Histoire de l europe de l est et des balkans
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Histoire de l’Europe de l’Est et des Balkans. Sixième cours : Monténégro, Slovénie et Croatie. 2.2 – Évolution historique 2.2.1 – Des origines au XXe siècle

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Histoire de l europe de l est et des balkans

Histoire de l’Europe de l’Est et des Balkans

Sixième cours :

Monténégro, Slovénie et Croatie


2.2 – Évolution historique

2.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Les ancêtres des Serbes arrivèrent dans la péninsule balkanique au VIIe siècle environ. À cette époque, rien ne distinguait les Croates des Serbes et il n’y existait pas un État serbo-croate, mais bien plusieurs.

  • La dynastie des Nemanjić (1170-1371) joua un grand rôle dans l'émergence d'un territoire serbe libéré. De cette époque date aussi la formation de l'Église orthodoxe serbe autocéphale.

  • Sous Dusan (1331-1355), la Serbie devint le plus puissant des États des Balkans, lequel comprenait en outre une partie de la Bosnie, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine, l'Albanie et la Grèce du Nord.

  • Culturellement et artistiquement très développée, la Serbie médiévale était politiquement instable, à cause des rivalités entre féodaux.


  • L’empire de Dusan sera peu à peu conquis par l'Empire ottoman. Le moment symbolique de la chute des Serbes fut la bataille de Kosovo Polje, le 28 juin 1389, même s’il faut attendre la chute de Smederevo (1459) pour voir tous les territoires passés sous la domination ottomane.

  • Sous cette occupation, les territoires serbes acquirent leur spécificité. La population organisa des révoltes, poussant la Sublime Porte à ne pas procéder à l’islamisation de la population et à concéder des droits religieux.

  • C’est de cette époque que datent les premières vagues d’immigration serbes vers des territoires soumis à l’Autriche, alors qu’en Voïvodine, des Hongrois s'installaient.

  • Au XIXe siècle, la région changea sous l’impulsion du nationalisme et de ses nombreuses révoltes, particulièrement dans les zones sous occupation ottomane. La bourgeoisie serbe souhaitait créer un État spécifique doté d'une organisation politique territoriale.


  • Les insurrections nationales se multiplièrent et après de multiples échecs, parvinrent à arracher une autonomie pour la Serbie en 1830.

  • Mais, il fallut le Congrès de Berlin pour que l’indépendance de la Serbie soit reconnue. L'idéologie nationale serbe gagna la conscience populaire et finit par imposer le concept de « nation serbe » sur une réalité démographique éclatée.

  • Dès lors, les projets politiques nationaux prirent deux voies : ou bien l’union des Slaves du sud, ou bien un cadre étatique plus exclusif, avec une politique territoriale impérialiste.

  • À cette époque se structurent formellement les différentes langues de la zone. En ce qui concerne le serbo-croate, trois dialectes particuliers en formèrent la base.

  • Peu développée, la Serbie eut de la difficulté à s’éloigner de la structure agraire qui était la sienne et ce n’est qu’au début du XXe siècle que l’on assiste à un certain essor économique.


2.2.2 – Le XXe siècle multiples échecs, parvinrent à arracher une autonomie pour la Serbie en 1830.

  • La Serbie devint un royaume et la Constitution de 1888 instaura un pouvoir monarchique parlementaire relativement démocratique. La direction de l'État était exercée par le roi, qui n'avait qu'un rôle très limité, le pouvoir étant détenu par la Chambre des députés, issue du suffrage universel.

  • Le recul de l’Empire ottoman laisse place à la puissance autrichienne, qui parvint en 1878 à obtenir le contrôle de la Bosnie-Herzégovine. L'annexion de la Bosnie-Herzégovine en 1908 envenima les relations serbo-autrichiennes et accéléra le processus de libération des territoires

  • À l’issue de la première guerre balkanique (1912-1913), il ne restait plus rien des possessions turques en Europe. Les quatre États de la Ligue balkanique (Serbie, Monténégro, Grèce et Bulgarie) déclarèrent la guerre à la Turquie, et le traité de Londres de mai 1913 ratifia la libération de la Macédoine, du Kosovo et du sandjak de Novi Pazar.


  • Le 28 juin 1914, François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo. poussant l’Autriche à déclarer une guerre qui, au terme de durs combats, confirma l'effondrement de l'Empire austro-hongrois. En juillet 1917 naissait le royaume yougoslave.

  • Le 1er décembre 1918 fut proclamé officiellement la création du royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Les principaux partis politiques serbes étaient centralisateurs et l'élite serbe devint rapidement dominatrice.

  • Une dictature fut instaurée en 1929 par le roi Alexandre Ier. À la mort de ce dernier, la dérive autoritaire se poursuivit, dans un contexte où les rivalités politiques, surtout Serbes et Croates, s'exacerbaient. Le ciment politique n’avait pas pris.

  • En mars 1941, le gouvernement yougoslave adhère au pacte germano-italien, mais sous la pression de la rue, dut l’annuler deux jours plus tard. Hitler attaqua le pays qui fut occupé par l'Allemagne nazie et ses alliés hongrois, bulgares et albanais.


  • Durant la guerre, trois courants antagonistes s'opposaient dans le royaume de Yougoslavie : les tchetniks, les partizani et les oustachis. Le retrait des troupes ennemies en 1945 confirma la victoire du Parti communiste yougoslave, et la Yougoslavie socialiste fut proclamée le 29 novembre 1945.

  • La Yougoslavie titiste emprunta des voies différentes de celles de l’URSS et lança en 1952-1953 sa théorie de la troisième voie. Le système économique du pays était aussi beaucoup plus souple que le modèle soviétique d’origine.

  • Mais la première préoccupation du régime était de maintenir ensemble des territoires variés et de faire taire les nationalismes, surtout serbe et croate, au bénéfice d’une identité yougoslave qui ne fut jamais bien réelle.

  • Pour ce faire, outre la répression, Tito choisit de décentraliser, ce qui conduisit à la création d’un fossé entre les républiques riches et les républiques pauvres, dont la Serbie.


  • La solidarité interfédérale ne fonctionnant plus, les tensions économiques vont exacerber les nationalismes ; l'économie constitue un facteur majeur de l'éclatement du pays.

  • Par la constitution de 1974, Tito octroya l’autonomie à la Voïvodine et au Kosovo. Dans ce dernier, les autorités « albanisent » alors les structures de la province et les tracasseries contre les Serbes se multiplient.

  • Les choses se gâtent à partir de la mort de Tito (1980), alors que Milosevic entame son ascension politique, qui le conduira en 1989 à la tête de la république serbe. Il se fait le héraut du nationalisme serbe et se débarrasse de la vieille garde titiste.

  • En mars 1989, les autonomies du Kosovo et de la Voïvodine sont supprimées, provoquant des manifestations au Kosovo, où l'armée fédérale est envoyée. En juillet, Milosevic transforme la Ligue des communistes serbes en Parti socialiste serbe, avec lequel il remporte les législatives.


  • En avril 1991, les Krajina croates annoncent leur rattachement à la Serbie et le 6 juin, les présidents des six républiques se réunissent pour la dernière fois à Sarajevo, en vain : les Slovènes et les Croates déclarent alors leur indépendance.

  • Les guerres yougoslaves commencent le 28 juin 1991, lorsque l’Armée fédérale attaque la défense territoriale slovène, après que les référendums tenus en Slovénie et en Croatie aient donné la victoire aux partisans de l’indépendance.

  • L’Armée yougoslave passe sous le contrôle de Milosevic. Défait, il change de tactique et favorise la partition des territoires croates peuplés de Serbes.

  • En février et mars 1992 les Bosniaques et les Monténégrins se prononcent sur le maintien dans la Fédération. Les Monténégrins votent pour à 66 %, mais pas les Bosniaques et les Serbes de Bosnie proclament l'indépendance de la République serbe de Bosnie-Herzégovine.


  • Le 27 avril, Serbes et Monténégrins forment la République fédérale de Yougoslavie.

  • Milosevic sort victorieux de l’élection présidentielle serbe de 1991. À partir de 1992, les combats s’intensifient et les armées des Serbes de Bosnie et de Croatie occupent près de 30 % de la Croatie et 55 % de la Bosnie, pratiquant à grande échelle « le nettoyage ethnique » et les massacres de civils.

  • Tout change en 1995 : Washington impose aux Croates et aux Musulmans d'unir leurs forces. En quelques jours, la Slavonie occidentale et les Krajina serbes s'effondrent, alors que les Serbes de Bosnie perdent 15 % du territoire qu'ils occupaient. Milosevic n’a plus le choix et le 21 novembre 1995 sont signés les accords de Dayton

  • Ceux-ci mettent fin aux guerres sans prendre en compte la question albanaise, ce qui fragilise la position des modérés albanais au profit de l’UCK, qui favorise la lutte armée pour obtenir l’indépendance.


  • Dès 1996, l’UCK multiplie attentats et assassinats. Pendant ce temps, la lutte en Serbie s’exacerbe entre nationalistes et partisans d’un rapprochement avec l’Occident.

  • Ne pouvant briguer un troisième mandat à la présidence serbe, Milosevic se fait élire à la présidence fédérale. L'ONU exige un cessez-le-feu le 23 septembre 1998.

  • Le 15 janvier 1999, le « massacre » de Raćak décide les Occidentaux à agir. Suite à l’échec de la conférence de Rambouillet, les forces serbes lancent une grande offensive au Kosovo et le 24, l'OTAN attaque la Serbie.

  • Toutes les infrastructures économiques du pays sont bombardées et 5 000 personnes périssent dans les combats et les bombardements. Mais sur le terrain, les Serbes s’imposent

  • Le 27 mai, Milosevic est inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour la Yougoslavie .


  • Pour sauvegarder son pouvoir, il accepte le cessez-le-feu le 9 juin. L'armée quitte le Kosovo avec des pertes minimes.

  • Le 12 juin, la KFOR entre au Kosovo avec l’UCK qui aussitôt pratique le nettoyage ethnique : cent cinquante mille Serbes, cinquante mille Roms et plusieurs milliers de Gorans (Macédoniens islamisés) quittent la région.


2.2.3 – Depuis 2000 9 juin. L'armée quitte le Kosovo avec des pertes minimes.

  • En 2000, Milosevic est remplacé par Kustunica , qui accepte de le livrer au TPIY. Le 30 avril, il est capturé et transféré à La Haye où il répondra à des accusations de crimes contre l’humanité et de crime de guerre. Il meurt en 2006.

  • En 2006, un référendum tenu au Monténégro donne la victoire aux partisans de l’indépendance et le Monténégro quitte alors la fédération de Serbie-et-Monténégro, État successeur de la fédération yougoslave, mettant ainsi fin de facto à l’existence de celle-ci.

  • En 2008, après un référendum, le Kosovo déclare son indépendance, non reconnue par Belgrade.

  • Depuis la sortie de scène de Milosevic, la situation en Serbie s’est améliorée. Le système politique actuel est défini par la constitution adoptée en 2006, qui fait de la Serbie une république parlementaire.


  • Les dernières élections ont été convoquées au lendemain de la déclaration d’indépendance du Kosovo, le premier ministre Kostunica arguant que le gouvernement n’avait pas de politique déterminée quant à l’attitude à adopter.

  • La situation internationale et intérieure de la Serbie, les dommages causés par l’embargo et les destructions de la campagne de l’OTAN en 1999, ont empêché le pays de décoller économiquement.

  • Les successeurs de Milosevic se sont employés à améliorer le climat des affaires et à privatiser, mais ces réformes ont été minées par la tension entourant le Kosovo, rendant la Serbie peu attractive pour les investissements étrangers.

  • Les choses ont changé depuis et la stabilisation politique, mais surtout la perspective d’une adhésion éventuelle du pays à l’UE, a stimulé les investissements.

  • Dans les années 1990, la croissance fut négative, mais entre 2000 et 2008, elle été assez soutenue.


Éventuellement, l’UE deviendra le partenaire dominant des échanges commerciaux de la Serbie, mais pour l’heure, la Serbie demeure attachée à la Russie, laquelle exempte d’ailleurs les exportations serbes de droits de douane.

  • Considérées souvent dans l’opinion publique occidentale comme les seuls responsables des atrocités des guerres yougoslaves, les autorités serbes reviennent de loin. Grâce à la politique de collaboration du gouvernement serbe envers le TPIY, Belgrade à recommencer à avoir des relations normales avec ses voisins et la « communauté internationale ».

  • Demeure la question du Kosovo. Belgrade se refuse à envisager la reconnaissance de l’indépendance, mais il lui faudra faire certaines concessions pour pouvoir rejoindre l’UE.

  • L’UE cherche à ne pas braquer les Serbes et favorise leur entrée dans l’union. À ce titre, le 2 mars 2012, le statut de candidat à l’adhésion à l’UE a été octroyé à la Serbie, achèvement de longues années d’efforts déployés par Tadic.


  • Reste à savoir ce qui adviendra du statut et des minorités serbes du Kosovo, victimes de discriminations et d’exactions dans la province. En février 2012, les communes serbes du Kosovo ont tenu un référendum qui posait la question de savoir si la population serbe reconnaissait la légitimité du gouvernement de Pristina. La réponse, à 95 %, était sans ambigüité : non.

  • Abandonner les Serbes kosovares serait de mauvaise politique et irait à l’encontre d’un sentiment national fort. La partition ethnique a peu de chance de remporter l’adhésion des partenaires occidentaux du pays, compte tenu de la douloureuse expérience des années 1990.

  • Avec le rapprochement qui s’annonce, il sera intéressant de suivre l’évolution des relations russo-serbes, qui ont toujours été excellentes. À la différence de la grande majorité des peuples d’Europe de l’Est, les Serbes n’ont jamais expérimenté d’épisode de russophobie, bien au contraire.


Sixi me cours mont n gro slov nie et croatie
Sixième cours : serbes du Kosovo, victimes de discriminations et d’exactions dans la province. En février 2012, les communes serbes du Kosovo ont tenu un référendum qui posait la question de savoir si la population serbe reconnaissait la légitimité du gouvernement de Pristina. La réponse, à 95 %, était sans ambigüité : non. Monténégro, Slovénie et Croatie

1 – Le Monténégro

2 – La Slovénie

3 – La Croatie


1 mont n gro
1 –Monténégro serbes du Kosovo, victimes de discriminations et d’exactions dans la province. En février 2012, les communes serbes du Kosovo ont tenu un référendum qui posait la question de savoir si la population serbe reconnaissait la légitimité du gouvernement de Pristina. La réponse, à 95 %, était sans ambigüité : non.

1.1 – Notions générales

1.1.1 – Géographie

  • Avec 13 812 kilomètres carrés, la république du Monténégro était le plus petit des territoires yougoslaves.

  • Dominé par les montagnes, le pays compte quatre ensembles topographiques, relevant des Alpes dinariques : les hauts sommets du Sandjak, la zone érodée de la frontière bosniaque, la dépression du lac de Skadar, et la chaîne de montagnes qui longe la côte de la mer Adriatique.

  • Le Monténégro partage des frontières avec la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Serbie, le Kosovo et l’Albanie. Il dispose de 300 km de côte sur la mer Adriatique.


  • Le pays est situé en haute altitude, à une moyenne de 1060 mètres. Plus de 70 sommets du pays dépassent les 2 000 mètres d’altitude.

  • Outre le lac de Skadar, le plus important lac de la péninsule balkanique, le pays compte plusieurs lacs glaciares importants.

  • La principale rivière du pays, la Tara, coule du sud vers le nord, sur un peu plus de 100 kilomètres. Plusieurs autres rivières de moindre importance serpentent à travers le territoire.

  • On trouve sur le territoire deux climats très distincts. Le long de la côte, un climat presque méditerranéen, avec des hivers doux et des étés secs. Mais de l’autre côté des montagnes, le climat est continental et l’altitude rend les températures plus fraiches en été, alors que les hivers sont froids.


1.1.2 – Démographie 1060 mètres. Plus de 70 sommets du pays dépassent les 2 000 mètres d’altitude.

  • La population du Monténégro est de 630 000 habitants

  • Les Monténégrins constituent la majorité de la population, avec environ 62 % de l’ensemble.

  • Le reste de la population est très diversifié, héritage de l’État yougoslave : 15 % de Musulmans, 9 % de Serbes, 7 % d’Albanais, 4 % de Yougoslaves, 1 % de Croates, plus quelques autres nationalités. La principale langue parlée au Monténégro est le serbo-croate.

  • La population, après avoir connu un creux de vague dans les années 1990, est de nouveau en croissance, avec une augmentation de l’ordre de 3,5 % par année. Le taux de natalité n’est pourtant pas très élevé (à 1,5 enfant par femme), c’est donc les flux migratoires positifs qui expliquent cette augmentation.


  • La population est relativement jeune, avec un âge médian d’environ 36 ans, et l’espérance de vie est de 72 ans.

  • Le pays occupe dans le classement de l’indice IDH le 65e rang. La stabilisation politique depuis l’indépendance de 2006 a contribué à améliorer le niveau de vie de la population.

  • L’Église orthodoxe domine dans la population, avec près de 75 %, mais la minorité musulmane est très importante (17 % de la population). Près de 4 % des Monténégrins sont catholiques.

  • Le taux d’urbanisation du pays est relativement élevé pour la zone, à 61 %.

  • Le pays ne compte que quelques villes d’importance : la capitale, Podgorica, avec 136 000 habitants, est la seule ville de plus de 100 000 habitants. La seule autre ville d’importance est Niksic (60 000 habitants), les autres comptant moins de 20 000 habitants.


1.2 – Évolution historique d’environ 36 ans, et l’espérance de vie est de 72 ans.

1.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Pendant longtemps, l'histoire des Serbes et des Monténégrins s'est confondue, à tel point qu'il n'existait pas d'appellation spécifique pour distinguer les habitants des montagnes monténégrines de ceux des plaines serbes.

  • Le nom Monténégro a été utilisé pour la première fois au XIIIe siècle et désignait un territoire plus petit que celui d’aujourd’hui.

  • Lors des premières tentatives de création d'un État indépendant serbe au Xe siècle, le territoire monténégrin était rattaché au territoire serbe et à partir du XIIe, la principauté de Zeta fut soumise et intégrée à la Serbie.

  • Jusqu'aux conquêtes ottomanes, le Monténégro connaît de brèves périodes d'indépendance, mais reste attaché aux différents États serbes qui se succèdent.


  • La quasi-totalité du territoire est conquise en 1499, sauf un petit réduit montagneux autour de Cetinje, qui se transforme en lieu de rébellion permanente contre l'envahisseur. La différenciation des Serbes et Monténégrins remonte à cette période.

  • Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le Monténégro fonctionna sous la forme d'une confédération clanique.

  • De la fin du XVIIIe au début du XXe siècle, l’État monténégrin se consolide et s'agrandit. Sous Petar I, le pays, dévasté par une guerre contre les Turcs, est entièrement réorganisé. Il fait accepter, en 1796 la première loi écrite du Monténégro.

  • Petar II lui succède en 1830 et continue la politique de son oncle et met en place différents appareils de gouvernance. À noter que, outre ses talents d’organisateur, Petar II est passé à la postérité comme le plus grand poète monténégrin de son temps.


  • Son successeur, Danilo, est le premier monarque monténégrin à abandonner sa fonction religieuse. Il parvient à s’imposer face aux Ottomans, mais il est assassiné en 1860.

  • En 1878, Nikola, le neveu de Danilo, parvient à obtenir la reconnaissance internationale du pays. Grâce à des gains territoriaux réalisés pendant les guerres contre les Ottomans, le territoire du pays double de superficie et dans le cadre de la première guerre balkanique, le pays se verra adjoindre une partie du Sandjak et du Kosovo.


1.2.2 – Le XXe siècle monténégrin à abandonner sa fonction religieuse. Il parvient à s’imposer face aux Ottomans, mais il est assassiné en 1860.

  • La 1ère guerre mondiale marque la fin de l’indépendance du pays : les Alliés favorisent la Serbie pour créer un territoire des Slaves du sud gouverné par Pierre Ier ; le Monténégro est intégré au nouveau royaume et disparaît de la carte.

  • Après 1945, le Monténégro réapparaît dans ses frontières actuelles en tant l'une des six républiques fédérées de la Yougoslavie de Tito. La capitale devient alors Podgorica.

  • En 1992, le Monténégro choisit de créer avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie

  • Entre 1991 et 1995, le Monténégro combat aux côtés de l'armée yougoslave en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Mais la politique de Milosevic inquiète la population, qui devient de plus en plus critique vis-à-vis de Belgrade, ce qui pousse le premier ministre Djukanovic à prendre ses distances.


  • Entre 1998 et 2000, les tensions s’accroissent et la chute de Milosevic ne suffit pas à ramener le Monténégro dans le giron de son ancien partenaire.

  • Inquiète d'une potentielle déstabilisation, l'UE propose de créer la Communauté d'États de Serbie-et-Monténégro, qui sera proclamée le 4 février 2003.

  • Le Monténégro continue de revendiquer son indépendance et il organise un référendum d'autodétermination qui recueille 55 % des voix. L'indépendance est proclamée le 3 juin 2006.


1.2.3 – Depuis l’idépendance de Milosevic ne suffit pas à ramener le Monténégro dans le giron de son ancien partenaire.

  • Depuis l’indépendance en 2006, la situation se stabilise et un jeu politique normal se met en place

  • La constitution a été adoptée en 2007 et fait du pays une république parlementaire, dans laquelle le pouvoir appartient essentiellement au premier ministre, même si le président conserve quelques prérogatives importantes.

  • L’économie du pays n’est pas très développée et il a fallu attendre le début du XXe siècle pour voir les débuts de l’industrialisation. La période yougoslave a bien sûr vu une accélération de l’industrialisation, mais elle est demeurée moins développée que dans les autres républiques.

  • Le point positif de cette situation, c’est un environnement écologique beaucoup mieux préservé, lequel fournit au tourisme ses principaux attraits.


  • Les réformes, lancés en 1989, ont été interrompu par les sanctions à partir de 1992. Avec la montée des tensions avec Belgrade, Podgorica s’est rapproché de l’Occident et des réformes plus poussées ont pu être mises en place. Mais les privatisations et les réformes n’ont pas entraîné un fort accroissement du niveau de vie de la population.

  • En tant qu’ex république yougoslave, les flux commerciaux avec l’URSS étaient relativement peu importants avant 1991 et aujourd’hui, la Russie ne demeure importante qu’en tant que fournisseur énergétique. Les premiers partenaires commerciaux du Monténégro sont l’Italie, la Slovénie, la Grèce et l’Allemagne.

  • Après les difficultés liées au maintien du pays dans l’union avec la Serbie les choses se sont stabilisées et améliorées depuis l’indépendance.


  • La détérioration des relations avec Belgrade autour de la question kosovare a permis à l’inverse à Podgorica de réintégrer la communauté internationale, entre autres grâce à son attitude en 1999, alors que le pays s’est montré accueillant envers les Kosovars fuyant la guerre.

  • Les dirigeants du Monténégro ont identifié comme priorités l’accession éventuelle à l’OTAN et à l’Union européenne, car une certaine méfiance se maintient entre les deux capitales de l’ancienne fédération, et seul l’arrimage du pays aux institutions occidentales peut permettre à Podgorica de s’affranchir définitivement de l’influence serbe.

  • En ce qui concerne l’UE, les négociations sont engagées depuis l’indépendance et en 2010, le pays a obtenu le statut de candidat à l’adhésion. Cependant, d’importants problèmes restent à résoudre.


  • Pour l’OTAN, les choses sont plus faciles, et la déclaration d’indépendance du Kosovo a rehaussé l’intérêt stratégique du pays. Ainsi, en décembre 2009, le pays a rejoint le plan d’action pour l’adhésion et celle-ci devrait survenir dans les prochaines années.

  • Les perspectives du Monténégro sont assez bonnes : la situation politique stable et l’arrivée potentielle dans les grandes organisations occidentales devraient favoriser les investissements étrangers et accroître la prospérité.

  • Compte tenu da sa faible importance, le Monténégro n’a sans doute guère plus d’ambition que celle d’améliorer globalement sa situation intérieure.


2 la slov nie
2 – La Slovénie déclaration d’indépendance du Kosovo a rehaussé l’intérêt stratégique du pays. Ainsi, en décembre 2009, le pays a rejoint le plan d’action pour l’adhésion et celle-ci devrait survenir dans les prochaines années.

2.1 – Notions générales

2.1.1 – Géographie

  • La Slovénie s’étend sur environ 20 000 kilomètres carrés, au carrefour des Alpes et de la péninsule balkanique.

  • Le pays partage des frontières avec l’Autriche, la Hongrie, la Croatie et l’Italie.

  • Le pays est presque entièrement enclavé et ne dispose que d’une petite façade maritime au sud (46km).

  • Le territoire est varié, mélangeant zone de plaine au nord-est, en direction de la plaine hongroise, zones montagneuses au nord et à l’ouest. Dans le centre du pays se trouve une zone de collines boisées assez haute.


  • 90 % du territoire se trouve à plus de 200 mètres d’altitude, alors que le plus haut sommet, le Triglav culmine à 2860m.

  • La Slovénie est mal pourvue en ce qui concerne les ressources hydriques et seul 1 % du territoire est recouvert d’eau.

  • S’agissant d’une zone montagneuse, les lacs glaciaires sont nombreux, mais petits. Le plus important lac permanent, le Bohinj, s’étend sur un peu plus de 3 km2. Celui de Cerknica s’étend sur 38 km2 à son maximum, mais durant la saison sèche, il disparaît.

  • Le principal cours d’eau de Slovénie, l’Isonzo, parcourt une centaine de kilomètres sur le territoire. La Save prend aussi sa source dans le nord-ouest de la Slovénie et en tout, on compte près d’une cinquantaine de cours d’eau.

  • Le climat est de type méditerranéen au sud du pays, mais plus on s’avance à l’intérieur des terres, plus l’altitude augmente, et plus le climat devient continental.


2.1 – Démographie d’altitude, alors que le plus haut sommet, le Triglav culmine à 2860m.

  • La population est d’un peu plus de deux millions de personnes, ce qui fait du pays la deuxième plus petite des ex-républiques yougoslaves, à égalité avec la macédoine.

  • Elle est particulièrement homogène et c’est l’une des raisons qui expliquent la facilité avec laquelle elle a pu quitter le giron fédéral. 88 % de la population est slovène, alors que le pays compte 2 % de Serbes, 2 % de Croates et 1 % de Bosniaques. Le reste est réparti entre différentes communautés, dont les Hongrois et les Italiens.

  • En 1992, 20 000 habitants ont perdu leur statut national, Depuis, le quart de ces « effacés » a pu obtenir un permis de résidence, mais pour les autres, le problème n’est toujours pas réglé. Ces personnes ont déposé un recours en 2009 devant la Cour européenne des droits de l’homme.


  • La population est à peu près stable, en légère hausse depuis le tournant du millénaire. À 1,25 enfant par femme, ce n’est certainement pas le taux de fécondité qui explique cette amélioration, mais bien plutôt les flux migratoires, la Slovénie disposant d’une économie saine et prospère.

  • À 76 ans, l’espérance de vie témoigne du haut niveau de développement du pays. Pour sa part, l’âge médian très élevé, à 41 ans, promet des difficultés démographiques à l’avenir.

  • La position du pays dans l’indice IDH est excellente : en 2011, il est même parvenu au 21e rang mondial, dépassant, parmi les nouveaux membres de l’UE, la République tchèque et se classant ainsi parmi les pays les plus développés du monde, devant la Finlande, l’Espagne et l’Italie.

  • Pays de tradition catholique, 53 % de la population s’identifie encore aujourd’hui à cette confession, devant l’Islam (2,4 %) et l’Église orthodoxe (2,3 %). À noter que près de 40 % de la population ne se reconnait pas d’appartenance religieuse.


  • Le taux d’urbanisation du pays, à 51 %, est particulièrement faible pour un État aussi développé.

  • Parmi les quelques 67 villes du pays, seule la capitale, Ljubljana est assez importante, avec 270 000 habitants et parmi les autres villes, seule Maribor (92 000 habitants) compte une population supérieure à 40 000 habitants.


2.2 - Évolution historique particulièrement faible pour un État aussi développé.

2.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Les Slaves affluent dans la zone au cours du VIe siècle, après que le territoire eut connu les civilisations celte et romaine.

  • Le duché de Carantanie, constitué au VIIIe siècle, passa dans l'Empire carolingien et la christianisation fut entreprise.

  • Au XIIIe siècle, le territoire passe aux mains des Habsbourg et l'histoire des Slovènes se déroule ensuite à l'intérieur de cet empire. Sans réelle possibilité d'action politique avant la fin du XIXe siècle, les Slovènes y développent leur culture.

  • Sans être intégré dans l'Empire ottoman, le pays fut dévasté par les armées du sultan et la mise en place d'un glacis de protection va couper les Slovènes de leurs voisins slaves

  • Le protestantisme connut en un premier temps du succès, alors qu’il se mêla à l’émergence d’une culture nationale.


  • Mais la grande influence de l’Église viennoise fera reculer le protestantisme, alors que la langue slovène, limitée à la paysannerie, constitue le seul lien d’une population dispersée entre différentes entités administratives.

  • Ljubljana s’impose comme centre culturel et l'instauration de l'école obligatoire à la fin XVIIIe siècle permettra le développement de la langue slovène. Se forme une mince couche d'intellectuels issus de la paysannerie, sans pouvoir politique, mais qui favorise une fois encore le développement d’une unité culturelle nationale.

  • Dans la foulée des révolutions de 1848, ce mouvement culturel se politise et apparaissent des revendications réclamant l’unification des Slovènes dans une même entité administrative, mais toujours sous le contrôle de Vienne.

  • Au tournant du siècle apparaissent les premiers partis politiques, dont le alors très minoritaire Parti social-démocrate, le seul à orientation yougoslave (1896).


2.2.2 – Le XXe siècle reculer le protestantisme, alors que la langue slovène, limitée à la paysannerie, constitue le seul lien d’une population dispersée entre différentes entités administratives.

  • Pendant la guerre, l’idée d’une union des Slaves du sud progresse parmi les élites et en mai 1917, les députés slovènes demandent l'autonomie du territoire afin de pouvoir s'unir aux autres Slaves du sud sous domination autrichienne.

  • Les députés slovènes et ceux de la Croatie et de la Vojvodine fondent en octobre 1918 l'État des Slovènes, Croates et Serbes. Ils tentèrent de se faire reconnaître, mais furent contraint de s'allier au gouvernement du Royaume de Serbie.

  • Un accord fut signé le 1er décembre 1918 à Belgrade, donnant naissance à un État instable, unissant des nations inégalement développées et pourvues de traditions très différentes.

  • Les Slovènes gagnèrent dans cette union, mais désireux de mettre en place un État triunitaire, ils se rendirent compte de la méconnaissance mutuelle des différentes composantes de l’État et des volontés centralisatrices de Belgrade.


  • Les conflits s’aggravèrent avec l'instauration de la dictature pendant que le redécoupage territorial interne mit fin à l'existence géographique de la Slovénie.

  • À ces problèmes internes se mêlaient aussi des problèmes extérieurs, alors que le partage des territoires au lendemain de la guerre avait permis que des régions à majorité slovène passent sous le contrôle italien.

  • En avril 1941, la Slovénie disparut et durant toute la guerre, un grand nombre de Slovènes furent déportés, ce qui stimula la résistance du parti communiste slovène rallié à Tito.

  • La République fédérative de Slovénie vit le jour au lendemain de la guerre, mais le problème de la frontière avec l'Italie ne trouva sa solution qu'en 1954.

  • La Yougoslavie représenta un pas vers l'affirmation nationale : la Slovénie bénéficiait d’une autonomie comme République fédérale et sa langue devint l'une des trois langues officielles.


  • Son avance économique se maintient, ce qui constitua un terreau fertile pour le développement des revendications nationales.

  • Lassés d’une interdépendance jugée inéquitable, inquiets de la dérive nationaliste consécutive à l'arrivée de Milosevic à la tête de la Serbie, hostiles à la politique de Belgrade au Kosovo, les Slovènes s’éloignèrent de la Fédération.

  • Dans la foulée des effondrements politiques de 1989, au printemps 1990, la Slovénie organisa ses premières élections libres et après un référendum, le Parlement slovène déclara l'indépendance du pays le 25 juin 1991.

  • Les affrontements avec l'armée fédérale yougoslave durèrent deux semaines, mais Ljubljana ne faiblit pas et Belgrade, pour qui la Slovénie ne représentait pas un enjeu majeur, préféra renoncer.


2.2.3 – Depuis l’indépendance terreau fertile pour le développement des revendications nationales.

  • La Slovénie a été l'un des élèves modèles de la transition postsoviétique et parmi les nouveaux membres de l’UE, c’est sans doute l’un des pays ayant connu la plus grande stabilité politique.

  • La vie politique slovène s'est caractérisée dans les années 1990 par une grande continuité. Pendant cette période, c’est le Parti libéral démocrate de Kucan qui domine la scène politique, et ce n’est qu’en 2004 que ce parti laissera la place à une coalition de centre droit.

  • La constitution slovène a été adoptée le 23 décembre 1991, dans la foulée de la déclaration d’indépendance, et elle fait du pays une république parlementaire.


  • Au plan économique, le pays fait aussi figure de modèle, grâce à un processus de libéralisation rondement mené, à une main-d’œuvre hautement qualifiée et des infrastructures en bon état, ce qui est loin d’être toujours le cas en Europe centrale.

  • Dès 2004, la Slovénie devient le premier pays en transition à obtenir le statut de donateur à la Banque Mondiale.

  • La grande particularité de ce succès c’est que l’État est demeuré un acteur économique majeur, au point où la Slovénie est le pays de l’Union où les investissements étrangers sont les plus faibles.

  • Les succès de la Slovénie indépendante ont été favorisés par le fait que, dans le cadre yougoslave, c’est elle qui détenait le meilleur niveau de vie et l’économie la plus performante.


  • Après une chute initiale, la croissance est repartie à la hausse, avec des taux oscillant entre 2,8 % et 7,4 % jusqu’en 2008.

  • La Slovénie s’est naturellement tournée vers l’intégration aux structures continentales et atlantistes au lendemain de l’indépendance.

  • Le référendum sur l'adhésion à l’UE, tenu le 23 mars 2003, fut un grand succès, alors que 90 % des 60 % de la population qui participèrent au référendum approuvèrent le traité et en 2004, la Slovénie rejoignait l’UE.

  • L’arrivée, le 1er janvier 2005, de la Slovénie à la présidence tournante de l’OSCE et le fait qu’elle fut le premier des nouveaux États membres à assumer la présidence tournante de l’UE témoigne du désir des Occidentaux de faire de la Slovénie une tête de pont de leur influence dans les Balkans.

  • Ce désir se manifeste aussi en ce qui concerne l’adhésion à l’OTAN, alors que le processus fut aussi rondement mené.


  • Dès 2004, Ljubljana rejoint l’alliance atlantique. La Slovénie s’était illustrée déjà en défendant des positions atlantistes et en appuyant l’OTAN dans sa campagne de bombardement de la Serbie en 1999. Elle fournit d’ailleurs un contingent important de la KFOR au Kosovo, forte de son expérience au sein de la SFOR jusqu’en 1996 en Bosnie.

  • Dans son espace régional, la Slovénie s’est employée à apaiser les tensions. Le cas de l’Italie est assez emblématique des efforts déployés par la Slovénie pour se faire accepter à part entière par ses voisins, alors que de 1994 à 2007, une série de traités ont réglé tous les contentieux.

  • Les relations avec la Hongrie sont très bonnes, surtout compte tenu des difficultés que les politiques de Budapest quant à ses minorités extraterritoriales posent dans les relations bilatérales avec ses voisins. Dès le début des années 1990, Ljubljana a réglé ce problème potentiel en octroyant une représentation politique à sa minorité hongroise.


  • Avec la Croatie, les relations sont plus difficiles, même si on ne peut pas parler de conflit. Le problème ici concerne surtout les questions territoriales, sur terre comme sur mer, alors que Zagreb a proclamé « zone économique exclusive » une part de la mer Adriatique revendiquée d’autre part par Ljubljana et Rome.

  • Bref, la Slovénie, l’un des plus petits États de la zone, est devenue en deux décennies un État incontournable dans les Balkans, bien sûr, mais aussi en Europe centrale. Sa politique de la main tendue l’a bien servi et elle est parvenue à s’imposer, tout en gardant la haute main sur sa souveraineté, économique, entre autres.


3 la croatie
3 – La Croatie si on ne peut pas parler de conflit. Le problème ici concerne surtout les questions territoriales, sur terre comme sur mer, alors que Zagreb a proclamé « zone économique exclusive » une part de la mer Adriatique revendiquée d’autre part par Ljubljana et Rome.

3.1 – Notions générales

3.1.1 – Géographie

  • La Croatie s’étend sur 56 000 km2. Compte tenu du très grand nombre d’îles de la côte dalmate (1 200), on ajoute parfois l’espace maritime entre ces îles et la côte.

  • La Croatie se présente sous la forme d’un fer à cheval dans lequel s’encastre la Bosnie-Herzégovine. Elle partage des frontières avec celle-ci, mais aussi avec la Slovénie et la Hongrie, la Serbie, ainsi que le Monténégro. À noter que le littoral de la côte dalmate est discontinu et que Dubrovnik n’a pas un contact direct avec le reste du pays, à cause de l’incursion de 20 kilomètres du territoire bosniaque.


  • Les différentes régions sont distinctes et présentent une grande variété de paysages. Relativement basse, la côte dalmate devient plus haute vers le nord, en Lika. De part et d’autre de celle-ci, l’Istrie etla Banija, sont plus basse. Depuis cette dernière, on entre en Slavonie, d’altitude moyenne Le point culminant du pays, le Dinara, s’élève 1 830 mètres.

  • Les principales étendues d’eau sont les lacs de Plivitce, situés dans la courbe du « fer à cheval » : Il s’agit d’un ensemble de 16 lacs, reliés entre eux par des cascades. À cette exception, le territoire est peu choyé d’un point de vue lacustre.

  • Les fleuves, rivières et ruisseaux sont très nombreux, surtout en Slavonie, où ils coulent de part et d’autre du massif central. La Sava et la Kupa sont les principaux cours d’eau de la région.

  • Le climat est varié, avec une zone méditerranéenne en Dalmatie et en Istrie, et un climat continental en Slavonie.


3.1.2 – Démographie grande variété de paysages. Relativement basse, la côte dalmate devient plus haute vers le nord, en Lika. De part et d’autre de celle-ci, l’Istrie etla Banija, sont plus basse. Depuis cette dernière, on entre en Slavonie, d’altitude moyenne Le point culminant du pays, le Dinara, s’élève 1 830 mètres.

  • La population s’élève à 4,5 millions d’habitants. Après une baisse dans les années 1990, elle s’est à peu près stabilisée, le taux de décroissance étant de 0,03 % par année.

  • Les transferts de population dans les années 1990 expliquent la diminution de la population : de nombreux Croates sont revenus sur le territoire national à cette époque, mais cette augmentation n’a pas pu compenser les pertes des non-croates, principalement les Serbes, qui ont quitté le territoire dans la foulée des guerres yougoslaves.

  • La population de la Croatie est très homogène : les Croates constituent près de 90 % de la population, les Serbes plus que 5 %, alors que le reste est partagé entre différentes ethnies.

  • Les indicateurs démographiques ne sont pas très bons : l’indice de fécondité est faible (1,4 enfant par femme) et l’âge médian est élevé, à près de 41 ans.


  • Avec une espérance de vie de 75, la pyramide des âges, déjà très déséquilibrée, devrait continuer à voir sa base rétrécir.

  • La Croatie occupe le 45e rang dans l’indice IDH. Les cicatrices des guerres s’effacent et la Croatie reprend son rang parmi les plus développés des États issus de la Yougoslavie.

  • La Croatie compte une forte majorité de catholiques (88 % de la population), ce qui correspond à peu de chose près à la population croate. Le clivage religieux se manifeste aussi avec près de 5 % d’orthodoxes, alors que l’Islam est la religion de 1,5 % de la population. Seuls 5 % des habitants de la Croatie ne se reconnaissent pas d’allégeance confessionnelle.

  • La Croatie est l’un des États les plus urbanisés de l’ex-Yougoslavie, avec un taux d’urbanisation de 61 %. Outre Zagreb, la capitale, qui compte près de 800 000 habitants, les principales villes du pays sont Rijeka (144 000 habitants) et Split (122 000). Ce sont les seules villes de plus de 100 000 habitants.


3.2 – Évolution historique déjà très déséquilibrée, devrait continuer à voir sa base rétrécir.

3.2.1 – Des origines au XXe siècle

  • Le territoire de l’actuelle Croatie est englobé il y a deux mille ans dans l’Empire romain et après le passage des Avares, les tribus croates venues d'Ukraine s’installent sur le territoire.

  • Malgré la présence de Byzance, ce sont les Carolingiens qui christianisent les Croates.

  • En 880 est fondé un duché qui devient royaume indépendant en 925, qui durera du IXe au Xe siècle. Après avoir été allié de Byzance, le royaume se tourne vers Rome et Venise.

  • En 1076, l’anarchie s’installe et les Hongrois pénètrent sur le territoire. En 1102, le roi de Hongrie est couronné roi de Croatie, inaugurant une domination qui durera jusqu'en 1918.

  • L'influence orthodoxe qui reste alors est combattue, approfondissant la distance culturelle entre les populations slaves balkaniques du nord et du sud.


  • En 1526, la Croatie est démembrée : le Sud devient ottoman jusqu'en 1699, Venise conserve le Nord et la Dalmatie, Dubrovnik devient république indépendante, alors que le reste devient terre des Habsbourg.

  • Napoléon met fin provisoirement à cet équilibre : après avoir défait Venise et l'Autriche, il crée les provinces illyriennes, lesquelles sont rattachées à l'Empire. Grâce à l’influence française, le nationalisme croate apparaît.

  • La révolution de 1848 est le détonateur du mouvement national croate. Les Croates se rapprochent de Vienne et de 1849 à 1867, la Croatie est directement annexée à l'Autriche. Mais en 1867, la Croatie reste aux mains des Hongrois, ce qui va pousser les nationalistes vers l'union des Slaves du Sud.


3.2.2 – Le XXe siècle ottoman jusqu'en 1699, Venise conserve le Nord et la Dalmatie, Dubrovnik devient république indépendante, alors que le reste devient terre des Habsbourg.

  • Au début du XXe siècle, les nationalistes croates veulent transformer la double monarchie austro-hongroise en un État triunitaire : Autrichiens, Hongrois et Slaves, mais ce mouvement est réprimé par les autorités hongroises.

  • C’est ainsi que le royaume des Serbes, Croates et Slovènes est créé, mais fédéralistes croates et centralistes serbes entrent en conflit. Tout au long des années 20 et 30, les tensions entre ces deux camps se développent et le coup d’État du roi Alexandre en 1929 pousse les partisans de l’autonomie et de l’indépendance croate à l’exil.

  • C'est en exil qu'apparaissent les Oustachis, qui multiplient les attentats et parviennent à assassiner le roi en 1934.

  • En 1939, le prince régent Paul met en place une structure autonome unissant Croatie et Dalmatie, mais l’invasion en 1941 met fin à cette tentative de sauver le royaume.


  • Les Oustachis s’installent à Zagreb et les massacres contre les populations non-croates sont tellement violents que Berlin doit calmer Pavelic, car les tueries amènent de nombreux Yougoslaves à rejoindre le maréchal Tito, lequel libère la Croatie en mai 1945.

  • En 1946, la Croatie devient une des six Républiques socialistes fédératives de Yougoslavie et à partir des années 70, le nationalisme croate se réveille, lequel sera particulièrement stimulé par le réveil du nationalisme serbe en 1988.

  • Lors des premières élections libres en 1990, Tudjman devient président de la République. Ses déclarations braquent la minorité serbe, qui réclame son rattachement à Belgrade.

  • En mai, 94 % des votants se déclarent pour une indépendance de la Croatie, proclamée le 25 juin 1991; l’indépendance est reconnue internationalement à partir de 1992, provoquant l’intervention de l'armée fédérale et des milices serbes.


  • Des médiateurs du Conseil européen réunissent Serbes, Croates et Slovènes, qui décident d'appliquer un cessez-le-feu et de suspendre les déclarations d'indépendance. Aucune de ces deux résolutions ne sera respectée et le processus d'éclatement de la Yougoslavie se met en marche.

  • Après une tentative de médiation, Belgrade accepte le cessez-le-feu avec la Slovénie, mais pas avec la Croatie.

  • En août 1992, Tudjman est réélu président et nomme un ultranationaliste premier ministre, alors que plus de 30 % du territoire est occupé par les irrédentistes serbes.

  • En novembre, l’armée fédérale, aidée par les milices serbes ultranationalistes, entre dans Vukovar et se livre à des massacres contre les populations civiles.

  • Début 1993, les irrédentistes serbes décident de s’unir dans l'espoir de créer une grande Serbie, alors que la minorité croate de Bosnie-Herzégovine tente aussi de son côté de restaurer la « grande Croatie » d'Ante Pavelic.


  • Au début de 1995, l’Occident décide d’armer la Croatie et au printemps, l’armée croate est prête à la contre-offensive : elle reprend la Slavonie occidentale et se livre alors à son tour au nettoyage ethnique des populations serbes.

  • Sentant le vent tourner, Milosevic abandonne alors les Krajinas pour sauvegarder son pouvoir à Belgrade. En trois jours, les milices serbes sont défaites et le territoire est nettoyé.

  • Fort de ces succès militaires, Tudjman remporte les élections législatives d’octobre 1995 et un mois plus tard, à Dayton, un accord est signé entre Tudjman, Milosevic et Izetbégovic pour résoudre la crise yougoslave. Zagreb et Belgrade reconnaissent l'indépendance d'une Bosnie composée de deux régions : la fédération croato-musulmane et la République serbe de Bosnie.


3.2.3 – Depuis l’indépendance et au printemps, l’armée croate est prête à la contre-offensive : elle reprend la Slavonie occidentale et se livre alors à son tour au nettoyage ethnique des populations serbes.

  • Après la guerre, le HDZ de Tudjman perd son crédit auprès de l'opinion, qui se plaint de la corruption et de la domination du HDZ sur la vie politique.

  • Tout au long de la seconde moitié des années 1990, le HDZ décline pour laisser la place aux socio-démocrates, même si Tudjman lui-même sera réélu président de la République en 1997. Sa mort, deux ans plus tard, marque la fin d’une époque et le renouveau de la politique croate.

  • La constitution de la Croatie a été adoptée le 22 décembre 1990, mais a subi trois amendements importants depuis : en 1997, des droits supplémentaires sont accordés aux minorités nationales; en septembre 2000, le régime, de mi présidentiel, devient parlementaire et en 2001, la deuxième chambre est supprimée.


  • Le président, élu pour cinq ans au suffrage universel, n’a plus aujourd’hui que quelques prérogatives, en plus d’être chef des armées et responsable de la nomination du premier ministre. Depuis 2010, Ivo Josipovic est à la tête du pays et il est le 3e homme à occuper ce poste.

  • La Croatie fut longtemps une économie agricole, mais avec la mise en place d’un système de type soviétique, l’industrie a connue un fort développement. L’économie s’est rapidement développée pour faire de la Croatie le deuxième plus prospère des territoires yougoslaves.

  • L’élan de restructuration et de libéralisation en 1990 fut arrêté par les guerres de 1992-1995, lesquels ont d’autant plus handicapé l’économie du pays que Zagreb ne fut plus en mesure de contrôler de grandes zones du territoire. À cette perte de souveraineté pendant quelques années, il faut aussi ajouter les destructions causées par les guerres.


  • Sous le HDZ, le processus de privatisation fut relancé à partir de 1995, mais, très opaque, il entraîna un accroissement de la corruption, alors que nombre d’entreprises d’État étaient cédées à intérêts proches du pouvoir.

  • La mort de Tudjman marque une rupture, alors que le centre gauche, qui remporte les élections de 2000, se lance dans un processus de modernisation.

  • Après deux années de réformes difficiles et douloureuses (le chômage atteint 22 % en 2002), les efforts commencent à payer et le taux de croissance s’améliore : il atteint alors 5 % par année et se maintiendra à ce niveau jusqu’en 2008.

  • Les partenaires économiques de la Croatie sont assez variés, même si l’Italie et l’Allemagne absorbent une part importante du commerce extérieur. Parmi les autres partenaires importants à l’extérieur de l’Union européenne, on compte la Russie (plus de 10 % des importations), de même que la Chine et la Serbie voisine (6 % des exportations).


  • La situation de la Croatie au lendemain de sa déclaration d’indépendance est ambigüe. Dans un premier temps, l’Occident va entériner avec enthousiasme cette nouvelle indépendance, mais son implication dans des massacres de civils au cours des guerres yougoslaves va ternir sa réputation.

  • Le premier grand acte international auquel va prendre part Zagreb, c’est la signature des accords de Dayton, qui met fin à la guerre de Bosnie. Le manque d’enthousiasme de Zagreb dans l’application de certaines dispositions des accords sera responsable d’une plus grande froideur de l’Occident.

  • De même, les grandes hésitations du gouvernement croate à collaborer au début des années 2000 avec le TPIY, manifeste entre autres par son refus d’extrader les généraux Gotovina et Bobetko, n’ont pas aidés à rétablir la confiance entre Zagreb et le monde européen et atlantiste.


  • Mais à partir de 2003, les choses vont s’arranger. Le nouveau gouvernement de Sanader s’emploie alors à collaborer avec le TPIY et Zagreb dépose sa demande d’adhésion à l’UE.

  • Le référendum de janvier 2012, ayant vu l’approbation du projet par 68 % de la population, ouvre la voie à l’intégration du pays à partir de l’été 2013, même si le taux de participation très faible de 42 % ne permet pas de dire que la population est très enthousiasmée à cette idée.

  • En ce qui concerne l’OTAN, l’adhésion a été facilitée par la position de Zagreb dans le conflit opposant l’Alliance à la Serbie et en 2009, Zagreb a intégré l’organisation.

  • Avec la Serbie et la Bosnie, des problèmes subsistent, mais le compromis obtenu par les accords de Dayton semble jusqu’à maintenant tenir. Personne n’a intérêt à remettre en question cet équilibre, la priorité étant maintenant le développement économique de leur État respectif.


  • Avec la Hongrie, différents compromis au cours des années 2000 ont permis d’aplanir les difficultés. Ici encore, c’est grâce à une représentation politique de la minorité hongroise que les relations avec Budapest ont pu se détendre.

  • Ainsi, après avoir été presque mise au ban de la communauté internationale dans les années 1990, la Croatie est parvenue, depuis la mort de Tudjman, à intégrer les organisations occidentales, même si la suspicion entre Zagreb et le reste du continent européen demeure importante.


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