Le genre dans la famille
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Le genre dans la famille. Des concepts « psy » d’une perspective patriarcale.

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Presentation Transcript
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Le genre dans la famille

Des concepts « psy » d’une perspective patriarcale.


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Mon propos est d’apporter des outils critiques pour limiter l’imprégnation qu’ont certains concepts psychanalytiques sur nos pratiques dans l’éducation, la santé ou le social. J’espère ainsi vous apporter certaines réponses face à une part du sexisme institutionnel.

Des concepts sont passés dans le langage courant : Œdipe, castration, stades oral, anal, phallique, interdit de l’inceste, fusion maternelle, place du père, tiers, « La » loi, « L’ » ordre symbolique.

Avec ces concepts, c’est toute une conception de la famille qui est véhiculée, au centre de laquelle nous allons voir qu’il y a

le genre.


La famille organis e par la hi rarchie entre les sexes dans la sexualit l.jpg

La famille : limiter l’imprégnation qu’ont certains concepts psychanalytiques sur nos pratiques dans l’éducation, la santé ou le social. J’espère ainsi vous apporter certaines réponses face à une part du sexisme institutionnel.

organisée par la hiérarchie

entre les sexes & dans la sexualité.


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Prenons quelques exemples pour comprendre comment nos pratiques peuvent impliquer des réflexes de pensée directement issus de la psychanalytique.

On repèrera surtout les justifications « psy » :

  • de la sexualisation des filles et des mères

  • du handicap d’être une femme

  • du caractère séducteur et sexuel des enfants

  • de la sexualisation et la sexuation des rapports filiaux

  • de l’interdit pour les femmes d’accuser les hommes (conjoint, père, etc.).


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Selon nombre de psychologues, pratiques peuvent impliquer des réflexes de pensée directement issus de la psychanalytique. l’enfant devrait élaborer un récit de son origine pour construire son identité. Il devrait trouver les éléments de ce récit dans sa famille. Or les notions d’Œdipe, de castration ou d’ordre symbolique impliquent une conception rigide de la famille et du psychisme, basée sur un postulat naturaliste :

le récit des origines doit correspondre à la reproduction biologique : l’enfant doit pouvoir se penser issu de deux personnes de sexe différent, un père et une mère.

  • Le psychisme devrait donc s’organiser autour d’une identité de sexe et d’une identité sexuelle, afin d’assumer le devoir de reproduction.

  • Les parents serviraient de « modèle » d’hétérosexualité et de comportements attendus pour chaque sexe.

    Ces contraintes seraient immuables car indispensables à la survie psychique.

  • Alors, la famille devrait s’organiser autour des différences de sexe et de l’hétérosexualité.


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Définition castration (1) pratiques peuvent impliquer des réflexes de pensée directement issus de la psychanalytique.

En psychanalyse, les différences de sexe sont abordées sous le concept de Castration

  • « Pour S. Freud, ensemble des conséquences subjectives, principalement inconscientes, déterminées par la menace de castration chez l’homme et par l’absence de pénis chez la femme. Pour Lacan, ensemble de ces mêmes conséquences en tant qu’elles sont déterminées par la soumission du sujet au signifiant »

    in Dictionnaire actuel des signifiants, concepts et mathèmes de la psychanalyse, R. Chemama 1993, p.39

  • « Le complexe de castration est centré sur le fantasme de castration, celui-ci venant apporter une réponse à l’énigme que pose à l’enfant la différence anatomique des sexes (présence ou absence de pénis) : cette différence est attribuée à un retranchement du pénis chez la fille ».

    in Vocabulaire de la psychanalyse, Laplanche & Pontalis, 1967, p.74


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On le voit, le concept implique plusieurs choix théoriques :

1 ) les différences de sexe sont réduites à « une » différence visible entre les organes sexuels non génitaux.

2 ) la différence est interprétée comme étant une opposition.

3) la conception inconsciente de « la » différence des sexes est dite issue de la perception visuelle, supposée immédiate, d’organes infantiles.

4) l’absence serait directement perceptible, en dehors d’un point de vue particulier.


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Le complexe d’Œdipe est «  théoriques :l’ensemble organisé de désirs amoureux et hostiles que l’enfant éprouve à l’égard de ses parents. […] [Il] joue un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l’orientation du désir humain. […] Les psychanalystes en font l’axe de référence majeur de la psychopathologie ».

in Vocabulaire de la psychanalyse, 1967, p. 460

D’un point de vue freudien, le complexe d’Œdipe ne se comprend que si l’on admet que les femmes, mère et fille, manquent d’un élément essentiel au soi :

« Par rapport au complexe d’Œdipe, l’existence d’une phase phallique a un rôle essentiel : en effet, le déclin de l’Œdipe est conditionné par la menace de castration et celle-ci doit son efficacité d’une part à l’intérêt narcissique que le garçon porte à son propre pénis, d’autre part à la découverte de l’absence de pénis chez la fille » in Vocabulaire de la psychanalyse, 1967, pp.79.

La menace de castration qui instaure l’interdit de l’inceste pour le garçon tire son efficacité du rejet viscéral de l’anatomie féminine. La fille rend responsable sa mère de ne pas lui avoir donné de pénis. Blessée narcissiquement, elle se tourne vers le père pour recevoir un pénis ou en recevoir un substitut : l’enfant.


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On le voit, le concept de complexe d’Œdipe implique plusieurs choses :

1 ) Le petit garçon serait hétérosexuel à la naissance ou, après des remaniements de la théorie par Freud, la mère susciterait naturellement le désir sexuel de l’enfant.

2) Les désirs incestueux émaneraient des enfants : l’interdit de l’inceste s’adresserait à eux pour protéger les parents surtout la mère.

3) La construction oedipienne de l’hétérosexualité est basé sur un refus d’être comme une fille : le garçon se tourne vers toutes les femmes sauf sa mère pour éviter d’être castré, la fille se tourne vers les hommes pour réparer sa blessure narcissique.


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Le complexe d’Œdipe et « la » différence des sexes sont les axes centraux de la conception psychanalytique de la famille.

Ces concepts ont essaimé dans la perception commune aussi bien que parmi les professionnel-les.

Pour illustrer mon propos, je citerai un document publié en 2004 par l’Education Nationale, republié en 2008. C’est un guide d’intervention pour les formateurs-trices chargé-e-s de mener des séances d’éducation à la sexualité auprès des élèves de collèges et lycées.


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Définition (2) sexes sont les axes centraux de la conception psychanalytique de la famille.

« C’est à [la] cette période dite phallique […] que va se manifester la curiosité sexuelle infantile. L’enfant prend conscience de la différence anatomique des sexes, c’est-à-dire de la présence ou de l’absence du pénis. Dès lors va s’organiser un déni de cette différence et ceci tant chez le garçon que chez la fille. L’angoisse de castration s’origine dans la constatation de la différence des sexes et les éventuels interdits parentaux quant à la masturbation. Le garçon va nier la castration par la négation du sexe féminin ou par le maintien de la croyance en une mère pourvue d’un pénis. La fille va manifester sa curiositédu pénis, soit en imaginant une «poussée» du clitoris, soit par le biais d’attitudes dites «d’ambition phallique» (comportements brutaux, recherche des dangers, allure de garçon manqué). »

Robert Dubanchet, psychologue, chargé d’enseignement en sexologie médicale à l’université,

in « L'éducation à la sexualité au collège et au lycée, Guide du formateur », l’Education nationale, 2004, réédité en 2008


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On le voit, les simples différences anatomiques sont sensées déterminer :

1 ) une angoisse chez le garçon d’être comme une fille.

2 ) une envie chez la fille d’être un garçon.

3) une assimilation du sexe féminin à une mutilation.

  • Cette conception des conséquences psychiques de l’anatomie est radicalement hiérarchique. Il n’existe pas d’intermédiaire entre la perception de l’anatomie et l’interprétation par l’idée de « castration », il semble qu’elle découle naturellement de la perception, et non de pratiques sociales.


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Des destins bien différents en fonction du sexe, parmi les parents et les enfants :

« On ne saurait insister sur le fait que les destins sexuels du garçon et de la fille diffèrent considérablement. Car si l’un comme l’autre s’attachent à l’objet primordial maternel féminin, le garçon pourra retrouver au terme de son développement psychosexuel, par un déplacement unique, un objet de même sexe que l’objet primordial tandis que la fille aura à trouver un objet d’un sexe différent de celui de la mère. » p.16/1

« Le désir [d’avoir un enfant] est plus particulièrement actif chez la jeune fille pour deux raisons. […] [L’une des raisons] est liée au passage œdipien de celle-ci. L’enfant, en ces temps infantiles, est vécu par elle comme une promesse de réparation, comme un substitut à l’absence de pénis dans ce vécu infantile qui oppose phallique et châtré. Ainsi, l’adolescente sera-t-elle, plus que le garçon, préoccupée de contraception, de sécurité et plus tentée par leurs ratages car plus impliquée dans le désir de faire et d’avoir un enfant. » p.19/2


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  • Le désir de maternité serait déterminé par le sentiment d’infériorité des femmes. Les mères, enfin « comblées », seraient naturellement portée à la « fusion maternelle » pour garder leur privilège « phallique ». Beaucoup de psychologues l’invoquent pour expliquer les décrochages scolaires ou l’excellence, l’énurésie ou la propreté précoce, le retrait autistique ou l’hyperactivité, la docilité ou le refus d’autorité.

    Les mères sont d’autant mieux « absorbées » dans la relation à l’enfant qu’elles ont naturellement un statut d’objet :

    « L’objet original du désir du nourrisson est constitué par le sein maternel ou son substitut. La première expression de la pulsion sexuelle est l’action de téter. » p.15/2

    Au stade anal du développement psychosexuel, « il s’agit, soit de conserver les objets à l’intérieur de soi, soit de les expulser après destruction. L’objet pulsionnel est complexe car il ne se réduit pas au boudin fécal, la mère et plus généralement l’entourage étant également à cette époque un objet partiel fonctionnel à maîtriser et à manipuler. » p.15/2


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  • Le père semble de fait naturellement constituer un « Tiers » dans ce duo fusionnel. Il semble naturellement porter l’enfant vers la culture, l’abstraire de la nature maternelle. Lacan a achevé la déification du Père en l’élevant à la « fonction paternelle » et en préférant à son incarnation « réelle » la présence « symbolique » et indispensable du « Nom du Père ».

  • La mère renvoie aux soins et à l’objet dans la construction du sujet, alors que le père renvoie aux actes symboliques et au sujet tiers qui impose à l’enfant et à la mère ses désirs, constitutifs de « la loi ».

  • « LA » différence des sexes, entre parents, entre fille et garçon et entre parents et enfants, est sensée être un éternel butoir du chemin vers l’égalité. En tant qu’elle met en jeu « LA » différence des sexes, la sexualité est une pratique immuable d’inégalité.


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La sexualité adulte serait l’héritière des stades libidinaux. Les stades oral, anal et phallique organiseraient la subjectivité par l’opposition :

actif vs passif = sujet vs objet = phallique vs castrée

Elle aurait pour origine sa version infantile : « la scène primitive »

« C’est à cette époque [phase phallique] que se structurent certains fantasmes liés à la scène primitive et que se manifestent un certain exhibitionnisme et un certain voyeurisme. Il faut entendre par scène primitive la ou les scènes au cours desquelles l’enfant a été – ou imaginé être – le témoin du coït des parents. […] cette scène primitive [est] la plupart du temps vécue par l’enfant comme sadique, en fonction des bruits, cris ou gémissements perçus. » (R. Dubanchet, pour l’éducation nationale, ibid.)

  • La hiérarchie anatomique (phallique vs castrée) correspond à une hiérarchie sexuelle entre sadisme (dit aussi activité) masculin et masochisme (dit aussi passivité) féminin.


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Quelques schémas pour résumer libidinaux. Les stades oral, anal et phallique organiseraient la subjectivité par l’opposition :


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Dans la littérature Jeunesse, ZEP, l’auteur de la BD Titeuf, est l’un des vulgarisateurs de la psychanalyse les plus connus.

  • Le concept de castration est exposée dans la BD n°1 à la planche « La femme avec pas de boules », où l’un des personnages explique les filles perdent leurs boules à la puberté, c’est pour cela qu’elles saignent.

  • L’idée « d’une » différence des sexes entre présence et absence de pénis, entre protubérance visible et invisible, est exprimée dans le visuel de la campagne « le Zizi sexuel » qui a exposé pendant des mois l’œuvre de ZEP à la Cité des Sciences de Paris et dans le guide qui en a été tiré.

  • L’idée d’une double hiérarchie sexuelle et anatomique entre passive et actif, et entre une « fente » (> fendre) et « piquet » (sinon « gourdin »), est développée autant dans la guide du zizi sexuelle que dans certains visuels de flip book : l’homme agit dans et sur le corps de la femme.

  • L’idée que la sexualité serait une punition des femmes est exprimée dans une planche de la BD et par une image dans le guide du zizi sexuel, quand Titeuf, pour se venger de devoir jouer « avec une fille », lui prend ses poupées et mime un acte violent dans une intention sadique vis-à-vis de sa camarade de jeu.

  • L’idée que l’enfant est le phallus de la mère s’exprime par le nom donné à la sœur de Titeuf : « zizi ».


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Il ne supporte aucun amant de sa mère … Elle joue la petite femme devant son père.

bulles (1)

Elle le materne, elle est collée à lui : abusive, dans la toute-puissance. C’est son objet… Son bébé est un substitut phallique.

Ça manque de père … La mère doit accepter la parole du père. Il faut qu’il prenne sa place face à la mère.

Il soulève les jupes à la récré : la différence des sexes le questionne… Il dit que papa fait panpan cucu à maman le week-end : il s’interroge sur son origine.


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bulles (2) la diff. des sx petite femme devant son père.

Les garçons ont un pénis, et quand on regarde le sexe des filles, on ne voit rien.

Elle dit qu’elle a aussi une zézette : elle dénie la différence des sexes.

Elle est très agressive dès que son frère joue à pisser le plus loin avec les copains : elle est dans l’envie, elle n’accepte pas la différence.

Le garçon a peur de perdre son pénis : de devenir comme sa mère ou sa sœur.


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La famille, petite femme devant son père.

objet théorique d’une discipline patriarcale.


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intro petite femme devant son père.

« Si on comprend aisément pourquoiles hommes ont intérêt à profiter du travail gratuit des femmes (stratégie du « travailler moins pour gagner plus »), on peine à identifier la stratégie du comment. Comment, depuis ces dernières décennies les hommes arrivent-ils à occulter [l’exploitation domestique], cette partie immergée de l’iceberg patriarcal ? (…) La réponse est assez simple : en employant les deux artifices des magiciens : l’illusion et la prestidigitation. »

Sigrid Gérardin et Thomas Lancelot« Le pouvoir patriarcal », pour Le Monde libertaire, le 13 juin 2010

  • Une illusion est de nous faire croire que l’ordre social est bon. Juste car conforme à certains buts supérieurs prétendus irréductibles : par ex., dans une perspective sociobiologiste, reproduire l’espèce et assurer les meilleures conditions de survie à ses membres (solidarité, paix et préservation de la vie).

  • Une prestidigitation est de détourner notre regard des dominations sociales pour l’orienter vers la « Nature ». Une nature inéluctable : l’anatomie des corps, les structures nécessaire de la parenté, les logiques immuables de l’économie, etc.


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Ics - famille petite femme devant son père.

  • Au croisement de l’illusion d’un ordre social juste et de la prestidigitation naturaliste, on trouve les mythes savants sur la famille. Elle est souvent vue comme le modèle réduit du social où se régulent pour le mieux les « besoins » de solidarité, de reproduction et de transmission des lois « civilisatrices ».

  • Or les rapports sociaux (capitalisme, patriarcat, néocolonialisme, oppression des enfants) font du couple, de la famille, de l’institution, de la nation, etc. les cadres de la violence sous toutes ses formes.

  • On l’a vu à la faveur des débats des années 2000 sur le PACS ou sur le patronyme, les psychanalystes sont sollicité-e-s comme expert-e-s des questions de famille, de filiation, de sexualités. Lors des débats, les psychanalystes opposé-e-s aux modifications progressistes des lois ont invoqué les « lois de l’inconscient ». Pour eux-elles, l’inconscient n’a pas une origine sociale. Il n’est pas le résultat de la socialisation par laquelle l’individu intériorise les codes sociaux sur fond de mise en récit personnel. Au contraire, il serait un noyau psychogène : à travers les âges, il aurait structuré par ses « lois » les institutions sociales.

  • Or ceci est une hypothèse invérifiable, affirmée par Freud et guère discutée.


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La bo petite femme devant son père.îte noire

  • De ce point de vue, les sociétés seraient organisées pour satisfaire aux « besoins » psychiques des individus : psychismes et institutions seraient structurés par un même « ordre symbolique », qu’il faudrait préserver. De fait, les interventions « psy » se situent souvent au carrefour de la psychologie, de la sociologie et de l’anthropologie.

  • Bousculer, au nom de l’égalité, « l’ordre symbolique » qui détermine les relations sociales entre hommes et femmes, parents et enfants, non seulement compromettrait le développement des enfants mais aussi déstabiliserait le socle anthropologique de la société.

    Depuis des décennies, cette idée d’un ordre symbolique qui guiderait les décisions humaines a beaucoup diffusé dans les institutions socio-éducatives. Il sert de socle épistémologique à l’idée qu’il serait nécessaire pour la famille et les individus de s’organiser autour de « la » différence des sexes.


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En fait, depuis plus d’un siècle, u petite femme devant son père.ne boîte noire sert de chapeau aux illusionnistes et prestidigitateurs :

l’inconscient

Pour résumer l’enjeu politique de telles positions, laissons la parole à un psychanalyste, enseignant à l’université Paris VII, qui a écrit un Que sais-je sur la sexualité féminine.


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« L’inconscient n’est ni égalitaire ni démocratique et il reste sourd à toute éducation [...] L’égalité de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes [...] est une idée [partagée] par bien des citoyens des sociétés démocratiques [mais] que les faits résistent est une autre histoire qui intéresse aussi le psychanalyste, et certainement le primat du phallus.[...] S’il y a des leçons de l’histoire sur ce point, c’est que l’égalité est conquise contre la « logique » de l’inconscient. L’égalité n’est pas une donnée psychique primaire mais une formation réactionnelle [...] Attendre de l’analyse de l’inconscient, c'est-à-dire du psychiquement acceptable, qu’elle fournisse des représentations dont les femmes puissent (consciemment) se satisfaire, c’est pour le moins se tromper d’adresse ».

Jacques André, 1997, p.42-52


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Dans les thèses évoquées plus haut, les conséquences psychiques de l’anatomie, la sexualité, la maternité et la paternité semblent découler d’une hiérarchie immuable : l’absence de pénis chez les femmes. C’est donc une hiérarchie naturelle qui organise le psychisme & la famille.

  • Mais les féministes matérialistes et radicales ont montré le caractère non naturel car sexiste de la filiation, du mariage, de la répartition du travail entre les sexes ou de l’hétérosexualité (Andrea Dworkin, Catharine MacKinnon) ; également du langage (Claire Michard) ou de la psychologie (Nicole Claude Mathieu, Colette Guillaumin, Monique Plaza), ruinant ainsi la reprise lacanienne du sexisme freudien.

    Revenons au document de l’Education Nationale citée plus haut


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. conséquences psychiques de l’anatomie, la sexualité, la maternité et la paternité semblent découler d’une hiérarchie immuable : l’absence de pénis chez les femmes. C’est donc une hiérarchie naturelle qui organise le psychisme & la famille.

« [Des recherches ethnologiques] ont montré l’importance de la loi symbolique transmise de génération en génération, fondée sur la nécessité d’intérioriser les interdits fondamentaux […] La prohibition de l’inceste est "l’interdit" qui permet de se situer dans l’ordre familial entre les générations […] [nécessaire] pour que les enfants deviennent des êtres sexués. » p.11/2

  • La famille dans ses formes historiques semble avoir été créée pour garantir cet ordre indispensable à la construction des sujets et des sociétés, fondée sur l’interdit de l’inceste.

  • Or Christine Delphya montré que la famille, loin d’être un lieu d’harmonie était une unité de production organisée par l’exploitation domestique. Les enquêtes ont montré entre autres que la violence du conjoint tue davantage les femmes que le cancer du sein ou les accidents de la route au plan mondial.

  • Or l’ampleur de l’inceste dans les patriarcats, surtout des hommes contre les filles, est incontestable. Andrea Dworkinl’a amplement dénoncé et LloydDeMause a montré qu’il était socialement organisé. Il semble que ce soit sa réalité contre les filles plus que sa prohibition qui structure la « condition sexuée ». D’ailleurs rares sont les psychanalystes qui parlent d’un autre « inceste » interdit que celui du fils sur la mère.


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. conséquences psychiques de l’anatomie, la sexualité, la maternité et la paternité semblent découler d’une hiérarchie immuable : l’absence de pénis chez les femmes. C’est donc une hiérarchie naturelle qui organise le psychisme & la famille.

« Telle est la tension identitaire de la condition sexuée : intégrer, c’est-à-dire incorporer en soi l’ordre symbolique du monde, celui qui noue la différence des générations et la différence des sexes, en tout cas la différence des places. […]»p.11/1

  • La biologie déterminerait un destin social individuel et collectif.

  • Or Marie France Pichevin & Marie Claude Hurtig (1982; 1985) ont critiqué les postulats biologistes de la recherche en psychologie sur les femmes.

  • Or Christine Delphya montré que la « différence des places » dans la famille, entre hommes et femmes, parents et enfants, n’était qu’inégalité.

    Dans son article « Penser le genre : quels problèmes » (1991, p. 94), elle résume sa thèse principale : « le genre précède le sexe ; dans cette hypothèse, le sexe est simplement un marqueur de la division sociale ; il sert à reconnaître et identifier les dominants et les dominés, il est un signe. ». Matérialiste, elle considère que la division du travail entre femmes et hommes, l’exploitation est première logiquement par rapport à la classification par sexe. Les groupes de sexe sont donc des classes au sens marxiste.


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  • Monique Wittig conséquences psychiques de l’anatomie, la sexualité, la maternité et la paternité semblent découler d’une hiérarchie immuable : l’absence de pénis chez les femmes. C’est donc une hiérarchie naturelle qui organise le psychisme & la famille.a montré que l’hétérosexualité était un régime de pouvoir. L’interprétation naturaliste ignore les politiques sexuelles : les normes sociales, juridiques et policières concernant la fertilité, l’avortement, le viol, le consentement, le mariage, la prostitution, la pornographie, etc. En prenant en compte tout cela, en lien avec la division du travail, Paola Tabet a analysé ce qu’elle appelle « l’expropriation de la sexualité » des femmes au bénéfice des hommes.

  • Sheila Jeffreys, Andrea Dworkin & Catharine MacKinnon ont montré que la « différence de places » dans la sexualité était celle du genre lui-même : la hiérarchie sociale est aussi érotisée. Chaque société, en en définissant les variantes, nomme cette hiérarchie érotisée « sexualité ». Dworkin & MacKinnon prennent l’exemple de la pornographie pour faire comprendre comment elle (re)construit la hiérarchie de sexe en définissant les femmes par leur subordination dans la sexualité prono. La violation et l’humiliation sexuelles définissent la féminité, laquelle donne à cette indignité la dignité d’une identité.


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Nous l’avons vu, l’anatomie des sexes pour les freudiens est « une » différence entre :

présence et absence d’un pénis.

  • Il est dès lors facile de traiter l’anatomie des femmes sous l’angle du « manque », de la « privation » et de la « castration » - ce qui ajoute au manque la punition.

  • Or parler d’absence suppose de comparer deux éléments, ce ne peut être la définition d’un élément. On ne définit par le corps humain par l’absence de plumes, d’écailles ou d’ailes. Sinon pour le situer par rapport à d’autres espèces. De plus cette comparaison doit être orientée : on admet la supériorité de l’organe masculin et l’expérience masculine pour point de vue (l’humain envie l’oiseau dès qu’il lui suppose une liberté en projetant sur lui son expérience humaine de la contrainte). Mais cette préférence n’a jamais été expliquée par Freud que par l’expérience des garçons :

    « Le complexe de castration est rattaché au primat du pénis dans les deux sexes et sa signification narcissique est préfigurée : " Le pénis est déjà dans l’enfance la zone érogène directrice, l’objet sexuel auto-érotique le plus important, et sa valorisation se reflète logiquement dans l’impossibilité de se représenter une personne semblable au moi sans cette partie constituante essentielle" ».

    (Freud, 1908, cité par Laplanche & Pontalis, p.75).


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  • La cause de cette supériorité est-elle d’ordre visuel ? est « une » différence entre :

    On « ne voit rien » chez les filles uniquement si l’on adopte le point de vue du garçon qui regarde vers son bas ventre et voit une protubérance. Si l’on adopte un point de vue de face ou en contre-plongée, ou si l’on préfère l’exploration tactile, la conclusion est toute autre.

  • Peut-on affirmer avec Freud (1938 : 61) que le clitoris est un pénis « rabougri » ?

    « Rabougri » en biologie veut dire atrophié ou résiduel, vestigial. Ceci suppose que dans le passé de l’individu ou de l’espèce, il n’y ait eu que des hommes; puis la fonction dévolue au pénis aurait été perdue au cours de l’évolution, créant ainsi l’espèce ou l’individu féminins. C’est faux bien-sûr. Au plan de l’évolution individuelle, le pénis serait plutôt un clitoris hypertrophié.

    Or cette mystification de l’anatomie permet à Freud de fonder en « nature » la théorie de la castration. En effet, les enfants s’imagineraient que tout enfant né garçon, puis certains castrés deviendraient des filles. Cette « théorie sexuelle infantile » serait inéducable car elle exprimerait l’intuition de la réalité biologique. Mais la conception freudienne de la biologie est étrangement proche de cette théorie « infantile ». Un psychanalyste répondrait que Freud lui-même était sous l’empire de son inconscient. Mais en fait, une fois l’anatomie mystifiée, il devient aisé d’en faire découler une théorie à prétention universelle et présociale.


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  • Colette Guillaumin est « une » différence entre :(1992 : 183) a montré que des traits physiques sont construits par et pour le pouvoir en « marques naturelles », supposées être la cause intrinsèque de la place qu’occupe un groupe dans les rapports sociaux. Dans son article « Race et Nature : système des marques, idée de groupe naturel et rapports sociaux », elle développe le concept de « marque naturelle ». Selon elle, certains faits physiques sont désignés comme étant la cause intrinsèque de la place qu’occupe un groupe dans les rapports sociaux. Ici, la forme anatomique du sexe expliquerait naturellement les qualités de « réceptivité » et de « passivité » attribués à la sexualité des femmes - cette « passivité » est une qualité extensible à tout leur être dès lors que les individus de sexe féminin sont définis entièrement par leur sexe : femmes. Nicole Claude Mathieu a analysé le caractère politique de l’anatomie des classes dont l’antagonisme est naturalisé dans les corps.

  • « LA » différence des sexes inventée par Freud avec le concept de castration est une « marque naturelle ». Elle a le même statut idéologique et politique que l’idée de « faciès nègre » qui serait le signe d’une arriération et expliquerait donc « naturellement » l’infériorité sociale des personnes racisé-e-s. Or toute la théorie freudienne & lacanienne de l’inconscient et de la famille repose sur ce concept.


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  • Le fait que la mère soit si présente et le père capable d’agir « symboliquement » en étant « absent » ou « mort » ne doit rien à la psychologie mais tout à l’économie politique du patriarcat. En effet celle-ci, basée sur la division du travail, détermine autant les comportements individuels que la production de savoir sur la famille.

  • Le patronyme tel que certain-e-s psychanalystes l’invoquent pour remettre en selle l’« autorité paternelle » date en France du 13 è siècle. Il n’est pas une émanation directe du Totem du Père de la Horde : la préhistoire décrite par Freud n’est qu’un mythe patriarcal qui vise à justifier une pratique esclavagiste, à savoir l’attribution du nom du maître à ses propriétés.

  • Monique Plaza (1980)a montré comment la charge matérielle de l’enfant dévolue aux seules femmes, c’est à dire la division du travail, était naturalisée grâce à la figure psychanalytique de « la mère ». Que tout et son contraire soit imputable aux mères est lié au fait que les femmes, en tant que subalternes, sont soumises à des injonctions contradictoires.


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Depuis Freud, le concept d’Œdipe permet de faire un saut du niveau psychique aux niveaux social et anthropologique afin de naturaliser et péréniser l’organisation patriarcale des sociétés.

« Le complexe d’Œdipe est le point nodal qui structure le groupe familial et la société humaine toute entière (prohibition de l’inceste), c’est le moment fondateur de la vie psychique. » p. 16/1

  • Or c’est un saut épistémologique justifié à l’époque par des spéculations sur la préhistoire et sur une transmission phylogénétique d’éléments psychiques. La « préhistoire » freudienne est déjà patriarcale donc elle ne peut expliquer le patriarcat. L’idée de phylogenèse remplace avantageusement l’idée de déterminisme social dans un champ de savoir naturaliste.


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Quelques schémas pour résumer saut du niveau psychique aux niveaux social et anthropologique afin de naturaliser et péréniser l’organisation patriarcale des sociétés.


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Naturalisation de l’hétérosexualité à partir de « LA » différence des sexes

engrenage 1

FILLE


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Naturalisation de l’hétérosexualité à partir de « LA » différence des sexes

engrenage 2

GARCON


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naturalisation (2) tableau « LA » différence des sexes

Naturalisation des fonctions psychiques et des rôles sociaux


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naturalisation (1) « LA » différence des sexes

Naturalisation du GENRE


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Erotisation de la hiérarchie « LA » différence des sexes

Cycle de naturalisation

Naturalisation de la violence sexuelle


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Bibliographie « LA » différence des sexes


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Références internet « LA » différence des sexes

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http://www.marievictoirelouis.net/document.php?id=695&themeid=626

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http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/OnlineLibrary.html

DWORKIN Andrea, conferences audio, http://www.andreadworkin.com/audio/

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TABET, Paula, « Les mains, les outils, les armes » : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1979_num_19_3_367998

VIDAL, Catherine : Le cerveau a-t-il un sexe ? http://webtv.univ-lyon2.fr/article.php3?id_article=664


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