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Où va l’Ukraine ?

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Où va l’Ukraine ?. 1 – Qu’est-ce que l’Ukraine? 2 – Les événements de l’hiver 2013-2014 3 – L’Ukraine comme enjeu géostratégique 4 – Quelques scénarii possibles. 1 – Qu’est-ce que l’Ukraine?. 1.2 – L’Ukraine géographique

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Presentation Transcript
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1 – Qu’est-ce que l’Ukraine?

2 – Les événements de l’hiver 2013-2014

3 – L’Ukraine comme enjeu géostratégique

4 – Quelques scénarii possibles

1 qu est ce que l ukraine
1 – Qu’est-ce que l’Ukraine?

1.2 – L’Ukraine géographique

  • Le nom et l’État d’Ukraine (« Aux confins », « À la marge ») sont apparus récemment dans l’histoire.
  • Ses frontières ont fluctué au fil des siècles, ce qui rend difficile d’évoquer l’histoire de ce territoire.
  • Il s’agit d’une zone de peuplement ancienne : la ville de Kiev aurait été fondée autour du Ve siècle.
  • À cette époque, il n’existe pas d’État au sens moderne, mais des villes fortifiées gouvernées de façon autonome.
  • Le rôle étatique de Kiev commence en 882 : Oleg s’en empare et en fait la capitale de l’État roussène.
  • Pendant trois siècles, Kiev sera la capitale d’un vaste État, qui s’étend de la mer Noire au golfe de Finlande.
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Ce n’est pas un État centralisé, mais une confédération d’une douzaine de tribus de Slaves orientaux.

  • À al fin du XIIe siècle, le titre de grand prince passe à la Souzdalie et Kiev décline.
  • La principauté de Kiev continue d’exister jusqu’en 1240, alors que les Mongols déferlent et détruisent la ville.
  • De cette époque datent les distinctions entre Russes, Biélorusses et Ukrainiens.
  • En 1654, le chef cosaque Khmelnitski signe un accord avec Moscou, qui annexe la rive gauche du Dniepr.
  • La Crimée est conquise en 1780, puis la Russie récupère des territoires ukrainiens, lors des partages de la Pologne entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.
  • Au début du XXe siècle, 80 % du territoire ukrainien relève de l’Empire russe.
  • Avec l’effondrement de l’empire russe, l’Ukraine du centre et de l’ouest tente de s’organiser en État.
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La victoire des bolchéviques durant la guerre civile conduit à l’instauration d’un pouvoir bolchévique sur l’est et le centre, alors que l’ouest réintègre le territoire d’une Pologne qui renait.

  • En 1922, le RSSU est formée au sein de l’URSS et comprend des territoires à l’est qui sont essentiellement peuplés de Russes.
  • Le territoire connaîtra d’autres modifications au XXe siècle : en 1945 (1939), les terres de l’Ouest, qui n’avaient jamais appartenu à la sphère d’influence russe, sont annexées à l’URSS.
  • En 1954, Nikita Khrouchtchev transfère le contrôle de la péninsule de Crimée à Kiev.
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1.2 – L’Ukraine démographique

  • La population est un mélange d’Ukrainiens, de Russes et de plusieurs minorités de moindre importance.
  • La question de l’héritage de la Rous agite les nationalistes des deux côtés, désireux d\'accaparer la primauté de leur histoire commune.
  • Les tribus qui constituaient à l’origine la Rous étaient diverses, mais elles partageaient un mode de vie semblable et à partir de 988, une religion commune.
  • Puisque Kiev et les zones entourant l’ancienne capitale ont été ravagées, la question se pose de savoir d’où viennent les Ukrainiens actuels.
  • Ceux de l’ouest ont pu survivre et ont subi l’influence du monde polonais, influence qui s’illustre au plan linguistique, mais aussi religieux. Ce sont des Ukrainiens ukrainophones.
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Ceux de l’est descendent des Cosaques qui ont accepté leur sujétion à la couronne moscovite en 1654.

  • Ces Cosaques sont eux-mêmes des descendants de Moscovites ayant fui la consolidation étatique. Ce sont des Ukrainiens ukrainophones, russophones et sourjikophones.
  • Au sud, aux autres populations se sont ajoutés des immigrants russes. Ce sont des Russes ethniques russophones, qui se mêlent à d’autres populations.
  • Il faut ajouter à cela des minorités hongroises, bulgares, roumaines et tatares, entre autres.
  • Au fil du temps, les populations se sont mélangées, mais la démarcation ouest-est est pour l’essentiel demeurée
  • L’Ukraine est coupée en deux, le long du Dniepr : l’ouest où domine l’ukrainien, l’est où domine le russe. La population est à peu près également répartie (plus ou moins 23 à 24 millions de personnes).
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Mais il est faut raffiner en divisant l’ouest en zone « ouest » et « centre » et l’est en zone « est », « sud » et criméenne.

  • À l’ouest, la population est presque exclusivement ukrainienne. il s’agit des territoires annexés par l’URSS en 1945 et qui n’avaient pas jusque-là de liens avec la Russie moderne.
  • Au centre, une partie du territoire a été annexé en 1654, une autre en 1918. et où se trouve la capitale, l’ukrainien domine, mais on y trouve aussi bien des sourjikophones que des russophones.
  • À l’est, dont une part a toujours appartenu au monde russe et n’a été ajouté dans la composition territoriale de l’Ukraine qu’en 1918, le russe est la langue dominante d’une population russe ethniquement.
  • Le sud, conquis par la Russie au XVIIIe siècle, est bigarré, mais le russe est la principale langue, surtout dans les villes.
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La Crimée, territoire historiquement tatar, puis russe, compte une faible proportion d’Ukrainiens (équivalente à la proportion de Tatars) et une majorité de 65 à 75 % de Russes linguistiques ET ethniques.

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1.3 – L’Ukraine économique

  • Au moment de l’effondrement de l’URSS, l’Ukraine jouissait de l’un des plus hauts niveaux de vie d’URSS, mais depuis le pays s’enfonce économiquement.
  • La situation est d’autant plus inacceptable que le pays dispose d’atouts économiques : riches terres noires, bassin industriel et population hautement scolarisée.
  • Le PIB par habitant de l’Ukraine est aujourd\'hui le 2e plus faible de toute l’Europe, devant la Moldavie
  • La corruption est un gros problème : en 2012, le pays occupait le 144e rang mondial sur 176 dans le domaine.
  • La situation budgétaire est mauvaise et sa dette représente 180 % de son PIB (dette publique : 43 %).
  • Sa mauvaise note de crédit rend le recours à l’emprunt dispendieux. Pour boucler l’année 2014, le pays devra trouver entre 20 et 35 milliards de dollars.
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Le secteur agricole a été long à se réformer et malgré les progrès de la dernière décennie, la production agricole demeure en deçà de ce qu’elle était en 1991.

  • Certains secteurs industriels se portent bien, mais la productivité est faible et la production de faible qualité, d’où les grandes difficultés d’exportations.
  • Le pays est aussi coupé en deux économiquement, avec l’Ouest, agricole et pauvre et une région est, industrielle et significativement plus riche.
  • Cette situation nourrit un ressentiment de l’ouest envers l’est, perçu comme l’enfant gâté du pays, et de l’est envers l’ouest, jugé parasitaire et vivant à ses dépens.
  • Les relations commerciales avec la Russie sont vitales : elle représente 30 % des importations et 25 % des exportations. Le secteur industriel de l’est est très lié au complexe militaro-industriel de la Russie.
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Sur le plan énergétique, l’Ukraine est fortement dépendante de la Russie, particulièrement pour le gaz, le pétrole et l’uranium, fondamental pour une partie significative de la production électrique.

  • Le statut de pays de transit pour les exportations de gaz russe en Europe a longtemps donné au pays un avantage stratégique, mais avec la construction du Nord Stream et du South Stream, la situation change peu à peu au détriment de Kiev.
2 les v nements de l hiver 2013 2014
2 – Les événements de l’hiver 2013-2014

2.1 – Évolution politique depuis l’indépendance

  • Depuis 1991, le pays balance entre sa relation historique avec la Russie et ses liens avec le monde occidental.
  • La coupure est-ouest et la domination des forces politiques de l’une ou l’autre région déterminent l’option la plus en vogue.
  • Dans les années 1990 l’Ukraine se rapproche du monde occidental, d’autant que la Russie traverse une phase occidentaliste à ce moment.
  • Le mandat de Léonid Kravtchouk, président jusqu’en 1994 est marqué par des conflits avec la Russie autour de la Crimée et du partage de la flotte de la mer Noire.
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En 1994, Léonid Koutchma, ancien premier ministre, devient président. Même si il est originaire de l’Ouest, il s’emploie à améliorer les relations avec la Russie, entre autres en légiférant pour protéger la langue russe.

  • Contesté au cours de son second mandat (il est réélu en 1999) pour sa corruption et ses méthodes, il perd son appui et se tourne vers Moscou.
  • En 2004, Viktor Ianoukovitch est élu président, mais des manifestations se déploient à Kiev et ailleurs, pour réclamer de nouvelles élections, les premières ayant été entachées de fraudes et de malversations.
  • Cette fois, les résultats donnent Iouchtchenko gagnant sur son rival Ianoukovitch, avec près de 52 % des voix.
  • Le tournant à l’Ouest est accentué par la nomination au poste de premier ministre de Timochenko, même si la relation avec la Russie demeure importante.
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Entre 2005 et 2010, le gouvernement balance entre « pro-russes » et « pro-occidentaux ».

  • La situation économique se détériore, ce qui oblige le gouvernement à chercher de l’aide à l’étranger, devenant de plus en plus tiraillé entre les deux pôles.
  • Selon tous les sondages menés depuis plusieurs années, la population ukrainienne est aussi divisée que sa classe politique sur cette question :
    • 35 % désire un rapprochement avec l’UE dans le cadre d’un accord associatif,
    • 35 % préfère un rapprochement avec la Russie dans le cadre de l’Union douanière et Eurasienne
    • 30 % préfère ni l\'un ni l’autre…
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2.2 - Grandeur et misère de Viktor Ianoukovitch

  • Les politiciens ukrainien, ne sont ni pro-russe, ni pro-occidental, mais pro-oligarques. La division économique du pays recoupant sa structure démographique, il y a deux groupes oligarchiques, disposant chacun de sa structure politique.
  • Depuis l’indépendance de 1991, ce sont ces deux groupes qui s’échangent le pouvoir.
  • Ianoukovitch est originaire de Donetsk : sa clientèle politique est russophone et liée aux intérêts économiques de l’est, donc du secteur industriel,
  • D’où, sa propension à discuter avec Moscou plutôt qu’avec l’Occident : sans les exportations vers la Russie, l’industrie de l’est perd son principal client.
  • Il ne défend pas les intérêts de la Russie, mais les siens, qui se confondent avec ceux des oligarques de l’est.
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Comme Koutchma avant lui, c’est sa perte de pouvoir et de crédibilité qui le pousse dans les bras de Moscou.

  • Ianoukovitch a été premier ministre de 2002 à 2004, au début de 2005, et de l’été 2006 à décembre 2007, alors que Viktor Iouchtchenko est président.
  • La perte de crédibilité de l’équipe issue de la révolution orange entraîne l\'éviction de ce dernier en 2010 et Ianoukovitch devient président.
  • Sa base politique étant à l’est, il cherche a y consolider son appui, d’où l’adoption d’une loi conférant au russe un statut de langue officielle dans certaines régions.
  • Ianoukovitch cherche à se vendre au plus offrant, car l’économie ukrainienne ne parvient pas à sortir du marasme et le pays a besoin d’une aide internationale pour s’en sortir.
  • La Russie tente de convaincre Kiev de rejoindre l’Union eurasienne, l’UE, de signer un accord avec elle.
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L’accord avec la Russie est plus avantageux pour Ianoukovitch, sa base se situant dans l’est, où le niveau de vie dépend des relations économiques avec Moscou.

  • Mais il fait monter les enchères : l’UE lui propose de négocier un traité d’association et il accepte. Une fois les termes du traité établis, il se rapproche de Moscou, qui tente d’offrir mieux que ce que l’UE propose : aide financière de 15 milliards et réduction sur le prix du gaz.
  • Ces négociations ne sont pas incompatibles, tant que l’Ukraine ne signe ni avec Moscou, ni avec l’UE et c’est pourquoi il ne signe ni l’un, ni l’autre.
  • Après avoir obtenu l’aide de Moscou, il se tourne vers l’Occident, pour faire monter à nouveau les enchères.
  • Il n’a pas refusé de s’associer avec l’Europe, mais refusé de signer l’accord tel qu’il était en décembre 2013, demandant une renégociation. Il se garde alors toutes les portes ouvertes. Du moins le croit-il.
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C’est à ce moment que la crise éclate. L’accord avec l’UE est l’élément déclencheur (les manifestants proviennent surtout de l’ouest), mais les manifestations prennent de l’ampleur à cause du marasme et de la corruption, et une partie de l’est se joint au mouvement.

  • L’origine des manifestations sera débattue longtemps, mais l’état économique du pays constitue le fond et la spontanéité du mouvement au départ est évidente.
  • Cependant, il est difficile d’expliquer le maintien d’une pression politique de la rue pendant trois mois autrement que par un soutien économique et logistique.
  • D’autant que le modèle est habituel et fait écho aux révolutions colorées du début des années 2000, en Géorgie, en Kirghizie et en Ukraine.
  • L’implication étrangère est indéniable, comme en fait foi le cortège de représentants politiques de l’Ouest (McCain et Nuland, entre autres) qui se sont rendus à Kiev pour soutenir les manifestants.
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La situation ne se calmant pas, le monde occidental accroit la pression, forçant la négociation d’un accord de sortie de crise entre le pouvoir et les manifestants de Maïdan, qui est signé le 21 février.

  • L’accord ne sera appliqué que du côté gouvernemental et le 22 février, Ianoukovitch est contraint de s’enfuir et à midi, Tourtchinov est élu président de la Rada et devient président par intérim.
  • Ianoukovitch est destitué en violation de la constitution, la procédure d’Impeachment n’ayant pas été suivie.
  • Cela n’empêche pas le monde occidental de reconnaître le changement de régime et le gouvernement.
  • Réfugié en Russie, Ianoukovitch tente d’obtenir un appui de Moscou, qui ne reconnaît pas le gouvernement, mais n’a aucune envie détériorer ses relations avec l’occident pour lui.
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2.3 - Les forces au pouvoir

  • On a souvent l’impression que peu de choses distinguent « révolution » et « coup d’État » et que c’est souvent la reconnaissance du changement de régime par des gouvernements qui le détermine.
  • Mais les mots ont un sens et ce qui s’est passé à Kiev le 22 février 2014 est bel et bien un coup d’État.
  • L’appui d’une partie de la population aux événements est indéniable, mais rien ne permet de dire qu’il s’agit de la majorité : tous les sondages donnent un appui de 30% à 40 % aux meneurs du gouvernement actuel.
  • Dans un cadre pluraliste, seules des élections peuvent conférer la légitimité. Or, Ianoukovitch a été élu en 2010 dans le cadre d’élections sous supervision internationale et dont personne n’a remis en cause la légitimité.
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Par l’accord du 21 février, Ianoukovitch a cédé sur tous les points : enquête indépendante sur les morts du Maïdan, retour à une constitution parlementaire et élections devancées d’un an.

  • Cela n’a pas été suffisant pour cette partie des forces d’opposition qui occupait des bâtiments administratifs depuis janvier.
  • La prise de pouvoir par l’opposition est manifestement l’aboutissement d’un plan plus ou moins élaboré :
    • occupation systématique de bâtiments administratifs;
    • ravitaillement sur une longue période de manifestants;
    • recours à des cocktails Molotov, à des armes blanches et à des armes à feu, etc.
    • près de 25 % des morts de Maïdan étaient membres des forces spéciales Berkout.
  • Le rôle des forces d’extrême-droite est mis en évidence par leur représentation excessive au sein du gouvernement actuel.
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Le gouvernement n’est pas très représentatif et ne comprend qu’un seul ministre russophone sur vingt.

  • Plus de 80 % des ministres proviennent des régions occidentales et centrales. Kiev aurait dû inviter des russophones de l’est à participer au gouvernement.
  • Certains ministres ont une expérience politique, comme Arseni Iatseniouk, ancien membre du cabinet Timochenko Avec 6 autres membres, il forme le principal parti au pouvoir, celui de Timochenko (La Patrie).
  • La majeure partie des membres du gouvernement sont « sans parti » et sont issus de la mouvance de Maïdan. Ils sont inconnus et ont peu d’expérience politique.
  • On compte de nombreux membres du parti Svoboda au cabinet et surtout, à des positions stratégiques, comme le ministre de la Défense, Mikhaïl Koval et le vice-premier-ministre, Alexandre Sytch.
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Avec la procurature générale et la présidence du Conseil de Sécurité, c’est une part importante des organes de sécurité qui est sous le contrôle de Svoboda.

  • On peut ainsi s’étonner de la rapidité avec laquelle ce gouvernement a été reconnu par les États occidentaux et a pu signer un accord d’association avec l’Europe.
  • Le gouvernement n’est pas pressé d’aller chercher une légitimité, car les législatives n’auront lieu qu’en 2017 : avec le recours à une constitution parlementaire, c’est la Rada, et non la présidence, qui est de nouveau le siège du pouvoir et de la légitimité.
  • En attendant, dans l’est, la situation se détériore, avec la multiplication de coups de force, où l’indolence des forces de l’ordre suggère une certaine sympathie de la part des policiers russophones.
  • Les annexionnistes n’ont jamais été très forts, mais les événements de février ont pu contribuer à une radicalisation de la population.
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Plus qu’un rattachement à la Russie, et malgré le référendum convoqué pour le 11 mai à ce sujet à Donetsk, c’est probablement l’option de fédéralisation qui l’emporte.

  • Le silence de Kiev quant aux inquiétudes des russophones peut cependant d’ici là accroître le courant annexionniste.
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2.4 – La question de la Crimée

  • Signé en 1991, l’accord de Belovejski, donnant naissance à la CEI, pose les bases des relation entre les anciennes composantes de l’URSS, dont le premier principe est l’intangibilité des frontières.
  • Il sera suivi presque partout, sauf dans quelques régions, dont la Crimée, à cause de l’importance stratégique du territoire pour la Russie et le caractère inconstitutionnel de la rétrocession de 1954.
  • En janvier 1991, le parlement de Crimée déclare son territoire république autonome, afin de se soustraire à l’influence de Kiev et en 1992, il se donne une constitution.
  • En 1995, Koutchma supprime cette constitution et pendant quelques mois, gouverne par décret le territoire, qui réplique en 1995 en adoptant de nouvelles lois constitutionnelles.
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Le problème des relations entre la péninsule et Kiev concerne le stationnement de la flotte russe du sud et le statut de la ville de Sébastopol.

  • En 1997, la Russie reconnaît la souveraineté de Kiev en échange de la garantie de pouvoir y maintenir sa flotte.
  • L’accord, qui règle la question du partage de la flotte de l’ex-URSS, prévoit la location de la base pour 20 ans, devant être reconduit par de nouvelles négociations.
  • En décembre 1998, le parlement russe accepte la constitution de la Crimée, qui fait de celle-ci un territoire autonome au sein de la république d’Ukraine
  • En 2006, Ioutchenko relance les tensions avec la Crimée en violant les règles de stationnement de troupes étrangères (de l’OTAN) dans le cadre d’un exercice militaire.
  • Il déclare son intention de rejoindre l’OTAN, ce qui entrainerait l’expulsion de la flotte russe.
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En 2010, Ianoukovitch abandonne cette idée et entame des négociations pour le prolongement du bail. L’accord conclu en 2012 garantit jusqu’en 2042 le stationnement des navires russes, en échange d’un loyer et d’une ristourne sur le gaz.

  • En février 2014, le coup de force de Kiev n’est pas reconnu par la Crimée, ce qui entraîne une montée de la tension sur la péninsule et des groupes d’auto-défense prennent le contrôle du territoire de la péninsule.
  • Les forces russes ont le droit de se déplacer sur tout le territoire de la péninsule, mais elles doivent en aviser Kiev, ce qui n’est pas fait.
  • La Crimée déclare son indépendance le 11 mars et annonce la tenue d’un référendum sur le rattachement à la Russie ou sur le retour à la constitution de 1992. Le statu quo n’est pas proposé sur les bulletins de vote.
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Le 16 mars, les habitants de la Crimée votent très largement en faveur du rattachement à la Russie (96 %), alors que le taux de participation atteint 80 %.

  • Le 18 mars, le président Poutine entame le processus qui fera à terme de la Crimée et de Sébastopol les 84e et 85e sujets de la Fédération.
  • Le référendum ayant été jugé illégal par une part importante des pays du monde, peu de pays reconnaissent ce rattachement et des sanctions sont prises contre certains responsables russes.
3 l ukraine comme enjeu g ostrat gique
3 – L’Ukraine comme enjeu géostratégique

3.1 – L’Ukraine pour la Russie

  • Pour la Russie, si l’Ukraine peut être indépendante, elle se montrera toujours intransigeante sur la politique étrangère et sécuritaire de Kiev.
  • Depuis 1991, l’OTAN a poursuivi son élargissement vers les frontières russes, en dépit des assurances données.
  • Si on peut comprendre le désir des États est européens de se prémunir contre leur voisin, il faut reconnaître à la Russie le droit de garantir ses frontières occidentales.
  • L’Alliance constitue une menace, surtout avec le déploiement du bouclier antimissile, qui remet en question les capacités dissuasives de la Russie.
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Un coup d’œil sur la carte de l’Europe de l’Est suffit pour comprendre la nécessité pour Moscou de maintenir l’Ukraine dans son orbite, la Russie étant menacée d’encerclement sur sa frontière occidentale.

  • L’évolution donne peu d’espoir à la Russie d’éviter ce scénario par les voies diplomatiques.
  • C’est la première raison qui explique le rattachement de la Crimée : en vertu des règles de l’OTAN, un État ayant des contentieux territoriaux ne peut rejoindre l’Alliance.
  • Mais les règles peuvent être changées : d’où la prise de garantie de Moscou, qui lui permettrait d’assurer sa position dans la mer Noire et de faire en sorte que la Crimée ne devienne pas une base navale de l’OTAN.
  • Les relations économiques avec l’Ukraine sont importantes, mais la Russie dispose d\'autres clients si Kiev devait se détacher. Le coût serait douloureux, mais pas insoutenable. Il en est autrement du coût sécuritaire.
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L’accord d’association, bougie d’allumage de la crise, prévoit un arrimage de l’Ukraine à l’Europe occidentale, entre autres sur les questions sécuritaires, pavant la voie à une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

  • D’où les menaces proférées par la Russie et la garantie de prêt de 15 milliards de novembre 2013. Moscou a joué de la carotte et du bâton.
  • Avec l’arrivée au pouvoir de forces hostiles à la Russie, l’adhésion de Kiev à l’OTAN est redevenue une éventualité, d’où la réaction de Moscou.
  • Les propos quant à la défense les minorités russes ne sont qu’un prétexte, l’enjeu étant le maintien d’un espace neutre, ou favorable à la Russie, entre elle et les puissances de l’OTAN, surtout dans la mer Noire.
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3.4 – L’Ukraine pour l’Occident

  • Les intérêts occidentaux sont directement opposés à ceux de Moscou : si le pays est vital pour la sécurité russe, il l’est autant pour la poursuite du roll back de la puissance russe, menée par l’occident, toujours méfiant.
  • Il faut distinguer la politique européenne de la politique américaine qui, si elles ont en commun le désir d’affaiblir (ou de contenir) la Russie, se distinguent de plusieurs façons.
  • Dans le cas d’un conflit militaire, ce sont les États européens qui seraient concernés. D’où le désir de ne pas envenimer la situation et le caractère symbolique des sanctions adoptées pour le moment.
  • La Russie fournit près de 25 % du gaz consommé en Europe et près de 50 % du pétrole et la diversification, couteuse, prendrait de nombreuses années.
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La question énergétique est à double tranchant car la Russie a besoin de ses clients européens, de sorte que ce problème ne saurait remettre en cause le désir de l’UE de se rapprocher de Kiev.

  • La teneur de l’accord d’association apporte des réponses claires à la question de savoir quel intérêt l’UE a se rapprocher de Kiev.
  • Même pauvre, l’Ukraine est un marché de 45 millions de personnes et l’accord permettrait à la production européenne de trouver de nouveaux débouchés.
  • D’autant que l’inverse n’est vrai que pour le secteur agricole, la production ukrainienne n’étant pas capable de rivaliser avec les produits européens.
  • L’accord admet ce fait et prévoit une compensation de transition de 600 millions pour aider l’industrie ukrainienne pour à se mettre à niveau.
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Si à long terme, l’accord pourrait être avantageux pour l’Ukraine, il le sera d’abord pour l’Europe.

  • Dans l’état actuel, l’accord serait bénéfique surtout pour les régions agricoles, qui pourraient compter sur un accroissement des exportations, alors qu’il serait grandement dommageable pour les régions de l’est.
  • Pour les États-Unis, les questions sécuritaires sont primordiales. Mais l’Ukraine n’est que l’un des champs de bataille où Washington lutte avec Moscou.
  • L’orientation des États-Unis face à la Russie n’a pas changé avec l’effondrement de l’URSS, car même à genoux, la Russie demeurait l’un des seuls pays à pouvoir faire contrepoids à l’influence américaine.
  • Une occasion historique a été manquée à cette époque, car il aurait été possible alors de favoriser l’arrimage de la Russie au monde occidental. D’un certain point de vue, l’élargissement du G7 allait dans ce sens.
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L’expansionnisme de l’OTAN a fait de cette mesure un geste symbolique et pour la Russie, il apparaissait évident qu’elle restait un ennemi pour Washington.

  • Il aurait été possible de neutraliser la zone est-européenne, en se contentant d’étendre la protection occidentale. La Russie n’aurait pas demandé mieux.
  • Washington a étendu son influence dans les anciens territoires de l’Empire russe, mais si l’ajout des républiques baltes n’a pas suscité trop de réactions, les efforts de Washington de pour rallier Kiev sont mal vus.
  • Selon Nuland, les États-Unis ont dépensé 5 milliards de dollars en Ukraine depuis 20 ans pour « favoriser le développement de la société civile et la démocratie ».
  • Pour refouler la puissance russe le plus loin possible, l’Ukraine est assurément une pièce maîtresse. Car tant que la Chine ne s’est pas encore levée, le principal adversaire des États-Unis demeure la Russie.
4 quelques sc narii possibles
4 – Quelques scénarii possibles
  • Les élections présidentielles sont prévues pour le 25 mai et l’équipe parvenue au pouvoir a tout intérêt a procéder rapidement pour aller chercher une légitimité par les urnes et pour se débarrasser de l’extrême droite.
  • Reste à voir dans quelles mesures il sera possible d’organiser des élections dans le climat actuel. Les choses auront l’occasion de se calmer, mais la présence des miliciens de Pravy Sektor témoigne d’une tension peu propice à un rendez-vous électoral.
  • Même si l’opposition pro-européenne est désunie, le fait que l’élection présidentielle compte deux tours devrait permettre à celle-ci de remporter la mise, le Parti des régions, fort dans l’est et le sud, est trop faible pour pouvoir rallier la 3e force dans un second tour.
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Mais avec les modifications constitutionnelles adoptées en février, on peut se demander jusqu’à quel point cette élection sera importante. Dans les faits, la présidentielle va plutôt être une tentative de légitimation du coup de force qu’une véritable redistribution des cartes.

  • Beaucoup d’observateurs espèrent voir la Princesse du gaz, Ioulia Timochenko remporter le scrutin, mais cette issue apparaît peu probable. Elle est charismatique, mais elle est dans le décor depuis trop longtemps et sa réputation est plutôt sulfureuse.
  • La lutte contre la corruption étant devenue le cri de ralliement de la population, il apparaît douteux que Timochenko, associée à quelques reprises au pouvoir, puisse représenter le renouveau.
  • Enfin, contrairement à une légende qu’elle-même s’emploie à maintenir vivace, ses relations avec Moscou sont loin d’être mauvaises.
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Si elle était élue, Timochenko s’emploierait à éliminer les oligarques du Maïdan, groupe auquel elle n’appartient pas, mais sans programme précis, elle serait présidente d’un seul mandat, laissant l’Ukraine dans la même situation qu’à son arrivée.

  • C’est Piotr Porochenko qui est en meilleur position pour remporter les présidentielles. Même si le Maïdan protestait contre l’oligarchie, ce sont des oligarques qui ont financé ces manifestations. Et Porochenko, 2e fortune d’Ukraine, est bel et bien un oligarque.
  • Des signes de reconstitution d’un régime oligarchique sont bien visibles, Iatseniouk ayant nommé deux d’entre eux à la tête de l’administration de Dniepropetrovsk et de Donetsk, deux régions fortement russophones.
  • L’objectif de ces nominations est double : récompense pour avoir financé le Maïdan et désir de garder le contrôle sur ces deux régions, locomotives de l’économie ukrainienne.
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Si des oligarques restent au pouvoir, aucune réforme en profondeur ne sera réalisée et les Ukrainiens continueront de vivre dans un pays très corrompu.

  • La dérive possible du gouvernement vers l’extrême droite, qui a réussi à occuper des positions importantes, relève de l’hystérie de la part des russophones et de la Russie.
  • L’appui populaire à ces forces est limité. S’il apparaît évident que le renversement de Ianoukovitch aurait été impossible sans ces forces paramilitaires, rien ne permet de penser que dans un scrutin normal, elles pourraient obtenir plus que 10 à 15 % des votes.
  • Comme Svoboda et Pravy Sektor ont l’intention de participer au processus, le vote s’en trouvera divisé.
  • Un coup de force de leur part est possible, mais le gouvernement essaie de garder ces mouvements sous son contrôle, en les intégrant dans les forces de l’ordre, ou à l’inverse, en orchestrant leur élimination.
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Le meilleur frein à ce scénario demeure la communauté internationale, car la venue au pouvoir de l’extrême-droite n’aurait pas l’appui des États occidentaux, appui dont l’Ukraine ne peut se passer.

  • Peu importe le gouvernement, son problème principal sera l’intégrité territoriale et la structure étatique.
  • Cela dépendra de la participation et du résultat du vote dans l’est et le sud russophones : si les habitants de ces zones ne se sentent pas représentés, ou concernés, par le pouvoir, l’hypothèse d’une fédéralisation de l’Ukraine pourrait être difficile à évacuer.
  • D’une certaine façon, ce scénario faciliterait la tâche de Kiev, qui devra s’efforcer d’instaurer une politique qui puisse satisfaire toutes les régions.
  • Cette solution ne serait possible qu’à deux conditions : un soutien international et une volonté politique des autorités de Kiev de lutter contre les oligarques, qui constituent un frein à la formation d’institutions locales.
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Les régions occidentales ne pourraient plus imposer aux régions orientales leur vision pro-européenne et inversement. Même chose pour la langue.

  • On trouve en Occident une hystérie antirusse s’appuyant sur des déclarations d’Andreï Paroubeï et concernant les menaces que feraient peser les forces russes aux frontières ukrainiennes.
  • Il est peu probable que la Russie introduise ses troupes en Ukraine. Le cas de la Crimée est bien particulier, compte tenu de l’histoire et de son rôle dans le système défensif de la Russie.
  • L’Ukraine ne possède pas les moyens nécessaires pour mener une guerre. Ses équipement militaires sont anciens et ses 200 000 soldats n’ont jamais combattu depuis l’indépendance. Surtout, ils sont composés au tiers de Russes…
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Le complexe militaro-industriel ukrainien fonctionne très bien, mais sa production est exportée à 95 %, et principalement vers la Russie, l’armée n’ayant pas les moyens d’entretenir un nouvel équipement de pointe.

  • L’implication militaire des pays occidentaux semble encore moins probable. En théorie, les États baltes et la Pologne pourraient intervenir, mais les États-Unis ne risquent pas de leur donner l’accord pour le faire, d\'abord parce que la France et l\'Allemagne s\'y seraient opposées.
  • D’autant qu\'une telle intervention, ayant pour seul but de contrer la Russie, n’est pas dans les moyens financiers et militaires des Américains en ce moment.
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