vivre – lire – écrire – penser: une seule et même réalité • une «oeuvre ouverte»: plusieurs perspectives de lecture possibles

  8. perspectives de lecture possibles • Intellectuelle:samanière de liresesauteurs (Dostoïvski; Rilke, Jung, la Bible, etc.) • littéraire: commentdevenirécrivain • psychologique: travailsursoi et sesrapports à autrui; développement de la personnalité • sociale: l’émancipation de la femme • historique: samanière de percevoir les événements de la Shoah • théologique et spirituelle: assumer les défis de l’existence en dialogueavecDieu

  9. 3) Enjeuxthéologiques, spirituels et existentiels de sadémarche a) Au point de départ: l’ambivalence «L’ambivalence, chezmoi, estunecalamité.» (p. 93) «Il estbiendifficile de vivre en bonneintelligenceavecDieu et avecsonbas-ventre.» (p. 120) b) «La fillequi ne savaitpass’agenouiller» (p. 218) «La fillequi ne savaitpass’agenouiller, mais a fini par l’apprendre, sur le rudetapis de sisald’unesalle de bainsunpeufouillis» (p. 222) «on diraitque le geste de l’agenouillementestmodelédanstoutmoncorps, je le sens parfoisdanstoutmoncorps. Parfois, […], ilmevientunbesoinirrépressible de m’agenouiller, la têteinclinéebienbas, le visageenfouidans les mains» (p. 451) c) A quelDieus’adresse la prière?

  10. un Dieu de faiblesse - comparaison Dietrich Bonhoeffer, arrêté par la Gestapo, écrit de sa cellule dans une lettre du 16 juillet 1944 : « Dieu nous fait savoir qu’il nous faut vivre comme des êtres qui parviennent à vivre sans Dieu. Le Dieu qui est avec nous est celui qui nous abandonne (Mc 15, 34). […] Dieu, sur la croix, se laisse chasser du monde. Dieu est impuissant et faible dans le monde, et ainsi seulement il est avec nous et nous aide. Mt 8, 17 indique clairement que le Christ ne nous aide pas par sa toute-puissance, mais par sa faiblesse et sa souffrance ! » D. Bonhoeffer, Résistance et soumission, Genève, Labor et Fides, 2006, p. 431-432 Etty Hillesum, dans une note de journal du 12 juillet 1942 : « Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider – et, ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il nous est possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte. Un peu de toi en nous, mon Dieu. » (p. 679-680)

  11. d) Ecouter au-dedans («hineinhorchen») «Hineinhorchen, écouter au-dedans, je voudraisdisposerd’unverbehollandaispourdire la mêmechose. De fait, mavien’estqu’uneperpétuelleécoute au-dedans de moi-même, des autres, de Dieu. Et quand je disquej’écoute au-dedans, en réalitéc’estplutôtDieu en moiquiest à l’écoute. […]. DieuécouteDieu.» (p. 719) • Elargir la vie – en intégrant la mort «L’éventualité de la mortestintégrée à mavie; regarder la mort en face et acceptercettemort, cetanéantissement, toute forme d’anéantissement, commepartieintégrante de la vie, c’estélargircettevie. […] Cela peutparaîtrepresque paradoxal: en excluant la mort de savie on se prived’uneviecomplète, et en l’yaccueillant on élargit et enrichitsavie.» (p. 646)

  12. f) Ne pas se soucier du lendemain (Matthieu 6) «Encoreunefois, je notepourmon propre usage: Matthieu 6, 34: Ne vousinquiétezdoncpas du lendemain, car le lendemainaurasoin de lui-même. A chaque jour suffitsapeine. – Il faut les éliminerquotidiennementcomme des puces, les millepetitssoucisquenousinspirent les jours à venir […] Notre uniqueobligationmorale, c’est de défricher en nous- mêmes de vastesclairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’àcequecettepaixirradievers les autres. Et plus il y a de paixdans les êtres, plus il y en auraaussidanscemonde en ébullition.» (p. 740-41) g) Spiritualité et éthique «Cematin, j’ailuunmoment Maître Eckart, puisj’ainettoyé des W.-C.» (lettre, p. 791)

  13. - l’amour, contre la haine (1 Corinthiens 13) - «aimezvosennemis» (Mathieu 5, 44) h) La vieest belle pourtant! «C’estcommeunepetitevaguequiremontetoujours en moi et meréchauffe, mêmeaprès les moments les plus difficiles: comme la vieest belle pourtant! C’estunsentimentinexplicable. Il ne trouvepas non plus le moindreappuidans la réalitéquenousvivons en cemoment.» (p. 736) i) Unethéologie de la création «J’aiaccueilliavecjoiel’intuition de la beauté, en dépit de tout, du mondecréé par Dieu.» (p. 61) «Mon Dieu, je teremercie de m’avoirfaitecomme je suis.» (p. 258)

  14. «Quand je pense aux visages des soldats en uniforme vert de l’escorte armée, mon Dieu, ces visages! Je les ai examinés l’un après l’autre, dissimulée dans mon poste d’observation, derrière une fenêtre. Jamais rien ne m’a tant épouvantée que ces visages. Je me suis posé des questions sur cette parole qui est le fil conducteur de ma vie: Et Dieu créa l’homme à son image [Genèse 1, 27]. Oui, cette parole a connu chez moi une matinée difficile.» (lettre, p. 903)

  15. En guise de conclusion: non pas une sainte, mais une témoin «Je devraisbrandircefrêlestylocommeunmarteau et les motsdevraientêtreautant de coups de mailletpourparler de notredestinée et pourraconterunépisode de l’histoirecommeiln’y en a encorejamaiseu. […] Il faudrabientout de mêmequelquessurvivantspour se faire un jour les chroniqueurs de cetteépoque. J’aimeraisêtre, moiaussi, unepetitechroniqueuseparmieux.» (p. 673-74)