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UE 103-104 La fabrique de l’événement CM « Constructions de l’événement »

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UE 103-104 La fabrique de l’événement CM « Constructions de l’événement ». Partie I Événement et médias. Introduction. Comment les médias sont-ils impliqués dans les événements « modernes »?

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ue 103 104 la fabrique de l v nement cm constructions de l v nement

UE 103-104 La fabrique de l’événementCM « Constructions de l’événement »

Partie I

Événement et médias

introduction
Introduction
  • Comment les médias sont-ils impliqués dans les événements « modernes »?
  • Distinction de Pierre Nora entre événement moderne, nécessairement médiatique, et événement historique.
  • La médiatisation ne se contente donc pas de relayer l’événement moderne. Pour Pierre Nora, elle le constitue, le fait exister dans l’espace public en le publicisant.
ex affaire dreyfus la premi re affaire
Ex. Affaire Dreyfus -> la première « affaire »
  • Affaire: déf. Robert: «  scandale social ou politique venant à la connaissance du public », en l’occurrence grâce aux médias.
  • Le J’accuse de Zola à la Une de l’Aurore (13/01/1898) fait éclater ce scandale : jusque là, la culpabilité de Dreyfus était peu ou prou admise par tous ceux qui était au courant de ce fait d’espionnage, hormis la famille de Dreyfus et l’écrivain Bernard Lazare qui avait rédigé un dossier démontrant l’innocence du capitaine.
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Le phénomène va plus loin: les médias agissent en profondeur sur l’événement, en déterminent le cours même.
  • Cf. Eliseo Veron, « Les médias en réception : les enjeux de la complexité », Médias-Pouvoirs, n° 21, janvier-mars 1991:

distinction entre sociétés médiatiséeset sociétés médiatiques.

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Sociétés médiatisées : les médias rendent compte d’un événement et l’amplifient.

  • Sociétés médiatiques : elles s’organisent en fonction des médias.
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En l’occurrence, les événements se calent sur des contraintes médiatiques.

ex. dirigeants faisant des déclarations au moment du journal télévisé ou juste avant pour qu’elles soient retransmises massivement, et fassent l’événement.

comment les m dias infl chissent le cours des v nements dans certaines affaires
Comment les médias infléchissent le cours des événements dans certaines « affaires ».

Entre autres exemples,

  • Watergate(1972-1974) : Carl Bernstein et Bob Woodward, reporters au Washington Post, démontrent l’implication de la Maison Blanche dans l’espionnage effectué au sein du siège du Parti Démocrate à Washington.

-> Scandale provoquant une procédure d’impeachment contre le président Richard Nixon, qui quitte la Maison Blanche en 1974. Preuve d’un « 4ème pouvoir » aux EU.

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Affaire Grégory (1984) : intrusion de la presse ; pression permanente : montre à quel point les protagonistes devaient communiquer avec les journalistes.

« Les médias constituent en effet l’un des principaux lieux d’affrontement pour les différents acteurs de cette affaire : entre les avocats opposés politiquement, entre les policiers et les gendarmes, etc. »

Dominique Marchetti, « Faits divers et diversion. Les « dessous médiatiques » de l’affaire Villemin »,

http://www.acrimed.org/article212.html

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De plus, la médiatisation de l’affaire influence les juges, entre autres-> les médias chargent la mère de la victime, ce qui entraîne l’inculpation de Christine Villemin en 1985 par le juge Lambert. En février 1993, elle bénéficiera d’un non-lieu.
  • Affaire Outreau (2004) : emballement médiatique autour de l’implication supposée de notables dans une affaire de pédophilie.

etc.

2 tude de cas la t l vision c r monielle
2) Étude de cas : la télévision cérémonielle
  • Restriction du champ: un média, un type d’événement.
  • Pourquoi un tel choix?
  • un type d’événement parmi les plus représentatifs du rôle des médias dans la construction d’un événement, et de leur capacité à construire l’espace public.
  • Ce type d’événement transpose « sur le registre télévisuel un modèle venu de la presse écrite : le modèle de l’affaire. »
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« Depuis l’affaire Dreyfus, l’ « affaire » constitue « l’une des formes sociales dont disposent les gens pour s’opposer et pour se lier ». Le modèle de l’affaire permet de voir que l’espace public n’est pas « seulement le lieu d’un débat raisonnable sur des questions qui importent. Sa constitution s’opère autour de causes. »

Luc Boltanski, La souffrance à distance, Métailié, 1993.

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« Plutôt que d’étouffer tout débat public, certains événements-spectacles représentent donc un accès à ce débat ; ils ouvrent l’espace public en direction de ceux qui sont le plus souvent exclus des processus de délibération. […]
  • Ils figurent en effet au nombre de ces « fictions médiatrices » qui permettent aux individus de se représenter la totalité d’une société. »

Daniel Dayan, Elihu Katz, La télévision cérémonielle, PUF,1996, p.XVIII.

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« Des événements tels que les Jeux olympiques, le voyage d’Anouar el-Sadate à Jérusalem, les funérailles de J.-F. Kennedy ont en effet donné naissance à un nouveau genre narratif. Jouant des possibilités de diffusion simultanée offertes par les médias électroniques, les récits à l’extrême présent qui constituent ce genre unifient de vastes aires géographiques en y suscitant une temporalité commune. » -> un genre narratif nouveau.

Dayan, Katz, 1996, p.1.

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Plan

I) La télévision cérémonielle: définition

II) Les formes de cérémonies télévisées

III) Effets et conséquences des cérémonies télévisées

i la t l vision c r monielle d finition
I) La télévision cérémonielle: définition
  • Un genre spécifique.
  • Autres appellations : « rituels télévisés », « événements médiatiques », « media events » mais attention à la connotation péjorative en anglais = pseudo-événements, événements artificiellement montés par les médias, qui leur donneraient une importance qu’ils ne devraient pas avoir.
qu est ce que la t l vision c r monielle
Qu’est-ce que la télévision cérémonielle?
  • Titre anglais de l’ouvrage: Media Events. The Live Broadcasting of History, 1992.
  • La télévision qu’on regarde en masse en ayant l’impression que quelque chose d’important est en train de se passer.
  • Mais quelles sont les caractéristiques de ce genre?
1 1 des missions en rupture avec le quotidien
1.1. Des émissions en rupture avec le quotidien
  • Des interruptions dans le flux des programmes.
  • Annulation de la programmation habituelle => L’événement s’assure un aussi-monopole de l’attention (presque toutes les chaînes le diffusent).
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Ex.1 Premier homme sur la Lune (Neil Armstrong, 21 juillet 1969).

Ex.2. signature des accords de paix israélo-palestiniens d’Oslo (13 septembre 1993), accords de Washington avec poignée de main entre Arafat et Yitshak Rabin.

Ex.3. Mariage entre le Prince Charles et Diana Spencer en 1981 diffusé par les principales chaînes britanniques et dans le monde entier, en direct.

Ex.4.Cérémonie de funérailles de Michael Jackson en juin 2009.

1 2 des v nements organis s en dehors des m dias
1.2. Des événements organisés en dehors des médias
  • Sans les médias, ces événements auraient pu avoir lieu. Théoriquement, la télévision ne représente à leur égard qu’un moyen de transmission.
  • Se produisent loin des studios, en « extérieurs ».
  • Leur diffusion en direct implique que leur déroulement est difficilement contrôlable : part d’imprévu, dérapage.
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Ex1. Prise d’otages des athlètes israéliens par des terroristes palestiniens pendant les jeux olympiques de Munich en 1972.

Ex2. « Nipplegate » au sujet de Janet Jackson lors de l’ouverture du Superbowl (championnat de football américain) en 2004. Procès contre la chaîne CBS.

Ex3. Parcours de la flamme avant les jeux olympiques de Pékin (2008).

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Organisation par des organisations porteuses de valeurs consensuelles (le « centre » de la société) : la couronne britannique, des représentants de différents Etats, le CIO ;
  • Sentiment général : Obligation d’assister, « norme du voir ».
d embl e quelques contre exemples rep rables
D’emblée, quelques contre-exemples repérables:
  • Woodstock (1969): non représentatif des valeurs du « centre », non diffusé;
  • Concours Eurovision de la chanson, une création de la télévision pour la télévision;
  • Feuilletons : Holocauste (années 1970), Dallas (1980) : suivis par des millions de téléspectateurs, mais intrinsèques aux médias et pleinement inscrits dans le flux télévisuel.
1 3 des v nements pr vus d avance
1.3. Des événements prévus d’avance
  • Planifiés, annoncés plus ou moins longtemps à l’avance à grands renforts de publicité.
  • Effet d’annonce permettant au public d’anticiper l’événement et de s’y préparer. Installation d’une attente
  • Attente longue: promotion de la diffusion des J.O., désignation de la ville organisatrice, Allumage et parcours de la flamme, etc.
  • Attente courte: cérémonie d’hommage à Michael Jackson.
1 4 un d roulement c r moniel
1.4. Un déroulement cérémoniel
  • Hymnes (Mondial de football);
  • Défilés (J.O.), marches funèbres;
  • Mise à profit de monuments (cathédrale St Paul pour la mariage de Charles et Diana);
  • Ballets diplomatiques;
  • Symboles (poignée de main Arafat-Rabin sollicitée par Bill Clinton, flamme et anneaux olympiques).
1 5 des audiences consid rables
1.5. Des audiences considérables
  • « Norme du voir » (p.9).
  • De très vastes audiences : une nation, plusieurs, voire le monde entier (mondiovision).
  • D’où un puissant rôle d’intégration.
  • Des événements qui parlent avant tout de réconciliation :
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- Jeux olympiques : performances d’individus, pas de compétition entre nations. Sportivité, fair-play : « l’essentiel est de participer ». Il vaut mieux s’affronter sur un terrain que par la guerre.

- Signature d’accords de paix.

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Mise en suspens des difficultés, des contrariétés : mariage de Charles et Diana, dans un Royaume-Uni aux prises avec la crise et les réformes ultralibérales de Margaret Thatcher.

http://www.ina.fr/fictions-et-animations/adaptations-litteraires/video/CAB8100910201/londres-mariage-de-diana.fr.html

  • Rétablir un consensus, ne serait-ce que provisoire.
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Ces cérémonies maintiennent un statu quomais en même temps, en interrompant le cours habituel des événements, instaurent un

« mode subjonctif de la culture »

(Victor Turner, The Ritual Process : Structure and Antistructure, Cornell University Press, 1969) 

  • Elles introduisent en effet de nouvelles possibilités: réexamen des valeurs centrales d’une société.
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Ex. La diffusion des voyages de Jean-Paul II en Pologne contribue à affaiblir le pouvoir communiste dans ce pays et plus largement dans le bloc soviétique.

ii les formes de c r monies t l vis es
II) Les formes de cérémonies télévisées
  • Trois types :
  • Conquêtes;
  • Confrontations;
  • Couronnements.
2 1 les conqu tes
2.1. Les conquêtes
  • Elles consistent en la reconnaissance par un large public d’un ou de plusieurs personnages charismatiques qui contiennent la promesse d’un changement profond de l’histoire.
  • Des événements toujours uniques, sous le signe d’une transgression des règles.
  • Le personnage en question prend des risques, il accomplit un exploit qui s’accompagne d’une séduction charismatique.
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Sa position fragile, puisqu’il prend des risques, est renforcée par le soutien dont il bénéficie grâce aux médias.
  • Le fait que des citoyens le regardent à la télévision constitue une forme d’encouragement :
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Ex1. Jean-Paul II en visite en Pologne. L’Église est jugée ennemie du pouvoir communiste : le fait qu’il vienne dans son pays natal est un défi. Le fait que les Polonais le regardent à la télévision est la marque de leur attachement à ce personnage et un acte d’opposition au pouvoir en place.

  • Ex2. Sadate, 1er dirigeant arabe en visite officielle en Israël (1977)
2 2 les confrontations
2.2. Les confrontations
  • Ce sont des affrontements gouvernés par des règles, menés au nom de groupes identifiables par des représentants – « élus » ou « champions » – de ces groupes.
  • agon en grec = affrontement.
  • Ex. Jeux Olympiques, Coupe du monde de Football, débats électoraux (mais événement en grande partie intrinsèque aux médias).
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Règles strictes (règle du jeu, règle des débats présidentiels) ;
  • Individus ou équipes de force comparable ;
  • Événements récurrents pour la plupart, périodicité.
  • Multiplicité des points de vue possibles : légitimation et canalisation d’un conflit.
  • Question posée : qui va gagner ? (cf. débat présidentiel)
2 3 les couronnements
2.3. Les couronnements
  • N.B. Ne pas prendre cette expression au sens littéral mais dans un sens métaphorique.
  • Il s’agit de la consécration de l’action d’un personnage.
  • S’y joue l’attachement à certaines valeurs, la dramatisation de l’identité collective à travers son histoire et son hagiographie.
  • Le héros couronné est, comme le héros charismatique, glorifié, mais se retrouve ici dans une position passive, réduit au statut d’emblème.

=> Beaucoup de « couronnements » sont en fait des enterrements!

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Ex. funérailles de Michael Jackson. Beaucoup d’interrogations de par le monde sur l’émotion suscitée dans toute la planète, sur le besoin de communier autour de ce personnage jusque-là si controversé ou au contraire presque oublié, ringardisé. Sanctification.
  • Idem pour la Princesse Diana, après son décès accidentel le 31 août 1997. D’ailleurs, des propositions très sérieuses de sanctification.
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Vrais couronnements (ex. Elisabeth II, 2 juin 1953: « La télévision, grâce au couronnement a fait la conquête du grand public », lit-on dans le Figaro du lendemain.
  • Mariages princiers.
  • Dans un registre moins solennel : cérémonie des Oscars, des Césars.
iii effets et cons quences des c r monies t l vis es
III) Effets et conséquencesdes cérémonies télévisées

3.1. Effets liés à des événements spécifiques

Les effets propres à un événement donné mettent en évidence son caractère performatif, c’est-à-dire qu’ils se déclenchent dès que la décision de le diffuser sous la forme d’une cérémonie télévisée est annoncée.

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3.1.1. Effets sur les organisateurs et les acteurs
  • Dès qu’ils annoncent publiquement qu’une cérémonie télévisée va avoir lieu, les organisateurs s’exposent à des pressions.
  • Mise à l’épreuve de la visée consensuelle de la cérémonie :
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ex. échauffourées dans les jours qui ont précédé le mariage de Charles et Diana en Angleterre en 1981.

  • 1936 : le régime nazi obligé d’entériner la participation de l’athlète noir américain Jesse Owens aux Jeux Olympiques de Berlin.
  • Boycott des J.O.: 1980 Moscou, 1984 Los Angeles.
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Les cérémonies télévisées confèrent un statut mythique à leurs protagonistes : Kennedy canonisé, Diana idem.
  • La transmission en direct oblige à des résultats spectaculaires. L’événement doit tenir ses promesses.

Ex. au sommet de Genève en 1985, Reagan et Gorbatchev sont poussés par la télévision et le poids de l’opinion publique à donner des gages en matière de désarmement => signature du traité de Washington en 1987.

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La transmission en direct transforme les acteurs secondaires en célébrités : ex. Bob Geldof, organisateur du Live Aid (1985) puis du Live 8 (2005), astronautes des missions Apollo.
  • Les cérémonies télévisées confèrent du charisme aux leaders et leur donnent ainsi une plus grande liberté d’action: ex. Jean-Paul II enfreint le protocole et fausse compagnie à ses gardes du corps; Sadate et Begin vont au-delà des concessions auxquelles ils étaient censés consentir.
3 3 2 effets sur les journalistes et sur les organisations m diatiques
3.3.2. Effets sur les journalistes et sur les organisations médiatiques
  • Les cérémonies télévisées reconfigurent les pratiques journalistiques: le reportage est neutralisé au profit d’une fonction cérémonielle : « componction », révérence, prêtres, « photographes de noces », convives ou acteurs de l’événement: recul ?
  • Mais les organisations médiatiques (les télés) gagnent en légitimité en démontrant leur capacité à jouer un rôle intégratif ou consensuel. Elles se sont montrées à la hauteur de l’événement, le cas échéant, ont manifesté leur capacité à fédérer un large public.
  • Ex.Téléthon -> « télévision médiatrice » (Dominique Mehl).
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3.3.2. Effets sur les spectateurs
  • Interruption des rythmes de la vie quotidienne ;
  • Investis de rôles cérémoniels : juges, témoins, arbitres ou partisans (confrontations), pèlerins, compagnon de deuil (couronnements-funérailles).
  • Attitude réflexive : « mode subjonctif de la culture » -> interruption du temps social, l’événement attire l’attention sur les normes qui régissent la vie quotidienne et sur ce qu’elles peuvent avoir d’arbitraire.
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Sociabilité spécifique : le public des cérémonies télévisées traduit un besoin de communauté. Vivre ensemble : criminalité diminue, occasion de mettre fin à d’anciennes querelles, liens amicaux et familiaux renoués, prétexte à sociabilité.
  • Expérience d’immersion, par l’appartenance à une immensité.
3 3 3 effets sur l opinion publique
3.3.3. Effets sur l’opinion publique
  • Les cérémonies télévisées sont une source de prestige pour les institutions qu’elles célèbrent : sport pour JO, monarchie pour un mariage royal, NASA pour 1er alunissage, etc.
  • Un puissant moyen d’agir sur l’agenda politique en focalisant l’attention publique sur certains thèmes. Elles ne parviennent pas toujours à susciter l’adhésion mais suscitent au moins un débat public sur les thèmes qu’elles ont privilégié.
  • Elles ne déterminent pas quoi penser mais à quoi penser => proies de choix pour les organisations terroristes (ex. prise d’otages de Munich 1972)
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Elles peuvent affecter l’opinion publique en encourageant ou en inhibant l’expression de préférences, valeurs ou croyances : « spirale du silence » (Elisabeth Noelle-Neumann).

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Les cérémonies télévisées peuvent donner à des groupes marginalisés l’occasion de manifester au grand jour des positions tenues jusque-là pour illégitimes:

en 1989, rôle dans la « chute du Mur » de la diffusion à la télévision des manifestations en Europe communiste

Sans télévision:

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAB89041675/manifestation-leipzig-ambassade-prague.fr.html

Avec la télévision:

http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/guerre-froide/video/CAB89047711/implosion-a-l-est.fr.html

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Retournements de l’opinion ;
  • cristallisation de tendances latentes dans l’opinion ;
  • changements politiques : impact sur l’opinion publique de la visite de Sadate à Jérusalem a déclenché le processus menant aux accords de Camp David (1978) conduisant à un traité de paix israélo-égyptien l’année suivante.
3 2 effets li s au genre des c r monies t l vis es
3.2. Effets liés au genre des cérémonies télévisées
  • Effets en soi du genre de la cérémonie télévisée. Que changent son émergence et son développement ?

3.2.1. Effets sur les institutions politiques

  • Les cérémonies télévisées initient les citoyens aux structures politiques d’une société par leur visée pédagogique, et leur mise en scène schématique.
  • Ex. tribune de la place rouge pendant les cérémonies du 1er mai en URSS .
  • Défilé du 14 juillet en France.
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Renforcement du statut des dirigeants, en éliminant les intermédiaires entre ceux-ci et les gouvernés. Ex. discours ou interviews du président de la République en France.

->Manière de passer par-dessus la tête des élus pour s’adresser directement aux citoyens. Personnalisation du pouvoir.

  • Les confrontations politiques obligent le citoyen à s’exposer aux messages de l’ « autre bord ».
  • Bouleversement de l’organisation des pratiques politiques : modification de la scénographie des conventions aux États-Unis, des meetings électoraux en France, des débats entre candidats.
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La transmission en direct de cérémonies télévisées devient une obligation pour les grands moments politiques : la forme du débat télévisé Nixon-Kennedy (1960) s’exporte dans toutes les démocraties.
  • Les cérémonies télévisées scandent l’histoire politique. Histoire de la télévision d’abord (1ère grande transmission cérémonielle = les JO de Berlin en 1936). Mais aussi mémoire collective, d’un pays ou de la planète.
  • Dans un contexte d’éclatement de l’offre et de la consommation médiatique, la transmission en direct des cérémonies télévisées permet épisodiquement une expérience partagée du « centre » : elle garantit à la sphère publique un minimum d’unité.
3 2 2 effets sur les relations internationales
3.2.2. Effets sur les relations internationales
  • Avec les cérémonies télévisée et la multiplication des sommets, la personnalisation du pouvoir affecte aussi la diplomatie : les politiques peuvent s’appuyer sur ces cérémonies pour court-circuiter les diplomates, les ambassadeurs, le protocole ;
  • Transformée en exercice public, la diplomatie gagne en transparence.
  • Mais gageure de négocier à ciel ouvert, car on s’adresse en même temps à l’opinion de son pays, à celle de l’adversaire ainsi qu’à l’opinion internationale.
  • Déplacement des frontières. Partage d’une même expérience cérémonielle. Mise au diapason avec un autre peuple, une autre société.
3 2 3 effets sur la religion
3.2.3. Effets sur la religion
  • Télévisées, les cérémonies télévisées portent les débats internes des religions sur la place publique : ex. visites du pape Jean-Paul II en Amérique latine contestée par les théologiens de la libération ;
  • Elles estompent la frontière entre le sacré et le profane : par sa visite en Pologne, le pape fait œuvre de diplomatie, agit comme un homme politique. En sens inverse, la politique peut apparaître comme une religion civile : ex. cérémonie d’investiture du président de la République française.
  • Portée œcuménique : connaissance des autres religions, capacité à transporter le téléspectateur dans un autre contexte religieux ;
  • Accentuation des hiérarchies religieuses : personnalisation par la télévision, starification du pape par exemple.
3 2 4 effets sur la m moire collective
3.2.4. Effets sur la mémoire collective
  • Une historiographie visuelle. Constamment rediffusées par la télévision elle-même. Transposition fictionnelle ;
  • Monuments d’un nouveau type : existent par la mémoire qui s’en empare ou les rejette. Ex. Les survivants de la Révolution bolchévique s’en souviennent à travers sa transposition cinématographique stylisée et idéalisée par Eisenstein (Octobre, 1927) ;
  • Fournissent un cadre à la mémoire collective et individuelle, une passerelle ente les deux : ex. chacun peut dire où il était et avec qui quand la chute officielle du mur de Berlin a eu lieu le 9 novembre 1989.
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L’interruption temporelle qu’elles supposent peut signaler la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère.
  • Les cérémonies télévisées tirent l’histoire du côté de la mémoire collective ->retour à la tradition orale. Elles proposent une histoire « stroboscopique », faite d’événements décontextualisés.
  • Les cérémonies télévisuelles sont souvent rabattues sur des modèles : en l’occurrence, d’autres cérémonies du passé. ex. Funérailles de Kennedy le hissent au niveau du Président Lincoln.
3 2 5 effets sur la c r monialit publique
3.2.5. Effets sur la cérémonialité publique
  • Réaménagement des grandes cérémonies publiques : organisation aléatoire du mariage de la reine Victoria, mais celui du prince Charles est rigoureusement pensé en prévision de sa diffusion télévisée.
  • Les cérémonies télévisées permettent à l’ensemble d’une population d’assister au même événement au même moment (contrairement aux cérémonies réservées aux élites jadis, interdites aux profanes) ;
  • Fictionnalisation des formes cérémonielles du fait de la télédiffusion : mise en récit.
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Décontextualisation des événements : pas besoin d’être présent pour comprendre ce qui se passe. Organisation de façon à être intelligible à distance. Passage d’une logique théâtrale à une logique cinématographique.
  • Dénaturation du rapport entre « original » et « copie » : ce qui va être suivi d’effets, c’est non pas l’événement en lui-même mais son image, sa représentation télévisuelle. Cf. Baudrillard, notion d’ « hyperréalité », de « simulacre ».

-> C’est cette image qui va s’inscrire dans la mémoire collective. Au point que si on est présent sur les lieux, on rate l’événement, à savoir l’image qu’en a donnée la télévision. Le point de vue qui fait date est celui de la télévision et non celui des acteurs ou des témoins.

conclusion
Conclusion
  • Des événements non plus télévisés, mais télévisuels.
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