G opolitique de l afghanistan contemporain
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Géopolitique de l’Afghanistan contemporain. L’Afghanistan depuis 1996. 1 - Le régime taleban (1996-2001) 2 – « Liberté immuable » 3 – Évolution politique depuis 2001 4 – Situation sécuritaire 5 – Occident, Pakistan, Inde et Chine 6 – Perspectives. 1 — Le régime taleban (1996-2001).

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G opolitique de l afghanistan contemporain

Gopolitique de lAfghanistan contemporain


L afghanistan depuis 1996

LAfghanistan depuis 1996

1 - Le rgime taleban (1996-2001)

2 Libert immuable

3 volution politique depuis 2001

4 Situation scuritaire

5 Occident, Pakistan, Inde et Chine

6 Perspectives


1 le r gime taleban 1996 2001

1 Le rgime taleban (1996-2001)

1.1 Origines et doctrine

  • Qui sont les talebans? Il ne s'agit pas d'un mouvement compltement dtach de la tradition musulmane afghane. Mais leur rigorisme est tranger cette tradition et tmoigne de linfluence des courants radicaux des coles coraniques pakistanaises, lesquelles ont vu leur nombre exploser au cours de la dictature du gnral Zia, attirant les jeunes garons afghans qui ont fui le pays, ou qui sont ns au Pakistan, en leur offrant le toit, le couvert et linstruction.

  • Leur nom signifie tudiants en religion. Ils sont originaires du sud de l'Afghanistan, plus particulirement de la ceinture tribale pachtoune.


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  • Ils ont t forms dans des madrasas installes de part et d'autre de la frontire avec le Pakistan.

  • Traditionnellement en Afghanistan, les tudiants en thologie et en droit islamique commenaient leurs tudes dans de petites madrasas constitues autour d'une famille de religieux lie une confrrie religieuse.

  • Ils parachevaient ensuite leurs tudes au Pakistan, galement en zone pachtoune, puis pour les meilleurs, Lahore et Karachi. Les madrasas afghanes taient ainsi lies, dans le sous-continent indien, des rseaux religieux dont elles pousaient les querelles.

  • Ces rseaux de madrasas ont connu un dveloppement certain partir des annes 1950. La plupart d'entre elles sont fondamentalistes traditionalistes: les talebans sont sunnites; ils sont lis en gnral l'cole des Deobandi, des radicaux sunnites qui se sont dvelopps avant tout en raction lhindouisme plutt qu loccident.


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  • Durant la guerre, les talebans se sont mobiliss dans le cadre de leurs madrasas locales, transformes en bases militaires, loin des populations civiles. Ils adhraient alors aux principaux partis traditionalistes de la rsistance afghane, comme leur chef Mohamed Omar.

  • Leur transformation en mouvement politique date de 1994 et rsulte de plusieurs causes: l'aspiration l'ordre, la qute par les Pachtounes d'une nouvelle reprsentation politique et, enfin, le soutien des Pakistanais et de milieux ptroliers amricains, dsireux d'tablir un corridor sous contrle entre le Pakistan et les nouvelles rpubliques indpendantes d'Asie centrale.

  • Aprs avoir tenu bout de bras Hekmatyar, le Pakistan, frustr, a ainsi abandonn celui-ci au profit du mouvement taleb, esprant quil serait davantage en mesure dassurer le contrle de lAfghanistan.


Le mollah omar

Le Mollah Omar


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  • Le mouvement taleb exprime la rvolte de jeunes mollahs contre la drive des moudjahidin et leur incapacit assurer la scurit du territoire.

  • Le mollah Omar lance le mouvement dans son village natal de Panjway, l'ouest de Kandahar, en excutant un chef moudjahid local. Les rseaux des madrasas se mobilisent alors autour de ce jeune chef, grivement bless durant la guerre contre les Sovitiques.

  • Les talebans ne sont pas des rvolutionnaires: pour eux, un tat islamique se dfinit par la stricte application de la charia; on chercherait en vain chez eux le discours antioccidental que l'on peut trouver en Iran, encore moins de projets de remodeler la socit et l'conomie.

  • Cela tant, linterprtation quils font de la charia, tout en tant rigoriste, est mtine de certains lments traditionnels afghans issus du code dhonneur pachtoune.


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  • Si dans un premier temps, la population accueille avec enthousiasme les tudiants, ce rigorisme fait rapidement en sorte que cette popularit initiale sestompe, surtout dans les villes

  • En outre, lapplication rigoriste et intgrale de la charia entrane rapidement le retour des chtiments moyengeux, qui rvulsent la population urbaine: amputation de la main des voleurs, ensevelissement vivant des homosexuels, excutions publiques dans les stades pour les personnes coupables de meurtre ou les femmes adultres, etc.

  • ce titre, et trangement, les talebans partagent quelque chose avec le PNDA: tous deux ont tent dimposer par la force des coutumes et des murs radicales issues de ltranger. Traditionnellement, les Afghans ont tendance considrer que leur pratique de lIslam est la plus authentique et ne voient aucune raison de sinspirer de lislam tranger.


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  • En outre, ils comprennent mal la charia cause des faiblesses de lducation quils ont reue. Nombre dentre eux sont pratiquement analphabtes et ont simplement appris par cur les textes religieux.

  • Leur fondamentalisme se ramne la question du droit et des murs. Leur puritanisme est strict: interdiction de toute vie publique aux femmes, contraintes de porter le chadri ou la burqa; obligation d'assister la prire; interdiction de la musique, du cerf-volant et de la pratique de presque tous les sports.

  • Ce rigorisme est l'intersection d'un puritanisme traditionnel des tribus pachtounes et d'une interprtation trs stricte et littrale de la charia, dans la ligne des courants no-fondamentalistes

  • Leur puritanisme est sans doute renforc par leur origine rurale et leur formation de moines guerriers spars trs jeunes de leur famille et lev dans un milieu exclusivement masculin.


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  • Ils ont t rejoints par d'anciens communistes de la tendance khalqi, par des reprsentants de l'lite tribale, par des mollahs d'autres partis et par la plupart des commandants locaux du Hezb-i-Islami, particulirement bien implants dans les poches de peuplement pachtounes du nord de l'Afghanistan.

  • Cette coalition des Pachtounes autour des talebans a fait leur force et leur faiblesse: elle leur a permis de conqurir les deux tiers du pays, mais a rig les autres groupes en reprsentants de mouvements ethniques minoritaires menacs par le retour de l'hgmonie pachtoune.

  • Par exemple, la population de la plaine du nord de Kaboul, qui avait laiss les talebans s'emparer de son espace en octobre 1996, s'est brusquement retourne contre eux au printemps de 1997. Malgr le discours des talebans, qui porte uniquement sur l'islam, leur perce a accentu la polarisation ethnique de l'Afghanistan.


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  • Une autre raison du succs initial des talebans est qu'ils incarnent la revanche de l'ethnie pachtoune. Or la guerre contre les Sovitiques a entran une baisse de leur influence et leur dispersion dans de multiples partis politiques, alors que chacune des trois autres grandes ethnies se regroupait derrire un parti homogne.

  • Face l'clatement du monde pachtoune, les talebans peuvent faire l'unit, car ils se situent au-dessus des clivages tribaux propres leur ethnie.

  • Leurs madrasas recrutent sans considration tribales et en dehors des grandes familles aristocratiques. Elles fournissent un encadrement qui permet d'unifier les tribus. La double lgitimit des talebans, religieuse et ethnique, leur a permis d'tre l'instrument de la revanche des Pachtounes, et d'occuper rapidement la ceinture pachtoune.


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1.2 Systme politique

  • L'organigramme du pouvoir taleban est flou et trs li Mohamed Omar. Celui-ci s'est fait proclamer Amir ol-Momunin, c'est--dire commandeur des croyants, un titre religieux qui rend impossible tout compromis politique, car le refus dobissance est assimil un crime dapostasie et consquemment, puni de mort.

  • Les talebans refusent de poser la question du pouvoir en termes d'alliances politiques: ils ne conoivent les rapports des autres groupes avec eux que sous la forme d'allgeance totale.

  • Ce refus d'une approche politique est illustr par l'attitude du mollah Omar: il reste dans sa ville de Kandahar, inaccessible aux diplomates comme aux dirigeants politiques, et dlgue le pouvoir Kaboul une petite quipe dirige par le mollah Rabbani (qui n'a aucun lien avec le prsident Rabbani).


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  • Les provinces sont gres par des mollahs venus du sud, mais l'administration reste trs souple en zone rurale. Kaboul en revanche, le pouvoir s'exerce avant tout comme police des murs (le ministre de la rpression du vice et de la promotion de la vertu).

  • Deux structures se partagent le pouvoir dune faon inefficace et incohrente, car les dcisions politiques prises par celles-ci sont souvent contradictoires. Autour du mollah Omar se trouve le premier cercle du pouvoir, compos de six hommes, dont les prrogatives sont mal dfinies, alors qu Kaboul, un second cercle de neuf hommes gre ladministration et les affaires trangres.

  • Lincohrence du gouvernement, qui vient entre autres du refus du commandeur de quitter Kandahar, est galement cause par lincapacit du mouvement, social, de se transformer en parti politique.


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  • Lintransigeance idologique du rgime fait en sorte que les quelques personnalits comptentes sont rejetes par le rgime, qui reste dpourvu des moyens concrets de gestion politique. La rectitude idologique tient lieu de comptence.

  • Entre 1996 et 2001, les talebans ont impos des mesures de plus en plus restrictives concernant les femmes, le travail des organisations non gouvernementales, les murs, tout en se dsintressant de la situation conomique et sociale.

  • L'interdiction de la culture du pavot, prise l'automne2000, s'inscrit dans cette perspective: alors mme qu'elle tait rclame par l'Occident, cette mesure n'a pas eu l'effet escompt (amliorer les relations avec la communaut internationale) et a, au contraire, aggrav la situation conomique en mettant des milliers de travailleurs saisonniers au chmage.


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1.3 conomie

  • La gestion conomique de lAfghanistan par le mouvement est limage de sa gouvernance: chaotique et superficielle. Encore une fois, la faiblesse intellectuelle du mouvement et son intransigeance, qui repousse les fonctionnaires comptents, fait en sorte quau cours des 5 annes de gouvernance, la situation conomique du pays ne sest gure amliore.

  • Les quelques mesures conomiques prises par le gouvernement se limitent tenter daccroitre les revenus du gouvernement en imposant les quelques entreprises trangres prsentes au pays. Ds 1996, un impt de 50% sur les profits de ces entreprises est mis en place, et celles qui ne veulent ou ne peuvent pas payer sont tout simplement attaques militairement par les milices du rgime.


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  • De mme, ils tablissent leur contrle militaire des frontires et des aroports, imposant une taxe de 6% sur tous les produits imports.

  • Le recours ces mesures est ncessaire dune part parce que la guerre civile se poursuit, que les besoins financiers de cette guerre continuent dtre importants et que le mollah Omar tente dobtenir une certaine indpendance financire par rapport Islamabad.

  • Dautre part, avec un revenu annuel par habitant infrieur 200$, le gouvernement ne peut pas vraiment compter sur la population pour remplir ses coffres.

  • Outre ces mesures lgales, le rgime recourt largement lexportation de lopium, du moins au cours des premires annes, alors que le rgime contrle plus de 95% de la production dopium au pays. En 1999, on estime que la production de pavot dAfghanistan reprsente plus de 75% de la production mondiale.


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  • Cependant, en 2000, le gouvernement remet en question cette orientation et se lance dans une lutte contre la culture du pavot. Les mthodes violentes employes par le rgime vont permettre de rduire drastiquement cette production, qui passe de 3300 tonnes 75 tonnes seulement lespace dune anne.

  • Les raisons de ce retournement sont expliques soit par le dsir du rgime dobtenir une certaine reconnaissance internationale, soit de provoquer une hausse des prix sur le march. Cette deuxime thse est appuye par le fait que, selon certaines sources, en septembre 2001, avant mme lattaque contre les tats-Unis, la culture du pavot fut de nouveau autorise.

  • Quoiquil en soit, il demeure que cette interdiction, mme si elle ne fut que temporaire, va contribuer loigner davantage la population du rgime, entendu que celui-ci la prive alors dune de ses rares sources de revenus.


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1.4 Relations internationales

  • En matire de politique trangre, le dogmatisme et lincomptence du rgime lui furent prjudiciables. Seuls trois tats reconnurent la lgitimit du gouvernement de mollah Omar en Afghanistan, soit le Pakistan, lArabie saoudite et les mirats arabes unis, encore que ces deux derniers lui retirent par la suite leurs appuis.

  • Mais la communaut internationale semblait s'tre rsigne leur pouvoir qui reprenait la tradition d'un tat fond sur les tribus pachtounes et apparaissait comme un gage de stabilit.

  • Le mouvement entretenait des relations avec les services daide humanitaire de lONU. La position de celle-ci tait difficile, car si elle ne voulait pas servir de caution en venant en aide au rgime, elle ne pouvait pas non plus abandonner les millions dAfghans pour qui laide internationale tait une condition de survie.


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  • Le rgime comprenait que ses chances de se maintenir au pouvoir dpendaient des conditions conomiques de la population et quune famine ne pouvait pas permettre la consolidation du rgime politique.

  • Le gouvernement a t incapable de nouer des relations avec ses voisins, mais plus encore, son intransigeance et son fanatisme ont conduit plusieurs tats prendre une position franchement hostile contre lui.

  • En Occident, o certains intrts conomiques lorgnaient sur le potentiel du pays, la rputation du rgime auprs de lopinion publique rendu impossible toute collaboration conomique

  • Les talebans ont toujours t systmatiquement soutenus par le Pakistan, pour des raisons ayant trait la vision stratgique de ce pays: face l'ennemi hrditaire, l'Inde, le Pakistan considre qu'il a besoin d'un Afghanistan ami.


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  • Pour Islamabad, seul un rgime pachtoune et islamiste est acceptable : il ne jouera pas la carte du nationalisme afghan et l'importance des Pachtounes au Pakistan peut permettre Islamabad d'exercer une sorte de gestion indirecte de l'Afghanistan en jouant sur le double registre de la solidarit ethnique et de la connivence religieuse.

  • Le Pakistan a donc fait systmatiquement campagne pour que la communaut internationale reconnaisse le rgime des talebans et a toujours refus de faire pression sur eux pour qu'ils livrent Oussama ben Laden.

  • Le principal obstacle la reconnaissance internationale du rgime taleban a t justement la prsence de ben Laden sur le sol afghan. Celui-ci est arriv au dbut de 1996 Jalalabad, chass du Soudan. Il est entr en contact avec les talebans en octobre, aprs la prise de Kaboul par ces derniers, vraisemblablement par l'intermdiaire des services secrets pakistanais (l'ISI.).


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  • Trs vite, ben Laden s'est trouv en symbiose avec le mollah Omar. Ben Laden fait partie d'un rseau de militants islamistes du Moyen-Orient qui a soutenu les moudjahidin afghans dans la guerre contre les Sovitiques, la fin des annes 1980.

  • Une organisation, base Peshawar, au Pakistan, appele le Bureau des services, assurait le recrutement et l'envoi en Afghanistan de volontaires. Aprs l'assassinat de son fondateur en 1989, ben Laden prend la direction de cette organisation qu'il renommera, au dbut des annes 1990, Al-Qaida (la Base).

  • Un certain nombre de combattants taient rests en Afghanistan aprs le retrait des troupes sovitiques en fvrier 1989: ils s'entranaient pour mener le djihad dans d'autres zones, avec le soutien des services pakistanais et des mouvements religieux radicaux pakistanais.


Oussama ben laden

Oussama ben Laden


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  • Lorsque ben Laden revient en Afghanistan en 1996, il reprend le contrle des volontaires trangers, monte une brigade qui combat auprs des talebans contre l'Alliance du Nord et entrane de jeunes musulmans pour former des rseaux terroristes qui se mettent en place en Occident et dans les marges du monde musulman. Excellent organisateur, ben Laden regroupe et motive les jeunes en rupture avec leur famille et leur pays.

  • Cette prsence de plus en plus importante dtrangers sur le territoire national indispose la population, pour qui les djihadistes sont aussi indsirables que nimporte quelle autre prsence trangre.

  • Bien qu'il ait dj t accus par les Amricains d'tre l'instigateur du premier attentat contre le World Trade Center en fvrier 1993, c'est seulement aprs les attentats d'aot 1998 contre les ambassades amricaines au Kenya et en Tanzanie que ben Laden devient l'ennemi numro un pour Washington.


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  • Commence alors un jeu complexe avec les talebans. Washington dcide de dissocier le cas de ben Laden du rgime de Kaboul et n'a plus qu'un seul objectif: obtenir l'expulsion du terroriste. Les sanctions contre les talebans prsentes au Conseil de scurit de l'ONU en dcembre 2000 ne visent que cela.

  • L'ide est qu'une extradition, ou un simple dpart de ben Laden, en change d'une non-ingrence dans la politique intrieure des talebans et d'une promesse implicite de reconnaissance internationale, devrait satisfaire et ces derniers et leurs parrains pakistanais.

  • Les tats-Unis, soucieux de dissocier leur contentieux avec les talebans du conflit indo-pakistanais, se gardent bien de faire pression sur le Pakistan. Or cette politique se rvle rapidement contradictoire. Les talebans prennent prtexte des sanctions de l'ONU pour refuser tout contact avec les organisations internationales.


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  • Le mollah Omar, quant lui, refuse de rencontrer un non-musulman, si bien que les Occidentaux n'ont aucun accs au centre du pouvoir taleban. Comme les Pakistanais refusent de faire pression sur Kaboul (ou plutt sur Kandahar, lieu de rsidence du mollah Omar), la situation est compltement bloque l't2000.


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1.5 Radicalisation

  • La direction des talebans se lance alors dans une radicalisation idologique. Rgulirement somms par les tats-Unis puis par le Conseil de scurit de l'ONU de livrer ben Laden, les talebans rpondent sur un registre juridique: le suspect doit tre jug par un tribunal islamique et le procureur amricain doit venir apporter les preuves.

  • Diffrentes mesures sont prises en 2001: la destruction des statues des bouddhas gants de Bamiyan en mars, l'imposition de signes distinctifs aux hindous de Kaboul en mai, l'arrestation de travailleurs humanitaires occidentaux pour proslytisme religieux en aot, ainsi que des interdictions plus anodines, mais tout aussi significatives de l'tat d'esprit des dirigeants, comme l'interdiction d'importation de cravates et d'pingles de cravate...


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  • Cette soudaine hostilit envers ce qui n'est pas l'islam est cohrente avec l'idologie de ben Laden.

  • Cette radicalisation va de pair avec l'isolement de la direction des talebans et la concentration du pouvoir entre les mains d'un petit comit o sont associs, autour du mollah Omar, les volontaires trangers, dont Oussama ben Laden. Le conseil de Kaboul, qui fait office de gouvernement, n'est plus runi.

  • Al-Qaida devient autonome : les volontaires qui arrivent de l'extrieur entrent directement en Afghanistan par l'intermdiaire des filires pakistanaises et sont pris en charge par les structures d'Al-Qaida.

  • Tout se passe comme si le mollah Omar avait choisi entre construire l'tat afghan et adhrer aux thses de ben Laden, pour qui il est inutile de construire un tat islamique dans un pays donn tant que la communaut musulmane reste opprime.


2 libert immuable

2 Libert immuable

  • Aprs les attaques du 11 septembre, le prsident Bush met en demeure ses allis rgionaux de choisir leur camp. Le Pakistan tourne le regard et laisse tomber son alli, de mme que lArabie Saoudite

  • Le 7 octobre 2001, des frgates et des sous-marins des forces navales amricaines et britanniques lancent des missiles de croisire sur les principaux centres urbains du pays tenu par les talebans. Pendant 12 jours Kaboul, Jalalabad, Kandahar et les camps dentranement dOussama ben Laden sont bombards.

  • Lattaque amricaine saccompagne dune srie d'oprations menes en divers points du territoire par les diffrentes composantes de lAlliance du nord, qui oprent sur deux fronts: le nord de Kaboul et la province du Takhar, louest.


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  • Cest dans cette rgion quils tablissent la jonction avec les troupes de Dostom autour de Mazar-i Charif. ces deux formations sajoutent les Hazaras de la rgion de Bagram, de mme que les Tadjiks de louest dIsmail Khan. Le Front uni tente ainsi de former un croissant antitaleban depuis le corridor de Wakhan jusqu la frontire iranienne

  • Avant le 7 octobre, des conseillers et plusieurs centaines de membres des forces spciales occidentales sont dpchs afin de prparer des actions communes auprs des divers reprsentants du Front uni. Mais il sagit surtout aussi de rallier par diffrents moyens les chefs de clans encore hsitants.

  • Le 20 octobre, les plans dintervention se prcisent. Les forces spciales amricaines et britanniques sont dployes dans la rgion de Kandahar. Au nord, des units dlite amricaines sont stationn pour aider et encadrer les forces du Front uni.


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  • Le premier objectif est de permettre aux combattants de Dostom de conqurir la province de Balkh, afin dtablir un accs direct avec les forces amricaines bases en Ouzbkistan. Puis il sagit de favoriser lavance des Tadjiks de lEst.

  • Pour prparer cette double offensive dans lest du pays, les Amricains bombardent Mazar-i Charif et Kaboul et les troupes de Dostom parviennent le 10 novembre prendre le contrle de Mazar-i Charif, provoquant la fuite de larme talebane. Deux jours plus tard, les Tadjiks de lEst semparent de Herat.

  • La chute de Mazar-i Charif apparat comme le tournant dans la guerre. Elle galvanise les Tadjiks de lEst, dont lavance vers Kaboul est acclre par le changement de stratgie des talebans. En effet, dbut novembre, le mollah Omar ordonne ses troupes de se retirer de la capitale afin de concentrer la gurilla sur les rgions qui bordent le Pakistan.


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  • Pour le gouvernement amricain, la prise de Kaboul risque dtre trop rapide, car ils nont pas encore de stratgie politique appliquer. Les autorits amricaines et lancien roi Zaher Shah tentent de convaincre les Tadjiks de lEst de ralentir leur progression, le temps de ngocier la dmilitarisation de la capitale et la rpartition des pouvoirs entre les diffrentes ethnies.

  • Mais les combattants tadjiks ne sarrtent pas: le 13 novembre, ils prennent possession de Kaboul sans rels combats. Cinq semaines aprs le dbut des oprations militaires, le rgime taleban est renvers. Plusieurs milliers de talebans ont t tus ou faits prisonniers tandis que 3700 civils ont pri dans les combats.

  • Dbut novembre 2001, diffrents pays, parmi lesquels les Pays-Bas, lAllemagne, le Canada et le Japon annoncent, la demande des tats-Unis et du Royaume-Uni, quils vont eux aussi apporter une aide militaire.


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  • Dans un premier temps, le changement de rgime impos par la force militaire trangre est assez bien vu par la population afghane, mme chez les Pachtounes, pour qui la tangente djihadiste prise par le mouvement du mollah Omar ntait absolument pas conforme aux intrts et traditions du pays.

  • Ce nest quavec le temps, dans le contexte dune occupation militaire qui sternise, que cette perception se modifiera et que les vieux rflexes de la population face aux occupants trangers se raviveront.


3 volution politique depuis 2001

3 volution politique depuis 2001

  • Le 5 dcembre 2001, diffrentes factions concluent Bonn un accord sur la cration d'un gouvernement dirig par le chef pachtoune Hamid Karza, lequel dsignera un mois plus tard les 21 membres de la commission d'organisation de la Loya Jirga, qui se verra confier la tche de dsigner un gouvernement pour le pays.

  • De retour en Afghanistan, Zaher Shah se voit confier la responsabilit de prsider la Loya Jirga, laquelle portera Karza la tte du gouvernement transitoire.

  • Lautorit de Karza demeure trs fragile, comme le dmontrent les attentats du 5 septembre 2002, du 10 juin 2007 et du 27 avril 2008, dont il sortira indemne.


Le pr sident karza

Le prsident Karza


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  • Diplm en science politique et en journalisme, Karza faisait partie d'un mouvement de rsistance royaliste dans les annes 1980. Sa nomination au poste de vice-ministre des Affaires trangres en 1992 tmoigne de son importance politique

  • Mais ses difficults avec Massoud lempcheront dtre actif. Il collaborera avec le rgime taleban jusquen 1999, anne de lassassinat de son pre. Ses relations avec le rgime taient suffisamment bonnes pour que lui soit propos en 1996 le poste de reprsentant lONU.

  • Cest Zalmay Khalizad que Karza doit son ascension. Membre de la Rand corporation et collaborateur dUNOCAL, il est proche de Bush et est aujourdhui ambassadeur des tats-Unis en Afghanistan. Cest sur ses conseils que Washington met Karza en avant.

  • Quant ses relations personnelles avec UNOCAL, le doute subsiste toujours ce jour, lintress et la firme en question niant toute collaboration.


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  • Devenu prsident intrimaire en juin 2002, Karza est lu prsident en octobre 2004, avec 55% des voix.

  • Le scrutin est peu couru (taux de participation de 40%), ce qui ne contribue pas asseoir la lgitimit de Karza.

  • En dcembre, il forme un gouvernement dont la plupart des chefs de guerre sont exclus au profit de ses proches appartenant la tendance rformiste.

  • La faiblesse du soutien au prsident devient manifeste lors des lections lgislatives de septembre 2005, qui voient les ex-moudjahidin occuper plus de la moiti des 249 siges du parlement.

  • partir de 2006, la contestation se dveloppe contre Karza, vu comme une marionnette de Washington.

  • Outre les oprations de la nbuleuse no-talebane, des manifestations violentes surviennent jusque dans Kaboul, o les bvues des troupes doccupation suscitent la colre de la population.


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  • La radicalisation des rponses du gouvernement (comme lexcution de 15 personnes la prison de Kaboul en 2007) ne fait rien pour arranger les choses.

  • La participation aux lections prsidentielles et provinciales de 2009 est faible, en particulier dans les bastions des talebans, qui ont menac de punir ceux qui iraient voter. LONU parle de fraudes massives et cest pourquoi Karza, qui stait dabord autoproclam vainqueur, finit par consentir un second tour pour le dpartager de son opposant Abdullah Abdullah.

  • Le 1er novembre 2009, ce dernier se dsiste, arguant de limpossibilit de procder des lections honntes, la commission lectorale tant noyaute par des proches de Karza. Le 2 novembre, la commission annonce lannulation du second tour et la victoire de Karza.

  • Le rejet, le 2 janvier suivant, des deux tiers des ministres du nouveau gouvernement Karza par le parlement, tmoigne loquemment de la faiblesse de celui-ci.


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  • Afin dlargir ses appuis, Karza sest consacr depuis le dbut de son second mandat tendrela main aux diverses factions qui contestent son pouvoir. Ds le lendemain de sa rlection, le prsident a convoqu une Loya Jirga afin de discuter en profondeur de la question de linsurrection mene par le mouvement taleb.

  • Ces derniers furent invits participer la Loya Jirga, mais les chefs du mouvement ont rejet loffre, arguant quaucune discussion ne serait possible avec le gouvernement central tant que des troupes trangres occuperaient le territoire national.

  • Mais il semblerait que des contacts aient t tablis entre certains meneurs de linsurrection et le gouvernement, qui tente ainsi denfoncer un coin entre les diffrents groupes, tendant la main ceux qui sont prts abandonner la lutte arme en change dun certain pouvoir politique. Si la manuvre russissait, il serait alors possible daffaiblir le mouvement.


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  • En septembre 2012, Karza, dont cest le second et dernier mandat, a raffirm son intention de quitter la politique en 2014. Cette annonce visait faire taire les rumeurs suivant lesquelles le prsident envisageait de suspendre la constitution en 2014, afin de se maintenir au pouvoir.

  • Il faudra attendre 2014 pour en avoir la certitude, car la constitution prvoit en effet cette possibilit. Or, la fin du 2e mandat Karza va concider avec le retrait des forces de lOTAN, ce qui risque bien sr de dstabiliser la situation au pays.

  • Les accusations de corruption contre le gouvernement Karza se sont multiplies depuis quelques annes et des informations concernant lenrichissement de ses proches font rgulirement les manchettes, ce qui ne contribue pas assurer la lgitimit dun gouvernement qui demeure aujourdhui vu comme une simple manation administrative des forces doccupation.


4 situation s curitaire

4 Situation scuritaire

4.1 LISAF

  • Mme si ce sont les Amricains et les Britanniques, appuys par leurs allis afghans, qui ont men lopration qui entrana leffondrement du rgime des talebans, ne voulant pas supporter seuls le poids de leurs dcisions unilatrales, ils vont semployer largir la base du soutien international de lopration.

  • Le 31 dcembre, on parvient Kaboul un accord concernant le dploiement d'une force internationale (Force internationale d'assistance pour la scurit en Afghanistan (ISAF)) qui comptera dabord 4500 hommes de 17 pays, sous commandement britannique.


G opolitique de l afghanistan contemporain

  • Runis Tokyo le 22 janvier 2002, une soixantaine de pays s'engagent fournir l'Afghanistan une aide de 4,5 milliards de dollars sur 5 ans.

  • Le 11 aot 2003, l'OTAN prend le commandement de l'ISAF jusquau 9 aot 2004, au moment o cette responsabilit passera temporairement aux mains de lEuropcorps, jusquen 2006. Un peu auparavant, la fin du mois de juin 2004, lOTAN avait annonc une augmentation de ses effectifs 10000 hommes.

  • En juillet 2006, lOTAN annonce un autre gonflement de ses effectifs, qui passent 18000 hommes et en octobre de la mme anne, lensemble du contingent amricain passe sous responsabilit de lAlliance, qui compte alors 30000 soldats provenant de 37 pays.

  • Et le gonflement se poursuit: en septembre 2008, Bush annonce l'envoi de renforts, 4 500 s'ajoutant aux 24000 hommes prsents sur place, sur un total de 45000 soldats de l'OTAN.


Le d ploiement de l isaf en 2006

Le dploiement de lISAF en 2006


Le d ploiement de l isaf en 2009

Le dploiement de lISAF en 2009


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  • En octobre 2008, lAllemagne porte sa participation 4500 soldats. Obama poursuit sur la mme lance et annonce en fvrier 2009 que 17000 soldats supplmentaires sajouteront, portant la force doccupation 70000 hommes (38000 Amricains et 32000 provenant dautres pays.)

  • Jusquen 2009, lessentiel des sommes consacres par le monde occidental lAfghanistan est utilis pour des objectifs militaires. ce moment survient un changement de stratgie et Washington se dcide envoyer aussi davantage de cooprants civils.

  • Si le premier objectif de lattaque contre lAfghanistan en 2001 (dtruire le rgime appuyant lorganisation de ben Laden) a effectivement t atteint, les choses se sont grandement compliques et les forces occidentales cherchent une faon de se retirer, sans mettre en danger le gain obtenu et qui constitua la raison de lintervention.


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  • La stratgie occidentale a dabord consist liminer les combattants insurgs. Dans un premier temps, cette stratgie a donn de bons rsultats, mais la multiplication des bavures, des dommages collatraux et des victimes civiles a chang la situation et partir de 2005,les insurgs relvent la tte.

  • Devant lchec de cette stratgie, depuis 2006, lAlliance tente de tenir certaines places fortes, en attendant que ses suppltifs locaux (arme, police et gouvernement) soient en mesure dassurer le contrle du territoire.

  • Larrive dObama et du gnral McChrystal ont accentu cette modification stratgique. Laccent est depuis 2009 mis sur les oprations de contre-insurrection, visant gagner les curs et les esprits, comme le veut la formule consacre.

  • Cela tant, les dernires annes ne semblent pas convaincantes ce titre, et ce, pour deux raisons.


Croisade

Croisade ?


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  • Dabord, loin de sapaiser, la gurilla sest intensifie, comme si le changement avait envoy comme message que lintervention touchera bientt sa fin et que les forces occidentales taient dsormais sur la dfensive. Les oprations grand dploiement et surmdiatises comme celle du printemps2010 dans la rgion de Kandahar sont davantage destines lopinion publique occidentale qu une tentative de gain sur le terrain.

  • Le deuxime facteur tient la nature de ces oprations de contre-insurrection, dj utilises auparavant au Vietnam. Dans un contexte de grande confusion entre les combattants et les populations civiles, il est difficile de combattre les uns sans menacer les autres.

  • Dautant que les impratifs du genre zro mort entranent un recours plus important des drones, des bombardements ariens ou dartillerie qui ont lavantage de limiter les risques pour les soldats de lAlliance, mais mettent les populations civiles en danger.


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  • Depuis le dbut de cette rvision stratgique, les pertes civiles sont demeures sensiblement les mmes, avec mme une pointe en septembre 2009, qui fut le mois le plus meurtrier des 3 annes prcdentes.

  • Cest donc la quadrature du cercle: pour maintenir un appui lopration dans leurs pays, les gouvernements occidentaux recourent des stratgies qui ont un cot plus lev pour les populations civiles, ce qui contribue faire dtester par ces mmes populations ces forces armes venues prtendument les dfendre...

  • En mai 2012, les autorits de lOTAN ont raffirm leur dsir de quitter le territoire en 2014, tout en commenant transfrer la responsabilit dassurer la scurit du territoire aux forces armes afghanes ds 2013.

  • Ds lors, les forces de lOTAN seront surtout utilises pour la formation et la prparation de lArme afghane, afin quelle soit en mesure de faire face seule partir de 2014.


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  • Certains pays ont dj commenc leur retrait partiel, dont la France, qui voudrait voir ses forces quitter totalement le pays au plus tard en 2013. Pour sa part, le Canada suivra le calendrier dfini par lOTAN.

  • Il est trop tt pour tablir un bilan humain exhaustif des oprations militaires, car celles-ci se poursuivent.

  • Les sources font tat de grandes disparits : au moins 20000 morts, soit 10000 de 2001 2006, plus un autre10000 depuis 2006. Les responsabilits de ces morts civiles sont partages entre les insurgs et les forces de la coalition internationale. Il sagit cependant uniquement des morts directes, cest--dire celles qui sont issues des combats.

  • Les pertes militaires de la coalition slvent pour leur part 3200 tus (158 pour le Canada), les pires annes ayant t 2010 et 2011, avec respectivement 711 et 566 tus. cela il convient dajouter quelque 7000 soldats et policiers afghans, de mme quenviron 20000 insurgs.


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4.2 La rsurgence des talebans

  • Assez calme jusquen 2006, ce qui reste du mouvement taleban mne un combat darrire-garde dans les cinq premires annes doccupation, ce qui convainc les dirigeants occidentaux et ceux de Kaboul quils prennent le dessus sur le terrain contre les tudiants.

  • Mais en 2006, la situation change et les forces du mollah Omar reprennent linitiative dans plusieurs zones du pays, principalement au sud. Avec le recul, il semble que les chefs de linsurrection aient profit de ces 5 annes pour revoir leur stratgie et achever une mutation significative.

  • Le plus important lment, et le plus inquitant pour les Occidentaux, semble tre que le mouvement soit au moins partiellement parvenu transcender les clivages ethniques.


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  • Lune des raisons du succs du rgime dans les annes 90 avait t sa capacit unir la nation pachtoune en dehors des clivages tribaux et claniques traditionnels, mais il ne pouvait pas, par son radicalisme ethnique, obtenir lappui des autres ethnies.

  • Bien quil soit trs difficile davoir une ide exacte de cet apport, on sait que des membres des autres ethnies se joignent au mouvement. Cela semble concerner avant tout les chefs religieux, mais compte tenu de limportance de leur rle social, on peut sattendre un dveloppement de ce ralliement de la population derrire le mouvement taleb.

  • Autre lment nouveau, lapparition dun pragmatisme qui, mme sil ntait pas compltement absent entre 1996 et 2001, laissait plus souvent place une application littrale et fondamentaliste des principes religieux qui guidaient les actions des chefs du rgime.


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  • Les no-talebans sont beaucoup plus flexibles. Ils sont revenus sur linterdiction de la culture du pavot, ce qui leur permet de rallier la paysannerie, tout en finanant leurs activits. Autres exemples : la fin de lobligation de porter la barbe, la possibilit dcouter de la musique ou de regarder la tlvision.

  • Ces derniers exemples mettent en vidence une autre caractristique de la mutation du mouvement : son recours aux armes de ladversaire.

  • Les no-talebans ont recours la technologie sur le plan militaire, mais surtout sur celui de la propagande. La tlvision et le cinma sont instrumentaliss par le mouvement, afin de convaincre la population. Il en est de mme de la musique et on trouve mme des chanteurs de rap faisant la promotion des valeurs du mouvement.


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  • Depuis deux ans,le ressentiment croissant dune part importante de la population afghane face aux dommages collatraux a trouv une illustration concrte par la multiplication des attaques verts contre bleus, cest--dire des attaques de soldats et policiers afghans contre des soldats de la coalition internationale.

  • Ces actions tmoignent du fait que les talebans sont parvenus depuis quelques annes infiltrer les organes de scurit du pays, mme sil nest pas possible davoir une ide exacte de linfluence relle du mouvement taleban dans les rangs de larme et de la police.


5 occident pakistan inde et chine

5 Occident, Pakistan, Inde et Chine

  • LAfghanistan se trouve au centre dun jeu complexe o sentremlent intrts conomiques et ncessits gostratgiques.

  • Comme dit prcdemment, les richesses minrales seraient considrables. Mais lexception de la Chine, lintrt des puissances rgionales et mondiales est encore avant tout scuritaire et gostratgique.

  • Cest particulirement vrai en ce qui concerne lOccident. Mme si les intrts conomiques ne sont pas trangers la prsence occidentale, la grande instabilit politique du pays, qui ne devrait pas samliorer dans la prochaine dcennie, rend frileuses les entreprises occidentales.


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  • Labandon du projet Centgas en 1998 montre assez bien que le pays nest pas un territoire prioritaire dinvestissements et cest dsormais par la Caspienne que sorientent les projets dacheminements des hydrocarbures de lAsie centrale vers lOuest.

  • Les difficults du gouvernement pakistanais quant la scurisation de son territoire et la lutte pas toujours trs manifeste dIslamabad contre les terroristes rfugis au Pakistan constituent aussi une autre raison de la prsence occidentale.

  • Dans les cercles militaires amricains, on ne parle plus aujourdhui uniquement de lAfghanistan comme champ de bataille dans la zone, mais bien de lAfpak, soit de lAfghanistan ET du Pakistan, puissance rgionale trs importante et puissance nuclaire, dont le gouvernement est aussi proamricain que la population est antiamricaine. La stabilisation de lAfghanistan est absolument ncessaire celle du Pakistan.


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  • Pour les deux puissances rgionales de la zone, le Pakistan et lInde, ce sont les impratifs gostratgiques qui constituent la raison de leur prsence.

  • Pour le Pakistan, les motivations de son implication en territoire afghan ds le dbut des annes 90 sont toujours les mmes: tablir un protectorat sur Kaboul, afin dobtenir une profondeur stratgique contre lInde et satisfaire limportante minorit pachtoune du Pakistan.

  • Depuis 2001, ces impratifs sont devenus encore plus importants, avec limplication toujours plus grande de Delhi en Afghanistan.

  • Pour Delhi, lintrt gostratgique dune grande prsence en Afghanistan, mme si elle revt souvent une forme conomique ou plutt humanitaire (en 2008, la contribution de lInde la reconstruction sest leve plus dun milliard de dollars), constitue la principale motivation.


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  • Obsd par Islamabad, Delhi nglige ses intrts conomiques (comme ltablissement dune voie dacheminement des hydrocarbures de lAsie centrale, qui pourrait dailleurs constituer un projet susceptible de rapprocher Delhi et Islamabad) et pendant ce temps, la Chine investit massivement.

  • La pntration chinoise sinscrit dans sa politique dexpansion conomique depuis 5 10 ans. Pkin se proccupe peu du gouvernement et ne demande quune certaine scurit pour ses investissements. Son objectif cest de scuriser des sources dapprovisionnements alimentaires, minrales et nergtiques.

  • Un exemple, les investissements chinois dans la mine dAynak, investissements qui impliquent la construction dune centrale hydrolectrique, une fonderie, une ligne de chemin de fer, en plus de sommes importantes qui seront consacres la construction de logements, dcoles, de cliniques, etc.


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  • Ainsi, par voie de consquence, la stratgie dinvestissement de Pkin, destine satisfaire ses besoins, permet aussi le dveloppement social et conomique des pays o il investit, sans gard aucun pour le gouvernement ou le systme politique du pays.


6 perspectives

6 Perspectives

  • quoi sattendre dans les annes venir? Au plan politique, si le pass est garant de lavenir, les raisons dtre optimistes sont limites: le gouvernement est corrompu, mais il ny a gure dalternative celui-ci.

  • lextrieur de Kaboul, lautorit centrale nexiste pratiquement pas et le territoire est morcel entre diffrents chefs de guerre qui jouent sur lappui tantt des notalebans, tantt sur celui des Occidentaux.

  • Les opinions publiques occidentales sont lasses de la guerre et des raisons dordre intrieure vont obliger les gouvernement rapatrier leurs troupes dici quelques annes.

  • Al-Qada a t trs affecte par les oprations et na probablement plus de base solide sur le territoire. Mais quen sera-t-il aprs le dpart des Occidentaux?


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  • Mme chose pour les talebans, qui ne semblent mme pas dsireux dattendre le dpart des Occidentaux pour se relever

  • Le cimetire des empires enterrera-t-il la puissance amricaine? Car cest lun des grands problmes dun retrait invitable: comment faire en sorte de ne pas perdrela face? Comment viter que ce retrait soit prsent comme une dfaite par ceux qui auront rsist tout au long de loccupation?

  • Certaines voix se sont leves pour voquer en guise de solution au problme la destruction de lAfghanistan, cest--dire la rpartition des populations et du territoire en fonction de leur affiliation aux tats voisins: le nord lOuzbkistan, le nord-est au Tadjikistan, louest lIran, le sud au Pakistan

  • Mais outre que cela ressemble fort ce qui est survenu dans les Balkans, une telle solution soulve plus de problmes quelle nen rgle.


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  • Dabord la dstabilisation de lensemble de la rgion: mme si le niveau de dveloppement des tats frontaliers nest pas particulirement lev, il lest bien davantage quen Afghanistan.

  • Pas suffisamment pour permettre une adaptation sans difficult dtats qui sont dj relativement fragiles: les difficults de la runification allemande sont ce titre fort significatives Lajout de populations mmes trs apparentes ne pourrait que dstabiliser ces tats.

  • Le plus important problme une solution de ce type, cest que malgr lclatement du territoire suivant des lignes ethniques, les politiques des annes 1930 aux annes 1970 taient parvenues crer un embryon dunit nationale, centr autour des lites politiques (arme et gouvernement) et intellectuelles du pays, de sorte que dans les annes 70, il tait possible pour un Tadjik de se dire Afghan, ce qui a facilit terme la migration des populations sur lensemble du territoire.


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  • Aujourdhui, la rpartition ethnique du territoire est beaucoup moins tranche quil y a un sicle et on trouve des Pachtounes dans presque toutes les villes dimportances du pays, y compris celles du nord o ils sont en minorit.

  • Ce dcoupage avait t envisag par les Britanniques la fin du XIXe sicle, soit avant cette redistribution de la population, et le projet stait heurt demble lopposition de la majorit pachtoune

  • Lafghanisation du problme semble en fait la seule solution, mais elle pose des problmes de scurit et risquerait de remettre en question le seul gain de lintervention, qui tait aussi sa raison dtre: liminer un rgime servant de base au terrorisme.

  • Karza a au moins le mrite davoir compris cela. Il travaille dj depuis quelques annes prendre langue avec des dirigeants taleban modrs, mais il a de la difficult vendre lide ses allis.


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  • Tant que des forces trangres seront prsentes, la gurilla se poursuivra.

  • Il est naf de croire quil est possible dinstaurer un systme politique, social et conomique semblable celui de loccident dans un pays si radicalement diffrent par la simple force de la volont et la supriorit militaire.

  • Les conditions sociales ncessaires au dveloppement dune socit civile loccidentale sont tout simplement inexistantes et ne le seront pas dans un avenir prvisible.

  • Alors, laisser les talebans reprendre le pouvoir? Cela semble aujourdhui la seule avenue possible. Et pour ne pas quils puissent donner limpression davoir gagn la guerre contre lOuest tout-puissant, il faudra aux Occidentaux ngocier, et le plus rapidement sera le mieux, avec les lments modrs.


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  • Le pragmatisme affich par les notalebans au cours des dernires annes peut laisser esprer loccident que les excs du premier rgime ne se rpteront pas ncessairement, du moins en ce qui concerne laccueil fait par le pays dans les annes 1996-2001 au terrorisme international.

  • Quant aux murs de ces radicaux, nous ne pouvons pas y changer grand-chose. La meilleure chose faire ce titre, et la diffrence de ce qui fut fait entre 1996 et 2001, sera de sassurer de maintenir le pays dans les rseaux internationaux, plutt que de chercher lisoler. Cest la meilleure faon de favoriser un dveloppement conomique et social du pays. Quant la dmocratie, elle devra attendre


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